Déo Namujimbo

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Nom de naissance
Déo Namujimbo ChibanvunyaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Déo Namujimbo
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Déo Namujimbo ChibanvunyaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour

Déo Namujimbo, né à Costermansville (Sud-Kivu, Congo belge) le [1] et mort à Créteil (Val-de-Marne)[2] le [1], est un journaliste, écrivain, traducteur et conférencier congolais réfugié en France.

Il exerce dans plusieurs médias en République démocratique du Congo jusqu'à l'assassinat de son frère, Didace Namujimbo, en . Il vivait depuis avec sa famille en France où il exerce comme auxiliaire de justice, traducteur, conférencier et écrivain public. Il reçoit plusieurs prix internationaux.

Déo Namujimbo naît à Costermansville (Bukavu) ou Goma (Nord-Kivu)[1] le dans la colonie belge du Congo. Son père, d'abord officier supérieur de police avant l'indépendance du Congo — futur Zaïre — et jusqu'au milieu des années 1970, démissionne et devient responsable de sécurité pour les postes zaïroises[3]. Sa mère tient un magasin d'alimentation couplé à un snack non loin des studios de la radio télévision nationale à Lubumbashi, et il arrive à Déo de remplacer au pied levé les journalistes en poste, venus se sustenter chez sa mère et confiants en sa parfaite maîtrise du français. Déo Namujimbo se familiarise très vite avec son futur métier. Il passe une licence en sciences sociales, tout en se perfectionnant « sur le tas » en journalisme. Ne trouvant pas d'autre travail, il anime des émissions culturelles sur la seule radio de l'époque, la Radio-Télévision nationale congolaise. Il participe ensuite à la création de la radio de développement Maendeleo (en 1993), puis de la radio humanitaire Agatashya (en 1995), toutes deux dans sa ville d'origine de Bukavu, à l'est du Zaïre[4].

Déo Namujimbo exerce la profession de journaliste depuis 1991[5]. Lors du génocide au Rwanda en 1994, face à l'afflux de réfugiés, la fondation suisse Hirondelle fonde Agatashya, radio destinée principalement à aider les réfugiés ; Déo Namujimbo est de l'aventure.

En 1996-1997, après l'éviction de Mobutu du pouvoir par Kabila, il se trouve un moment écarté de son travail ; il reprend du service aux côtés de son oncle, le général Constantin Mudekereza, nommé à la tête des forces de sécurité du Kivu, comme Conseiller en matière de presse et d’information. Il sera nommé à ce titre lieutenant-colonel, bien que n'ayant jamais porté l'uniforme. En 1998 éclate la Deuxième guerre du Congo. Pendant ce conflit, il suit un détachement du Rassemblement congolais pour la démocratie commandé à partir de Kigali au Rwanda par le général James Kabarebe et le président Paul Kagame en personne. Ce moment est l'objet de ses ouvrages On tue tout le monde… et on recommence, sorti en 2011[4], aux éditions Edilivre et Je reviens de l'enfer, sorti en 2014[3] aux éditions l'Harmattan.

Après le conflit, et avec l'avènement d'internet, il entre en contact avec les agences de presse Syfia et InfoSud Suisse. Il rédige pour elles plusieurs centaines d'articles qui sont publiés par différents journaux du Congo, de France, de Suisse, de Belgique, d’Afrique et du Canada. Comme correspondant, il rédige des alertes pour Reporters sans frontières, circulant dans tout l'est de la RDC. Il est fréquemment l'objet de menaces[4].

Après l'assassinat en de son frère Didace Namujimbo, également journaliste de la radio Okapi dépendant de la Mission des Nations-Unies au Congo, Déo est le sujet de menaces de mort très directes[6]. En , son cousin, Serge Maheshe, lui aussi journaliste de radio Okapi, est également abattu[3].

En , à l'occasion d'une invitation du Sénat français lui proposant de venir recevoir le prix de la Plume d'Or pour la maîtrise de la langue française, il est l'objet de menaces de mort de plus en plus directes et précises. Il décide alors de demander l'asile politique en France où il obtient le statut de réfugié en [4]. Pendant ce temps, sa femme et ses enfants, également menacés de mort, se mettent sous la protection du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Bujumbura, la capitale du Burundi. Il est également entendu par des associations pour connaître un peu mieux la situation des journalistes en République démocratique du Congo[7]. Il est en particulier accueilli pendant huit mois par la « Maison des journalistes », association proposant aux journalistes réfugiés une assistance[8]. Toutefois, il n'a pu exercer depuis son métier de journaliste dans son pays d'accueil, à la fois à cause de la crise économique qui limite les opportunités mais également du fait du manque de reconnaissance dont souffrent les journalistes africains[5]. En effet, les diplômes de journalisme de plusieurs pays africains ne sont pas reconnus par la commission des titres en France.

