Démontage du McDonald's de Millau
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| Date | |
|---|---|
| Localisation | Millau |
| Organisateurs | Confédération paysanne et Syndicat des producteurs de lait de brebis |
|---|---|
| Participants | agriculteurs |
| Nombre de participants | 300 |
Le démontage du McDonald's de Millau est une action effectuée le [1] par des paysans militants des syndicats agricoles Confédération paysanne et SPLB (Syndicat des producteurs de lait de brebis) sur le chantier de construction d'un restaurant de la chaîne McDonald's à Millau, dans l'Aveyron en France. Cette action emblématique de désobéissance civile a été qualifiée majoritairement de « démontage » mais le terme de « saccage » a aussi été largement employé.
Manifestation visant aussi l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre du conflit du bœuf aux hormones, l'opération constitue un repère dans l'histoire de l'altermondialisme en France et de la place occupée par la Confédération paysanne au sein du monde agricole français. Pour le sociologue Jean-Pierre Poulain, elle fait par ailleurs entrer la nourriture sur la scène politique en France[2].
Il s'agissait, pour la Confédération paysanne de protester contre la décision de l'Organisation mondiale du commerce dans le cadre du conflit du bœuf aux hormones, d'autoriser les sanctions américaines (sous forme de taxation punitive de certaines importations d'origine européenne, comme le fromage au lait cru de brebis roquefort), en raison du refus de l'Union européenne d'importer des États-Unis de la viande de vache élevée aux hormones de croissance. McDonald's, entreprise d'origine américaine, représentait à leurs yeux la cible symbolique idéale, tout à la fois de la « malbouffe » et du « capitalisme apatride ».
René Riesel, autre membre de la Confédération paysanne et auteur avec José Bové et d'autres agriculteurs syndicalistes de destructions de cultures OGM, avance que cette action intervient à un moment critique de la lutte contre les OGM, quand celle-ci finissait par prendre de l'ampleur et osait s'attaquer à la recherche publique. Selon Riesel, la médiatisation de la « malbouffe » a permis de masquer la « guerre contre le vivant » que mène la société industrielle, et a permis à un courant de contestation légaliste qu'il qualifie de « citoyenniste » d'occuper seul la scène médiatique, avec Bové à sa tête. Alors que le précédent mouvement dénonçait toute forme de manipulation génétique comme moyen de domination du couple recherche/industrie sur le vivant et les populations, le mouvement « citoyenniste » milite seulement pour que l'État régule cette domination en protégeant le consommateur, ce que Riesel perçoit comme une dérive qui limite considérablement la portée contestatrice, et potentiellement émancipatrice, de la lutte contre les OGM[3],[4].