Duel des Mignons
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Le duel des Mignons, qui a lieu le dimanche à Paris, est un épisode du règne d'Henri III impliquant dans un affrontement meurtrier plusieurs proches du roi, alors couramment surnommés « mignons » : Guy d’Arces, seigneur de Livarot, et Louis de Maugiron, témoins de Jacques de Caylus, d'une part, François d'Aydie de Ribérac et Georges de Schomberg, témoins de Charles de Balsac d'Entragues, dit « le bel Entraguet », d'autre part.
Cet événement étonne les contemporains par sa violence, puisque quatre des participants y trouvent la mort : Maugiron et Schomberg pendant le combat même, Ribérac le lendemain, et Caylus, blessé dix-neuf fois, le , au bout de trente-trois jours d'agonie. Livarot, blessé à la tête, est hospitalisé six semaines. Entraguet est le seul qui soit blessé sans gravité, d'une estafilade au bras.
Ce duel, qui se produit dans la période agitée des guerres de Religion, précisément dans l'intervalle entre la sixième (1577) et la septième (1579-1580), a longtemps été vu, à tort, comme un combat opposant les partisans du roi et ceux du duc de Guise[1], chef de file des catholiques intransigeants, ou les partisans du roi et ceux de son frère François, chef de file des catholiques « malcontents »[2].

- Règne d'Henri III, conflits religieux, luttes entre factions
- Le phénomène des mignons
Les protagonistes
Le duel
Causes
Dans le récit qu’il fait de ces évènements dans un traité sur les duels[3], l'écrivain Jean de La Taille de Bondaroy (vers 1540-vers 1610) indique que la cause première du duel serait une querelle entre Caylus, grand favori d'Henri III, et Entraguet, alors quelque peu en défaveur à la cour, survenue le soir du .
Caylus, voyant Entraguet sortir de la chambre d’une dame aux mœurs réputées légères, se serait moqué de lui. Ils conviennent très rapidement de régler la querelle par un duel le lendemain à l’aube, chacun amenant deux témoins.
Prélude
Le , vers cinq heures du matin, les protagonistes se retrouvent au marché aux chevaux situé vers la Bastille, à l’emplacement actuel de la place des Vosges. D’un côté, Charles de Balzac, baron d’Entragues et ses deux témoins, François d’Aydie de Ribérac et Georges de Schomberg[n 1] ; de l’autre, Jacques de Lévis, comte de Caylus, accompagné par Louis de Maugiron et Guy d’Arces de Livarot[3].
D’après le récit de La Taille, Ribérac, voyant Caylus et Entraguet sur le point d’en découdre, tente une conciliation, mais se heurte au refus de Maugiron, qui veut se battre. Livarot et Schomberg décident aussi de croiser le fer[3].
Les combats

Les duels sont marqués par leur brièveté et leur violence, les combattants ne portant aucune protection.
Ribérac porte à Maugiron un coup d’estoc à la poitrine qui le tue sur le coup mais, emporté par son élan, il s’empale sur l’épée de son adversaire.
Schomberg porte un violent coup de taille à Livarot, le blessant gravement à la tête ; ce dernier répliqua par une estocade qui atteint le cœur de son adversaire.
Caylus, ayant oublié sa dague, est gravement handicapé dans son combat contre Entraguet. Obligé de parer les coups avec le bras, il se retrouve rapidement atteint de nombreuses blessures. Touché dix-neuf fois en divers endroits, il abandonne le combat, alors qu'Entraguet ne souffre que d’une estafilade au bras.
Suites
Ribérac meurt le lendemain à sa blessure.
Caylus agonise pendant trente-trois jours à l’hôtel de Boisy, rendant finalement le dernier soupir le . Le roi lui rend de fréquentes visite et est fortement affecté par sa mort.
Livarot finit par se remettre après avoir été hospitalisé six semaines, mais reste estropié[5].
Ainsi, le bilan du duel fait état de la mort d'un duelliste (Caylus) et de trois témoins : Maugiron (témoin de Caylus), Ribérac et Schomberg (témoins de Charles de Balzac) ainsi qu'un blessé grave : Livarot (témoin de Caylus).
Craignant d’être puni pour son acte, Entraguet s’éloigne de la cour et se place sous la protection du duc de Guise, jusqu'à ce qu'il obtienne finalement le pardon royal[réf. nécessaire].
Réactions des contemporains
Les contemporains de l’évènement ont été frappés par la violence du duel, et notamment le fait que les témoins se soient également battus alors que leur rôle devait se cantonner à veiller au bon déroulement de la rencontre.
Le duel des Mignons est évoqué notamment par Montaigne et Brantôme qui le condamnent vigoureusement[réf. nécessaire], ainsi que dans plusieurs ouvrages moins connus :
- Le Théâtre de France (1578) parle de la « journée des pourceaux » ;
- L’Anti-Guisart (1587), pamphlet probablement dû à un protestant ;
- Discours des querelles et de l’honneur (1598), de Guillaume de Chevalier[6].
- Plaintes de Cléophon, élégie de Jean Passerat (1534-1602).