Depuis son arrivée en France, Déo Namujimbo se fait conférencier. Il intervient dans les établissements scolaires (lycées, collèges et universités) dans le cadre de l'opération « Renvoyé spécial »[8]. Il explique lors d'interventions tous les aspects du Congo, géographie, histoire, économie, situation politique et sécuritaire etc. et insiste sur les richesses du « pays le plus riche du monde », et le décalage qui existe entre ces ressources et le niveau de pauvreté extrême de la population. Il se fait également écrivain, et relate son expérience de journaliste en zone de guerre. Il est aussi traducteur pour les producteurs et réalisateurs de reportages au Congo, parlant trois des quatre langues nationales (lingala, kikongo, swahili) ainsi que la principale langue du Kivu, le mashi[7],[3]. Devenu auto-entrepreneur, à la tête de son entreprise dénommée Kivu-sur-Seine, Déo Namujimbo excelle désormais dans quatre activités principales : la traduction des langues africaines, les conférences sur son pays d'origine et sur la « non » liberté de presse en Afrique des Grands lacs (Congo « démocratique », Rwanda et Burundi), la littérature et le métier d'écrivain public. Pour écrire dans le calme et la sérénité, il abandonne régulièrement sa famille pour se concentrer dans des résidences d'écriture, comme ce fut le cas à deux reprises (2011 et 2014) à Anvers en Belgique, en 2019 à l'Abbaye de La Prée non loin d'Issoudun (France) ou encore au Diable Vauvert près de Nîmes, dans le sud de la France.

Début 2021, Déo Namujimbo créé avec les élèves du Centre de formation d'apprenti de Méjannes-lès-Alès, dans le sud de la France, le troisième volet des activités de son entreprise : la formation en journalisme pratique.

Il a à son actif plusieurs manuscrits de romans, recueils de nouvelles, poèmes, et surtout son autobiographie depuis le temps qu'il vit en France et intitulée à juste titre Allons z'enfants de l'apatride. Tous ces ouvrages sont en quête d'éditeur, tout comme sa présentation de son pays d'origine qui porte le titre évocateur : Est du Congo « démocratique», de la convoitise des richesses à l'installation volontaire du chaos.

En 2022, Il participe au film L'Empire du silence, de Thierry Michel, qui dénonce l’impunité des fauteurs de guerre au Congo[9].

Déo Namujimbo meurt à Créteil[1] le , à l'âge de 66 ans[9].

Travaux

Journalisme

Les remplacements bénévoles deviennent rapidement son premier atout dans le métier du journalisme. Il crée sa propre émission de divertissement, développant ainsi sa chance dans l’animation et la production radiophonique. Il étudie la sociologie industrielle à l’université de Lubumbashi, faute d’école de journalisme accessible en RD du Congo, qui n'en compte qu’une seule à ses débuts dans le journalisme[10].

Conférences

Les conférences données par Déo Namujimbo (plus de 150 en onze ans) portent principalement sur son pays, la République démocratique du Congo, et sur l'écart saisissant qui existe entre les ressources naturelles du pays et le niveau d'extrême pauvreté de la population. Il accuse différents groupes d'intérêts, désireux d'accaparer ces richesses, de créer sans cesse de l'agitation, des rébellions populaires dont le peuple n'a que faire. Il met également en avant le problème de la corruption, qu'il impute « à une forme particulière du sida : le salaire impayé depuis des années »[3]. Sans oublier le rôle majeur joué par les femmes et les enfants pour survivre, ainsi que les combats quotidiens de la population et de la société civile pour espérer l'émergence d'une société de droit et la démocratie. Thèmes de ses conférences : Est du Congo « démocratique », de la convoitise des richesses à l'installation volontaire du chaos, et La non-liberté de presse en Afrique des Grands-lacs africains.

Ouvrages

  • Déo Namujimbo, Merde in Congo : Recueil d'articles publiés entre 2001 et 2009 sur l'est du Congo « démocratique », Paris, Édilivre, , 416 p. (ISBN 978-2-8121-2202-6)
  • Déo Namujimbo, On tue tout le monde… et on recommence : Reportage de guerre à l'est du Congo « démocratique », Paris, Édilivre, , 374 p. (ISBN 978-2-8121-2117-3)
  • Déo Namujimbo, Je reviens de l'enfer : Reportage de guerre à l'Est de la RD Congo (août-septembre 1998), Paris, L'Harmattan, , 192 p. (ISBN 978-2-343-02619-0)
  • Déo Namujimbo, Les sylvestres aventures de l'enfant-soldat, Roman jeunesse, L'Harmattan, 2021 99 p. (ISBN 978-2-343-22008-6)
  • Déo Namujimbo et Françoise Germain Robin, La Grande manipulation de Paul Kagame, éd. Arcane 17, 2023, 365 p.
  • Déo Namujimbo, Petit manuel de journalisme pratique, en recherche d'éditeur
  • Nombreux manuscrits à la recherche d'éditeurs (romans jeunesse et adultes, poésies, nouvelles, autobiographies).

Récompenses

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI