Dorbon (éditeurs)
famille d'éditeurs-libraires français installés à Paris et originaires du Jura, actifs entre les années 1870 et 1950
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Histoire des Dorbon
Né à Molamboz, Théodore Dorbon (1845-1895), s'installe à Paris, le 10 juillet 1877, au 20 de la rue Bonaparte, et ouvre boutique à l'enseigne de la Librairie ancienne et moderne Dorbon, avec son frère cadet, Henri. Il édite régulièrement un catalogue d'ouvrages anciens, de raretés. Il a pour voisin et ami le libraire Alfred Gougy (1830-1890). En 1890, la librairie de Théodore Dorbon, dit « Dorbon père », est transférée au 6 rue de Seine. L'historien bibliographe Octave Uzanne raconte comment Dorbon avait fait fortune à cette époque grâce à des courtiers, dont le vicomte Albert de Lastic Saint-Jal[1]. Après sa mort, il laisse deux fils : Louis (1878-1956) et Lucien (1882-1960). C'est leur oncle Henri qui reprend les commandes de la librairie. En 1899, il fait l'acquisition de la bibliothèque de Stanislas de Guaita. En décembre 1900, Lucien reprend la librairie de son père[2] et se lance dans l'édition, se spécialisant dans l'occultisme. En 1932, la librairie déménage au 156 boulevard Saint-Germain. Fin des années 1950, elle est rachetée par Pierre Bérès, et la marque commerciale perdure jusque dans les années 1970[3].

En janvier 1901, Louis, dit « Dorbon-aîné »[5], qui, furieux d'avoir été écarté de la succession, ouvre à son tour une librairie au 45 quai des Grands-Augustins, bientôt transférée au 53 ter de la même rue[2]. En 1908, il débute une collection appelée « Les Bibliophiles fantaisistes ». En 1910, ses propres employés cambriolent son appartement, créant un petit scandale dans la presse[6]. En 1912, exproprié, Louis Dorbon migre au 19 boulevard Haussmann. Son catalogue d'éditeur comprend des auteurs comme Albert Robida, Henri Boutet, Marcel Boulenger, Albert de Rochas, Alexandre Saint-Yves d'Alveydre, Gérard Encausse dit « Papus », Léon Tolstoï, Xavier Privas, Émile Mauchamp, Jules Bois, Maurice Barrès, François de Curel, Edmond Jaloux, Claude Farrère, Paul Margueritte, Henry Bordeaux, Francis de Miomandre, Sidney Place (Marcel Boulestin)[7], René Boylesve, Sacha Guitry, etc. On compte aussi le Manuel de l’amateur d’estampes du XVIIIe siècle (1910). Par ailleurs, il ouvre un rayon spécialisé dans l'occultisme, tout comme son frère, qu'il ne devait d'ailleurs jamais revoir, et développe la collection « Bibliotheca esoterica », très réputée, comprenant près de 7 000 titres (en 1940)[8], entre autres relatifs à la franc-maçonnerie[9]. Dans les années 1920, il réédite le Manuel du libraire et de l’amateur de livres. En 1926, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur, puis déménage en 1938 au 91 rue Manin. Sa librairie est reprise après sa mort[2] par un de ses associés, et ferme définitivement en 1974.