Dépérissement du faux-cyprès de Nootka

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Carte des zones touchées par le dépérissement du faux-cyprès

Le dépérissement du faux-cyprès de Nootka est un phénomène de dépérissement forestier des populations de faux-cyprès de Nootka (Xanthocyparis nootkatensis) constaté dans les forêts côtières du Pacifique Nord de l'Alaska du Sud-Est à la Colombie-Britannique. La première observation de ce phénomène remonte à 1909[1]. Depuis lors, un pic de mortalité a été constaté dans les années 1970-1980, période marquée par des hivers plus chauds correspondant à l'oscillation décennale du Pacifique. La maladie s'étend sur des milliers de stations, souvent caractérisées par un sol humide, totalisant plus de 200 000 hectares de forêts en Alaska et plus de 50 000 hectares en Colombie-Britannique. La mortalité des arbres dans les stations affectées par le dépérissement est importante, touchant souvent 70 % des arbres. Dans ces stations les arbres morts, parfois depuis plus de cent ans, d'autres fois plus récemment, voisinent avec des arbres sains et d'autres dépérissants.

Le dépérissement est probablement dû à des fluctuations climatiques (réduction de la couche neigeuse et augmentation du gel du sol en hiver)[2].

L'aire de répartition du faux-cyprès de Nootka s'étend des Monts Klamath dans le nord de la Californie jusqu'à la baie du Prince-William en Alaska[3].

C'est un arbre à croissance lente qui peut vivre plus de mille ans. Considéré comme ayant une grande valeur économique et patrimoniale, il est apprécié pour son bois caractérisé par sa résistance mécanique et sa longévité, sa composition chimique lui conférant une grande résistance à la pourriture.

Le faux-cyprès de Nootka est limité aux altitudes élevées dans la partie sud de son aire de répartition, depuis les confins de la Californie et de l'Oregon jusqu'à la Colombie-Britannique ; plus au nord, notamment en Alaska, on le rencontre depuis le niveau de la mer jusqu'à la limite des arbres. Localement, son habitat est caractérisé par une forte affinité pour les sols humides[4].

Le climat de la zone affectée par le dépérissement en Alaska du Sud-Est et dans l'ouest de la Colombie-Britannique est hyper-maritime, avec de fréquentes précipitations de faible intensité[4]. L'épaisseur de la couche de neige dans cette région est très variable du fait que la température est souvent voisine de zéro en période hivernale[4].

Les forêts y sont dominées par l'épinette de Sitka (Picea stichensis), la pruche de l'Ouest (Tsuga heterophylla), la pruche subalpine (Tsuga mertensiana), le pin tordu (Pinus contorta), le thuya géant (Thuja plicata) et le faux-cyprès de Nootka. Le dépérissement de cette dernière espèce a affecté plus de 200 000 hectares de forêts en Alaska et de 50 000 hectares en Colombie-Britannique[3].

Extension géographique de la maladie

Le dépérissement du faux-cyprès de Nootka est observé dans une zone limitée à une large bande dans le sud-est de l'Alaska et en Colombie-Britannique, sur une longueur de plus de 1 000 km. Les stations touchées se trouvent principalement à des altitude inférieures à 125 m, très rarement au-dessus de 300 m, le plus souvent sur des pentes exposées au sud et à l'ouest[5].

Il est absent, ou non apparent, plus au sud depuis la Colombie-Britannique jusqu'à la Californie, plus au nord du golfe d'Alaska à la baie du Prince-William ainsi que dans les régions plus froides du sud-est de l'Alaska[6].

Causes

Les causes généralement admises du dépérissement du faux-cyprès de Nootka sont l'augmentation de la température moyenne dans la région et la diminution consécutive de la couche neigeuse hivernale, tant en épaisseur qu'en durée[2],[3],[4].

D'autres causes potentielles du dépérissement du faux-cyprès de Nootka ont été étudiées, mais il semble qu'il ne soit pas lié à des agents biotiques ni causé par la pollution anthropique directe ou la pollution atmosphérique[7].

Des scolytes du genre Phloeosinus, couramment trouvés sur les arbres morts ou déclinants, n'attaquent que les arbres déjà dans les derniers stades du dépérissement. De même, des champignons, notamment Phytophthora lateralis pourtant responsable de graves pourridiés chez le cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana), ou bien des nématodes également suspectés, ont été mis hors de cause[6].

Des chercheurs ont étudié les effets de la saturation des sols et de la chimie du sol sur le dépérissement du faux-cyprès de Nootka[8], et doivent encore publier des données probantes, autres que le fait que ces paramètres peuvent influer indirectement sur la mortalité des faux-cyprès de Nootka. L'altitude semble également jouer un rôle dans le dépérissement du faux-cyprès de Nootka, une étude ayant montré que les arbres poussant au-dessus de 130 mètres d'altitude sont plus résistants au froid que ceux poussant plus bas.

Dégâts dus au gel

Le dépérissement du faux-cyprès de Nootka a commencé vers 1880, ce qui coïncide avec un réchauffement du climat après le petit âge glaciaire[7].

Les mécanismes de ce processus sont encore hypothétiques, mais il semble que l'exposition du sol à des températures plus froides, aggravée par l'absence de couverture de la canopée ou l'humidité des sols peut conduire à des dégâts des racines superficielles du faux-cyprès de Nootka dus au gel[4].

Des conditions de canopée ouverte dans la forêt, conséquence de la mort des arbres malades, exposent les sols à des températures glaciales. Avec le réchauffement de la température moyenne dans la région, les précipitations tombent plus souvent sous forme de pluie que de neige en hiver. La couche neigeuse hivernale est isolante et permet une certaine protection des systèmes racinaires contre le gel. L'absence de ce manteau neigeux favorise le gel du sol et la dégradation des tissus des racines, en particulier dans les sols humides où la saturation du sol entraîne le développement d'un enracinement superficiel, ce qui peut entraîner la mort des arbres[4].

Le faux-cyprès de Nootka se trouve être nettement moins résistant au froid que les espèces d'arbres qui l'entourent, comme la pruche de l'Ouest (Tsuga heterophylla), qui est capable de résister, dans des conditions comparables, à près de 13 °C de moins que le faux-cyprès de Nootka [4].

Gestion et conservation

Notes et références

Voir aussi

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