1. Élaboration des stratégies potentielles:
Définir les projets concurrents sur lesquels va porter le choix des acteurs de la décision.
2. Élaboration des critères qualitatifs et quantitatifs pertinents pour la prise de décision:
Trois exigences sont à respecter pour former une famille cohérente de critères:
- L'exigence d'exhaustivité : Ne pas oublier de critère. Attention tout de même, plus on met de critères, plus l'analyse devient complexe.
- L'exigence de non-redondance.
- L'exigence de cohérence: Si sur 10 critères, A et B sont équivalents pour 9 d'entre eux, et que A > B sur le 10e, alors le décideur doit choisir A. S'il hésite encore entre A et B c'est que la famille de critères n'a pas été construite avec cohérence.
Nota bene: Il faut apporter une attention toute particulière à cette étape, qui peut s'avérer complexe, notamment si la décision s'inscrit dans une démarche de co-construction.
3. Évaluation de la performance des stratégies potentielles sur chaque critère:
On présente cette étape sous forme de tableau des performances:
| Stratégie A | Stratégie B | Stratégie C | Sens | Pondération |
| Critère 1 | 6 | 3 | 4 | Min | 3 |
| Critère 2 | 6 | 7 | 5 | Max | 4 |
| Critère 3 | 4 | 7 | 7 | Max | 1 |
Il contient les performances en note ou en valeur de chaque stratégie sur chaque critère. Le sens indique si on cherche à minimiser ou à maximiser la valeur. On souhaitera par exemple minimiser les coûts, ou encore maximiser le taux d'alphabétisation. Les pondérations expriment l'importance accordée à chaque critère : ici le critère 2 est celui qui pèsera plus lourd dans la décision. Si les pondérations ne sont pas explicites, c'est qu'il a été choisi de donner la même importance à chaque critère.
Les méthodes ELECTRE reposent sur une relation de surclassement: A surclasse B si la performance de A sur le critère considéré est au moins aussi bonne que B.
4. Tableau ou matrice de concordance
- On pose une hypothèse de surclassement: Par exemple A surclasse C.
- On identifie les critères pour lesquels cette hypothèse est vraie.
- On additionne les pondérations correspondant aux critères qui concordent avec cette hypothèse.
- On calcule l'indice de concordance : (Σ Pondérations des critères de concordant avec mon hypothèse) / (Σ Total des pondérations)
Si nous reprenons notre tableau: Sur le critère 1, A obtient une note de 6 et C une note de 4; sachant que plus la note est élevé, plus elle est défavorable (sens min), A ne surclasse pas C. Notre hypothèse n'est pas vérifiée. Sur le critère 2, A obtient une note de 6 et C une note de 5 (sens max); donc A surclasse C. Enfin, sur le critère 3, A est surclassée par C. Ainsi, l'indice de concordance est de 4/(3+4+1) = 0,5
L'indice de concordance est toujours compris entre 0 et 1.
- La matrice de concordance se construit à partir des indices de concordance.
| Stratégie A | Stratégie B | Stratégie C |
| Stratégie A | X | 1 | 0.5 |
| Stratégie B | 0 | X | 0.125 |
| Stratégie C | 0.5 | 1 | X |
Les hypothèses "B surclasse C" et "C surclasse B" sont vérifiées pour le critère 3 car ces deux stratégies sont au moins aussi performantes l'une que l'autre pour ce critère.
5. Tableau ou matrice de discordance
- On pose une hypothèse de surclassement: Par exemple A surclasse C.
- On identifie les critères pour lesquels cette hypothèse est fausse.
- On additionne les écarts entre les notes des deux stratégies comparées sur tous les critères pour lesquels l'hypothèse est fausse.
- On calcule l'indice de discordance : (max de l'écart de note sur les critères discordants)/(longueur de la plus grande échelle)
Ici, on considère que l'échelle des critères 1 et 2 est de 10 et que celle du critère 3 est de 8. Dans le cas de la méthode ELECTRE 1, le dénominateur de l'indice de discordance sera toujours égal à la longueur de l'échelle la plus grande (ici 10 car les notes peuvent varier de 0 à 10).
- La matrice de discordance se construit à partir des indices de discordance.
| Stratégie A | Stratégie B | Stratégie C |
| Stratégie A | X | 0 | 0.1 |
| Stratégie B | 0.3 | X | 0.2 |
| Stratégie C | 0.3 | 0 | X |
La méthode de surclassement est alors définie par :
- a S b ssi C(a,b).(1-D(a,b) ) ≥ s
- où s est le seuil de surclassement.
On obtient ainsi la matrice de surclassement S définie par :
- S_ij = 1 si 〖a 〗_i S a_j
- S_ij = 0 sinon.