Dragon Harald Fairhair
bateau viking
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Le Dragon Harald Fairhair (en norvégien: Draken Harald Hårfagre) est le nom donné à un navire norvégien construit en mêlant la tradition navale norvégienne et une libre inspiration puisée dans la culture de l'âge des Vikings. Il porte le nom du roi Harald à la Belle Chevelure (Harald Ier de Norvège) (850-933).
| Dragon Harald Fairhair | |
| Autres noms | Draken Harald Hårfagre |
|---|---|
| Type | bateau viking |
| Gréement | voile carrée |
| Histoire | |
| Fabrication | bois |
| Lancement | 2012 |
| Équipage | |
| Équipage | 100 rameurs |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 35 m |
| Maître-bau | 8 m |
| Tirant d'eau | 2,5 m |
| Déplacement | 95,5 tonnes |
| Voilure | 260 m² (1 voile) |
| Propulsion | voile et 50 rames |
| Carrière | |
| Armateur | Sigurd Aase |
| Pavillon | |
| Port d'attache | Haugesund |
| MMSI | 258111550 |
| modifier |
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Histoire
Le projet démarre en 2008[1].
Le bateau a été construit à partir de 2010 par son propriétaire, Sigurd Aase, un magnat du pétrole et du gaz[2], via la société Viking Kings AS, pour la municipalité de Haugesund. Il a été lancé le .
Le navire a été réalisé par des constructeurs de navires dans la tradition de la construction navale norvégienne moderne[3],[4]. Arne-Terje Sæther, membre du projet, indique dans un livre paru en 2015 que le navire est « une construction, non pas une reconstitution »[3],[4]. Il ne reproduit pas un modèle de navire viking réel, mais a été construit en utilisant des matériaux et des techniques proches de celles employées pour le bateau de Gokstad, un bateau-tombe viking du IXe siècle découvert en Norvège[5]. Arild Nilsen, autre membre du projet, indique que les constructeurs se sont aussi inspirés des sagas nordiques[6].
L'équipage passe l'année 2013 à s'entraîner aux manœuvres à bord du navire[6].
En été 2014, le bateau a fait sa première véritable expédition en se rendant à la Liverpool Victoria Rowing Club[7] de Wallasey au Royaume-Uni et au retour en passant par l'Île de Man, les Western Isles, les Orcades et les Shetland.
L'équipage du navire se compose de marins de profession et d'un groupe international de volontaires[1].
Financement
La visite du navire est payante ; le prix des places contribue au financement du projet[2].
En juillet 2026, le projet déclare avoir des partenariats avec plusieurs institutions et entreprises, principalement la Société publique de développement Vake (une société d'investissement publique finlandaise), le groupe Karmsund (groupe norvégien de production et de ravitaillement offshore), Jotun (entreprise norvégienne de peinture) et Houdini Sportswear (une marque de vêtements de sport)[8].
Caractéristiques
Le navire mesure 35 mètres de long et 8 mètres de large, avec 2,5 mètres de tirant d'eau et un mât haut de 24 mètres. La coque est en chêne et le mât en sapin de Douglas, le gréement est en chanvre et la voile en soie[9]. La voile est une voile carrée de 260 m2[9].
Il est équipé de 25 paires de rames et chaque rame est mue par deux hommes. Cela fait un équipage de 100 rameurs. Sous voile, il nécessite un équipage de 30 hommes.
Le Draken bat pavillon norvégien et son port d'attache est Haugesund, en Norvège[9].
Expédition Amérique 2016

En Draken Harald Hårfagre [10] a quitté son port d'attache d'Haugesund pour traverser l'océan Atlantique Nord. L'objectif était d'explorer et de revivre l'un des plus fameux voyages en mer des Vikings (la première traversée viking de l'Atlantique par Leif Erikson), effectué il y a plus de mille ans. Le long de la route, le navire est passé par les anciennes colonies vikings aux Shetland, îles Féroé, l'Islande et le Groenland. Après avoir atteint le continent américain, l'expédition visite différents ports américains et canadiens avant de prendre le chemin du retour. Par la même occasion, le prix Leif Erikson Awards est remis à l'expédition[11],[12]
Pour l'expédition, le navire est équipé d'une voile en tissu synthétique car le matériau le plus exact historiquement, la laine, aurait été trop lourd au vu de la taille de la voile[3],[4].
Critiques
Le projet se fait sans travail concerté avec les archéologues ou les historiens spécialistes de l'âge des Vikings[3],[4]. Arne Emil Christensen, spécialiste des navires vikings, évoque le Draken comme un « navire touristique de Karmøy. Pour celui-là, les constructeurs navals ont laissé libre cours à leur imagination »[3],[4],[13].
