Dynamique et gestion des pêcheries
From Wikipedia, the free encyclopedia
Une pêcherie désigne une zone marine dont les ressources halieutiques sont exploitées par un groupe de pêcheurs. La dynamique des pêcheries, à l'image de la dynamique des populations, résulte d'un ensemble de variations qui interviennent au sein d'un écosystème (taux de natalité et de mortalité, flux de migration) et tient compte des différentes contraintes appliquées par une pêcherie. La pêche étant une activité ancienne ancrée dans les traditions, elle occupe actuellement une place importante dans l'économie, il est donc nécessaire d'établir des stratégies de gestion efficaces à plusieurs niveaux, afin d'éviter l'épuisement des stocks de population naturelles marines, et d'assurer leur pérennité pour les années à venir.
La gestion de ces pêcheries implique de prendre en compte le plus de facteurs possibles (engins de pêche, profondeur, quotas, efforts de pêche, nombre de pêcheurs dans chaque flotte), en adéquation avec la complexité de la dynamique des populations exploitées. À cause de cette complexité, la mise en place d'une bonne gestion requiert une bonne connaissance de la ressource et de la pêcherie, pour anticiper les variations de l'écosystème et prédire l'évolution de cette activité.
Société, économie et environnement
La pêche (halieutique) a influencé le développement de la société, principalement autour des zones côtières et est à l’origine de coutumes ancestrales. Cette activité est aujourd’hui concernée par des enjeux socio-économiques, politiques et écologiques. En termes d’économie, les pêcheries fournissent de nombreux emplois, puisqu'elles contribuent au commerce local et international, mais également au tourisme de certains pays. D’après le dernier rapport de la Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), l’Asie regroupe 84 % des industriels de la pêche (rapport 2014). D’autre part, avec l’expansion démographique de la population humaine, la demande a fortement augmenté. En plus de 50 ans, le produit des pêches a triplé (de 33,9 millions de tonnes en 1960 à 91,3 millions de tonnes en 2012) et la consommation de poissons par habitant a doublé, passant alors de 10 kg en 1960 à 19 kg en 2012. Au-delà de l’utilisation alimentaire, il existe de nombreux sous-produits de la pêche pouvant être revalorisés en biogaz, maquillage, engrais, gélatine, etc. ; ce qui augmente le rendement économique des industries de pêche.
D’un point de vue social, de nombreux facteurs accentuent la difficulté de gérer ce secteur d’activité, comme les traditions, les savoir-faire des pêcheurs, la gastronomie et le patrimoine propre à chaque région. De plus, certaines questions posent des problèmes en termes d’éthique et les politiques appliquées varient d’un pays à l’autre, voire d'une région à l'autre, en adéquation avec la biodiversité du site. Ces enjeux montrent bien l’importance des pêcheries dans le développement des populations humaines. Toutefois, le premier paramètre affeté par les activités de pêche est l’environnement et une exploitation démesurée du milieu risque de faire baisser la rentabilité du secteur. En 2011, 29 % des stocks de poissons marins issus de pêches commerciales étaient surpêchés (rapport FAO, 2014).
Les pêches ont des effets directs sur les populations naturelles en réduisant l’abondance des espèces ciblées, en perturbant leurs cycles de vie et en augmentant la mortalité des espèces non visées qui sont pêchées accidentellement. Les effets indirects ont des conséquences à plus grande échelle, sur l’habitat des espèces et l’équilibre de l’écosystème. À la suite de la prise de conscience des impacts écologiques des pêcheries sur les écosystèmes marins, la gestion intègre des objectifs de maintien de la biodiversité, pour un respect de l’environnement et une activité durable[1],[2].
Réglementation
La pêcherie est une activité exploitant les populations naturelles, et chaque pêcherie exploite une ressource halieutique spécifique. Une réglementation est donc nécessaire et doit être appliquée en tenant compte de plusieurs facteurs, notamment en termes de conservation. Des lois permettent de réguler les quotas de pêche selon différents critères tels que la dynamique de la population visée, le cycle de vie des espèces, mais elles visent aussi le comportement des pêcheurs (engins de pêche adaptés, limite de la zone d'exploitation, respect du milieu). Les réglementations et limites imposées sont spécifiques de chaque pays en fonction de leurs besoins, ou de leurs habitudes alimentaires (cas du Japon). Au vu de l'ampleur de cette activité, des traités internationaux ont été signés entre plusieurs états dans le but de s'engager mutuellement dans l'exploitation d'une ressource de pêche. D'autres formes de réglementations existent à différents niveaux comme les normes industrielles, mais toutes ces lois sont mises en place dans l'optique d'assurer la pérennité des pêcheries[3].
Utilisation de l'information scientifique
La dynamique des pêcheries étant complexe et variable, il faut des systèmes permettant de prévoir leur évolution dans le temps. La gestion doit être spécifique et conçue en adéquation avec les réglementations et les objectifs de chaque pêcherie. Plusieurs étapes sont nécessaires afin d'avoir une bonne vision de l'ensemble des données et des informations qui sont à prendre en compte. L'aménagement d'une pêcherie nécessite une étude minutieuse.
Plusieurs paramètres doivent être inclus lors de sa conception et les gestionnaires doivent avoir une bonne connaissance de leur pêcherie afin d'assurer la mise en place d'une gestion efficace. Les études scientifiques menées sur les dynamiques des populations exploitées et des pêcheries constituent un support indispensable pour établir de bonnes stratégies de gestion. Elles fournissent des données essentielles qui peuvent être de types biologiques (quantité de poissons, effort de pêche, composition par espèces, zones exploitées), et écologiques (captures d'espèces pêchées accidentellement comme certaines espèces indicatrices, impacts des engins de pêche sur la faune et la flore aquatique, modification des habitats naturels, zones protégées à prendre en compte pour la conservation des espèces). Les scientifiques s'appuient sur ces données, tout en considérant les aspects économiques et sociaux, pour élaborer des modèles de gestion des pêcheries, selon différents paramètres en jeu. La modélisation permet aux gestionnaires de visualiser l'évolution d'une stratégie à long terme. Les modèles mathématiques sont ainsi étudiés pour garantir un maximum de bénéfices pour les pêcheurs, tout en préservant les populations naturelles exploitées.


