Déclaration de Windhoek

From Wikipedia, the free encyclopedia

La Déclaration de Windhoek (ou Déclaration de Windhoek pour le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste[1]) a été rédigée par une soixantaine de journalistes africains en conclusion du Séminaire pour le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste organisé en à Windhoek (Namibie) par l’UNESCO et les Nations unies (UN/DPI), en étroite collaboration avec diverses organisations professionnelles des médias représentatives de la profession à l’échelle internationale et régionale. Ce texte décrit de manière incisive la situation des journalistes africains indépendants à la fin des années 1980 et définit les conditions nécessaires pour l’établissement et le développement d’une presse indépendante, libre et pluraliste en Afrique[2]. La Déclaration de Windhoek du , considérée comme la “référence mondiale en matière de liberté de la presse”, a été inscrite par l’UNESCO, en , au registre du patrimoine documentaire La Mémoire du monde.

Approuvée formellement par les États membres de l’UNESCO lors de la 28e session de la Conférence générale ()[3], la Déclaration de Windhoek est devenue depuis lors un document de référence majeur au sein du système des Nations unies[4]. Elle s’inscrit dans le cadre de la Nouvelle stratégie de la communication décidée par la Conférence générale de l’UNESCO lors de sa 25e session en , au moment même où tombait le mur de Berlin[5].

Cette nouvelle stratégie a entraîné de facto la mise à l’écart du Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication (NOMIC) qui avait fait l’objet d’âpres controverses au sein de l’Organisation dans les années 1980. Celles-ci avaient profondément divisé l’UNESCO et avaient notamment entraîné le départ des États-Unis et du Royaume Uni, respectivement en 1984 et 1985. Le NOMIC avait également donné lieu à une vive opposition de la part de plusieurs organisations professionnelles des médias, qui voyaient dans le Nouvel ordre un moyen permettant aux États de contrôler la presse sous le prétexte, entre autres, de favoriser une circulation plus large et mieux équilibrée de l’information entre le Nord et le Sud. Tout en maintenant le besoin de promouvoir une diffusion plus large et mieux équilibrée de l’information, la Nouvelle stratégie de la communication adoptée en précise que cet objectif devait se faire "sans entrave à la liberté d’expression", conformément au principe fondamental de la "libre circulation des idées par le mot et par l’image" contenu dans l’Acte constitutif de l’UNESCO[6],[7].

Genèse du séminaire de Windhoek

Le séminaire de Windhoek est une suite directe de la Table ronde Est/Ouest que le Directeur-général de l’UNESCO, Federico Mayor[2], avait mise sur pied de manière spontanée en , soit quelques semaines après la chute du mur de Berlin, pour relever un des nombreux défis liés à la fin de la guerre froide, celui de la démocratisation du paysage médiatique dans les pays d’Europe centrale et orientale[8]. La table ronde avait réuni une soixantaine de journalistes indépendants originaires des pays du Bloc soviétique, ainsi qu’un certain nombre de journalistes occidentaux (Europe occidentale et Amérique du Nord). Mais contrairement au séminaire de Windhoek, la Table ronde Est/Ouest n’avait adopté aucun texte final et s’était limitée à offrir aux participants, dont la plupart venaient à peine de sortir de la clandestinité, une plateforme de libre expression. Suivie par des très nombreux observateurs représentant les États membres de l’UNESCO, la Table ronde Est/Ouest avait suscité beaucoup d’intérêt notamment auprès des diplomates africains qui avaient demandé au Directeur-général qu’une conférence semblable soit organisée sur leur continent[1]. C’est en réponse à la requête des diplomates africains que ce dernier a décidé d’organiser le séminaire de Windhoek[8].

Le processus de Windhoek

La valeur symbolique de la Déclaration de Windhoek pour les Africains

Références

Related Articles

Wikiwand AI