Le roman parle du terrorisme en Algérie pendant les années 1990[2] d’une manière indirecte. Abdel Gastel interprète les descriptions du pays comme une morte : « c’est l’Algérie qui est le pays de la mort, tel un énorme musée… »[3]. Il loue ainsi les passages descriptifs, ainsi qu’il parle du narrateur Llob comme « artiste, peintre » : « Il nous donne cette impression que, de part et d’autre de l’Algérie, les pays sont atteints d’une inertie qui fige leurs habitants comme des objets de collection, des morts » (3). Par conséquent, la mort elle-même est la plus grande thématique du roman.
Ralph Schoolcraft écrit que Brahim Llob est un personnage traditionaliste. Llob n’est pas le héros typique du roman policier ; au lieu d’être cynique, il est croyant et il cherche la justice à tout prix. En fait, Schoolcraft croit que Llob est un avatar de l’Algérien typique (357, 361)[4].
Schoolcraft veut prendre en compte le fait que l’écrivain soit ancien officier d’unité antiterroriste (351). À son avis, l’œuvre de Khadra est « revanchiste » dans le sens où la démocratie n’est pas visée par le récit. Llob « nie la légitimité de toute directive gouvernementale » (352). Sa désobéissance des ordres de ses supérieurs peut, par contre, faire partie de son rôle générique comme enquêteur solitaire.
Tout ce critique de la violence dans le roman est influencé par la vraie identité du romancier. Schoolcraft admet qu’il questionne les idées du roman à cause de la complicité de l’auteur à la torture dans sa carrière militaire (352). Cependant, Khadra, ou Moulessoul, dit lui-même qu’il a écrit sous un pseudonyme parce qu’il n’a pas les mêmes craintes de l’Armée. Dans une interview en 2011, il dit, « Lorsque j’écrivais sous mon vrai nom, je m’autocensurais, car je ne voulais pas que l’Armée me retire mon autorisation de publier. »[5].