Eldar Heide, docteur en philologie du vieux norrois et spécialiste de la marine en Scandinavie médiévale, explique, dans un article paru sur le site Forskersonen en octobre 2024, que le projet tente de réaliser plusieurs choses incompatibles entre elles, de sorte que le résultat ne peut pas prétendre être une reconstitution d'un navire viking. En effet, le Draken Harald Fairhair cherche à la fois à être 1) un navire viking, 2) le plus long au monde, 3) à posséder une excellente maniabilité, car le but du projet était dès le départ de réaliser une traversée de l'Océan Atlantique. Or ces aspects sont incompatibles. Les constructeurs se sont inspirés du bateau de Gokstad, un navire daté de la fin du XIe siècle, c'est-à-dire vers la fin de l'âge des Vikings, qui a été retrouvé dans un monticule funéraire en Norvège. Mais ils ont également voulu se conformer aux descriptions de navires présentes dans les écrits de Snorri Sturluson, qui évoque des navires nettement plus grands. Ils ont donc agrandi les dimensions du bateau de Gokstad pour atteindre les dimensions évoquées par Sturluson. Heige fait remarquer que cela n'a pas de sens, car le résultat ne correspond plus à aucune réalité historique[3],[4].
Heide reproche également au projet d'avoir adopté une lecture naïve des textes de Sturluson, sans tenir compte des travaux des philologues et des historiens, qui ont montré depuis longtemps que les propos de Sturluson doivent être pris avec prudence. Snorri Sturluson vit au XIIIe siècle, deux siècles après la fin de la période dont le Draken dit s'inspirer, et il ne sait pas à quoi ressemblaient les navires plusieurs siècles avant son époue. Sturluson a donc tendance à se représenter les navires des siècles passés comme identiques aux navires qu'il connaît, ceux du XIIIe siècle. Mais les navires ont fortement changé dans l'intervalle. Les navires de l'âge des Vikings ont un faible tirant d'eau et des bordages bas afin de pouvoir accoster sur des plages et débarquer ou rembarquer rapidement les guerriers pendant des raids. Au temps de Snorri Sturluson, les navires ne sont plus utilisés de la même façon : ils prennent part à des batailles navales où l'on emploie des armes à distance. Ils ont donc un tirant d'eau plus important, des bordages hauts et des châteaux près de la proue et près de la poupe, ce qui en fait des forteresses flottantes[3],[4]. Heide reproche aussi au nom du navire d'être trompeur : au temps de Harald Ier de Norvège, au IXe siècle, donc dans les premiers temps de l'âge des Vikings (par exemple lors de la bataille de Hafrsfjord en 872), les Vikings effectuaient des expéditions en petits groupes et sur des navires de petite taille, beaucoup plus petits que le Draken[3],[4]. Heide conclut que le Draken est « un anachronisme flottant, dont la publicité est assurée mondialement par de puissants organismes financiers », et déplore le fait que « ça recommence comme avec les casques à cornes »[3],[4],[14].
Heide se montre très critique envers une série documentaire au sujet du projet diffusée par la NRK en 2024 : il pointe de nombreuses fausses informations dans la manière dont le projet est évoqué, notamment parce que le Draken y est présenté comme « une reconstitution du plus grand langskip viking connu », ce qui est faux[3]. Fredrik Færden, acquéreur de programmes pour le compte de la NRK, publie un droit de réponse à Heide où il reconnaît que l'article de Heide est « excessif, mais un rappel utile », et il insiste sur le fait que l'authenticité historique n'était pas le but premier du projet[15],[16].
Sigurd Aase, l'initiateur du projet, répond à Heide en février 2025 en lui reprochant de ne pas accorder assez de valeur aux expérimentations menées par les constructeurs du projet pour tester des hypothèses historiques, et en arguant que tous les navires vikings n'avaient pas nécessairement les mêmes dimensions, de sorte que d'autres découvertes archéologiques montreront peut-être un jour que certains étaient plus grands[1]. Heide lui répond à son tour fin février 2025 : il s'étonne que le projet n'ait jamais été présenté comme ayant pour but de tester une hypothèse historique, ni sur son site web, ni dans la série documentaire, puis il formule des propositions pour utiliser le navire dans un cadre rigoureux d'archéologie expérimentale, et il maintient que jusqu'à présent le projet s'est fait sans tenir compte de ce que l'on savait au sujet des navires vikings[17].
Apparition au cinéma
Le navire est utilisé comme lieu de tournage pour représenter le navire d'Ulysse dans le film américain L'Odyssée adapté de l'épopée éponyme par Christopher Nolan en 2026[18],[19].