Démocrite (Vélasquez)
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Le Géographe
| Artiste |
Diego Velázquez |
|---|---|
| Date |
vers 1628-1640 |
| Type | |
| Technique | |
| Dimensions (H × L) |
101 × 81 cm |
| No d’inventaire |
822.1.16 |
| Localisation |
Démocrite, également connu sous le titre Le Géographe est une toile de Diego Vélasquez conservée au Musée des beaux-arts de Rouen depuis 1886. Les historiens s'accordent à dater ce portrait de la première période madrilène, vers 1630, alors que Vélasquez est encore imprégné de la technique de son époque sévillane[1].


Il semble s’agir du tableau mentionné sous le nom « un philosophe avec un globe en train de rire. Original de Diego Velázquez » dans l’inventaire des biens de Gaspar de Haro y Guzmán, marquis de Carpio, estimé en 1689 par Claudio Coello et José Jiménez Donoso à 1000 reals. La toile, non signée (Vélasquez signait rarement)[2],[3],[note 1] fut remise en 1692 au jardinier de la marquise, Pedro Rodríguez, en compensation des salaires dus. Il fut alors décrit de nouveau dans un document publié par Pita Andrade comme « un portrait d’un bâton de philosophe riant, avec un globe, original de Diego Velázquez »[4]. Le tableau arriva à Rouen à la fin du XVIIIe siècle, probablement par le biais de la famille du peintre Velazquez qui l'offrit au bureau des Finances de Rouen en remerciement de l'obtention de lettres de naturalité. Lors de la Révolution, il fut réquisitionné et déposé à l'abbatiale Saint-Ouen[5]. À cette époque, il était nommé Le Géographe ou le Newton[6]. Le collectionneur et peintre Lemonnier, chargé de l'inventaire des saisies révolutionnaires, parvint à soustraire le tableau normalement affecté au musée des Beaux-Arts de Rouen, pour son ouverture en 1809. Lemonnier acheta la toile en 1797 mais lorsqu'il vendit sa collection en 1822, le musée l'acquit. Le fonctionnaire chargé de récupérer les œuvres, garda le tableau pour sa collection personnelle. La toile était alors attribuée à José de Ribera qui était censé avoir représenté le portrait de Christophe Colomb. Le tableau n'entra finalement dans les collections du musée qu'en 1886[7].
Avant la réapparition des documents le mentionnant, la toile avait déjà été associée à Velazquez lors des tentatives d’identifier les personnages représentés à certains bouffons de la cour, notamment le portrait de Pablo de Valladolid, bouffon de Philippe IV (toile de Velazquez au Prado) qui présente une coiffure dite en « oreille de chien » et une expression d'ironie joyeuse similaires. L’attribution passa définitivement à Velázquez en 1880 grâce à l'expertise du conservateur de musée rouennais Gaston Le Breton et fut solennellement confirmée par le spécialiste incontesté de Velazquez, Aureliano de Beruete, qui reconnut en 1898 la facture du peintre (coups de pinceau visibles dans le visage qui donnent la forme de la pommette, rides du coin de l’œil, tendon du cou)[8]. L'historien d'art Werner Weisbach (de) avança en 1928 que le géographe était Démocrite le « philosophe qui rit » tant il était habituel de le représenter avec une mappemonde objet de son hilarité[9].
