Déménagement (film)
film sorti en 1993
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Déménagement (お引越し, Ohikkoshi) est un film japonais réalisé par Shinji Sōmai, sorti en 1993.
Ohikkoshi
Satoko Okudera
Hiko Tanaka (roman)
Junko Sakurada
Tomoko Tabata
| Titre original |
お引越し Ohikkoshi |
|---|---|
| Réalisation | Shinji Sōmai |
| Scénario |
Satoshi Okonogi Satoko Okudera Hiko Tanaka (roman) |
| Acteurs principaux |
Kiichi Nakai Junko Sakurada Tomoko Tabata |
| Pays de production |
|
| Genre | drame |
| Durée | 124 minutes |
| Sortie | 1993 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le film est présenté au Festival de Cannes 1993 dans le cadre de la sélection Un certain regard[1].
En , il sort en salle pour la première fois en France par l'intermédiaire de Survivance[2]. Sa restauration remporte le prix du meilleur film restauré à la 80e édition de la Mostra de Venise[3].
Synopsis
Renko, onze ans, rêve d'une famille unie et heureuse mais voit avec douleur ses parents se séparer. La petite fille se révolte d'abord intérieurement puis finit, traumatisée, par commettre des actes insensés prouvant combien son psychisme est perturbé. D'une surprenante maturité, elle refuse cependant d'accepter la situation et son attitude devient de plus en plus extrême et dangereuse pour elle-même et son entourage.
Fiche technique
- Titre original : お引越し (Ohikkoshi)
- Titre français : Déménagement
- Réalisation : Shinji Sōmai
- Scénario : Satoshi Okonogi, Satoko Okudera et Hiko Tanaka
- Musique : Shigeaki Saegusa
- Photographie : Toyomichi Kurita
- Montage : Yoshiyuki Okuhara
- Pays de production :
Japon - Langue originale : japonais
- Format : couleur - 35 mm - son mono
- Genre : drame
- Durée : 124 minutes[4]
- Dates de sortie :
- Japon : [4]
- France : (Festival de Cannes)[1] ; (sortie nationale)[2]
- Canada : (Festival international du film de Toronto)
Distribution
- Tomoko Tabata : Renko Urushiba, dite « Ren »
- Kiichi Nakai : Kenichi Urushiba, son père
- Junko Sakurada : Nazuna Urushiba, sa mère
- Mariko Sudo : Wakako Takano
- Tarō Tanaka : Yukio Nunobiki
- Ippei Shigeyama : Minoru Oki
- Nagiko Tōno : Risa Tachibana
- Tsurube Shōfukutei : le professeur principal de Ren
Production et tournage
Le tournage du film a lieu durant l'été 1992. Pour trouver le rôle principal, Shinji Sōmai aurait fait passer une audition à 7 000 jeunes filles, dont Tomoko Tabata, qui sera finalement choisie au terme d'un casting très rapide ; elle a 12 ans et il s'agit alors de son premier rôle[5]. Le tournage dure un mois et demi et, selon la volonté du réalisateur, toute l'équipe technique et artistique est présente.
Tomoko Tabata raconte une expérience difficile, répétant parfois plus de 20 fois une même séquence sans indications, avant d'obtenir l'approbation du réalisateur sans plus de précisions[5]. Elle parle aussi d'une équipe tendue mais auprès de laquelle elle a trouvé du soutien.
Réception
Au Japon
Le film rencontre un bon succès. Tomoko Tabata remporte le prix du meilleur espoir et l'actrice Junko Sakurada celui de meilleur second rôle féminin aux prix Hōchi du cinéma[5].
Prix du meilleur film selon les lecteurs de Kinema Junpō[6], il est également populaire au sein des circuits de distributions indépendants[7].
En France
À l'occasion de la présentation du film au festival de Cannes en 1993, le critique Yoichi Umemoto estime dans les Cahiers du cinéma que le film marque le renouveau du cinéma japonais au côté de Sonatine présenté la même année[7]. Selon lui, « le cinéma japonais retrouve foi en son avenir grâce a deux films : Déménagement de Shinji Somai et Sonatine de Takeshi Kitano. » Le premier serait l'un des derniers cinéastes issus du système des studios à réaliser des films dignes d'intérêt[7].
Le film suscite pourtant des réactions mitigées de la part d'autres critiques francophones : Le Monde estime que l'absence du film au sein de la sélection officielle est un gage de sa moindre importance[8] ; à Positif, le film est jugé trop sociologique et modeste, notamment comparé à Typhoon Club[9]. Le Monde estimera cependant par la suite, en 2001, que Shinji Sōmai appartient à une nouvelle génération prometteuse de cinéastes japonais[10].
Restauration et sortie française
En 2023, le film est restauré sous la supervision du chef opérateur Toyomichi Kurita[2],[11]. La restauration est présentée à la 80e édition de la Mostra de Venise où le film remporte le prix du meilleur film restauré[3].
Il sort pour la première fois dans les salles françaises le et rencontre un succès critique plus important.
Mathieu Macheret estime dans Le Monde que cette sortie est « inespérée » et qu'elle contribue à la connaissance plus profonde d'un cinéaste injustement méconnu : « le film met une énergie folle et un véritable déluge de formes à raconter un événement intime[12]. » Pour Pierre Eugène (Cahiers du cinéma), la filmographie de Shinji Sōmai est « immense » et cette sortie un « événement »[13]. Luc Chessel dans Libération écrit qu'il s'agit de la « révélation tardive d’un chef-d’œuvre »[14].