Née dans une zone rurale, à Thalaneni, près de Dundee, dans la province du Natal (actuel KwaZulu-Natal), Dorothy Nyembe fréquente des écoles missionnaires jusqu'à sa neuvième année. Devenue ensuite une petite vendeuse de rue, elle a son unique enfant à l'âge de quinze ans[1].
Elle rejoint l’ANC en 1952 et en devient une membre active[1]. Lorsqu'elle rejoint cette organisation, la campagne de défiance est en cours. Nyembe est emprisonnée en 1952 pour avoir défié les lois. Elle participe à la fondation de la Ligue des femmes de l'ANC côtoie des dirigeants de l’ANC comme Nelson Mandela ou Albert Lutuli, et participe à l’organisation de mouvements de protestation tels que la marche des femmes en 1956[1],[2].
Cette même année 1956, elle est élue vice-présidente de l'ANC de Durban. Elle est arrêtée en , mais voit les charges pesant contre elle abandonnées un an plus tard. En 1959, elle est élue présidente de la division du Natal de la Ligue des femmes du Congrès national africain (ANC)[2].
Lorsque l'ANC est interdit en 1960, elle rejoint l’Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l’ANC créée et dirigée par Nelson Mandela. Elle en est un de premiers membres. La création de cette branche armée marque un durcissement du mouvement de lutte contre le pouvoir blanc en Afrique du Sud, face à la répression subie[2],[3].
En 1963, elle dirige un autre mouvement de protestation des femmes, en milieu rural cette fois, la révolte des femmes du Natal[4]. Elle est de nouveau arrêtée et condamnée à trois ans de prison. Durant cette incarcération, elle croise une autre détenue bien connue au sein du mouvement anti-apartheid, Winnie Mandela. Après sa libération, elle fait l’objet d’une surveillance et se voit imposer des restrictions de déplacement l’empêchant de quitter Durban. Elle est encore une fois arrêtée en 1968, torturée puis jugée et condamnée à 15 ans d’emprisonnement. Libérée le , elle reprend contact et milite à nouveau avec la Natal Organisation of Women (NOW) et l’Umkhonto we Sizwe[2].
Lors des premières élections législatives sud-africaines ouvertes à toute la population, elle est élue députée et participe à l’écriture de la nouvelle Constitution. Elle meurt quatre ans plus tard[2],[4]. Une rue de Durban (Gardiner street) a été renommée à son nom.
Révolte des femmes du Natal
Étant la dirigeante de la révolte des femmes du Natal, Nyembe était (avec d'autres femmes noires sud-africaines) contre le système municipal des brasseries qui a rendu illégal le fait de brasser de la bière à domicile[5]. Les brasseries ont privé les femmes d'une source de revenus importante et ont participé grandement au financement de l'administration de l'apartheid. Cette organisation cherchait également à détruire les biens de la municipalité de Durban. Nyembe se battait également pour le contrôle des flux migratoires, les laissez-passer pour les femmes ainsi que pour les permis de recherche de travail[6].
Références
123(en) «Dorothy Nomzansi Nyembe», South African History Online, (lire en ligne)