Edith Alice Müller

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Edith Alice Müller, née à Madrid le et morte le , est une astrophysicienne suisse, spécialisée en spectroscopie solaire et secrétaire générale de l'Union astronomique internationale (UAI) de 1976 à 1979.

Edith Alice Müller est la deuxième fille de Anna et Max Muller-Niggli, suisses d'origine zurichoise établis en Espagne. Elle fréquente l'école allemande à Madrid jusqu'à la maturité en 1936. Elle s'installe ensuite en Suisse alémanique, où elle s'inscrit à l'université de Zurich, suivant un parcours scientifique centré sur les mathématiques et la physique[1]. En 1943 elle obtient son doctorat, sous la direction de Andreas Speiser, avec une thèse intitulée "Gruppentheoretische und strukturanalytische Untersuchungen der maurischen Ornamente aus der Alhambra in Granada"[2], conjuguant ainsi ses études mathématiques avec son intérêt pour les décorations du château de l'Alhambra à Grenade[3]. Il s'agit du premier travail visé à catégoriser mathématiquement les motifs géométriques des ornements du château. Elle documente la reproduction à l'Alhambra de 12 symétries parmi les 17 du groupe de papier peint[4]. Des recherches ultérieures ajouteront deux autres symétries, pour atteindre le total de 14[5].

Malgré sa formation de mathématicienne, à cause des difficultés à trouver un emploi[6], Edith Müller réoriente ses intérêts vers l'astronomie. Entre 1946 et 1951, elle travaille comme assistante de recherche à l'Observatoire fédéral à Zurich, suivi par une année en tant qu'astronome visiteur à l'Université de Cambridge. De 1952 à 1962, elle travaille comme assistante de recherche, puis comme collaboratrice scientifique à l'observatoire d'Ann Arbor en Michigan.

En 1956, le nouveau directeur de l'observatoire de Genève, Marcel Golay, souhaite réviser la politique scientifique de l'institut, qui se concentrait principalement sur la chronométrie, et créer un groupe de recherche en astrophysique. Pour cette raison il prend contact avec Edith Müller en 1957, qui se montre intéressée au projet, malgré la pénurie de financements et de personnel[7]. Elle rejoint l'observatoire de Genève en 1962, d'abord en occupant une position temporaire, puis étant nommé professeur associé en 1964, devenant la première femme professeur à l'Observatoire[8]. Elle deviendra professeur ordinaire à partir de 1972.

En parallèle de sa carrière de chercheuse, Edith Müller a été très active dans plusieurs organisations scientifiques internationales, et principalement dans l'Union astronomique internationale (UAI). Elle en a été secrétaire générale entre 1976 et 1979, première femme à recouvrir cette charge[9].

Retraitée de l'Université de Genève depuis 1983, elle continue à être en lien étroit avec l'union astronomique internationale et la communauté scientifique, mais son engagement doit diminuer pour s'occuper de sa sœur, atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle meurt le d'une attaque cardiaque, lors de vacances en Espagne.

Contributions scientifiques principales

La recherche de Edith Alice Müller a porté principalement sur la spectroscopie des étoiles, notamment du soleil. 

Son travail le plus important, publié en 1960 avec les astronomes Leo Goldberg et L.H. Aller, présente une estimation de l'abondance des éléments chimiques dans l'atmosphère solaire[10]. Les données obtenues, concernant les raies spectrales de 42 éléments chimiques présents dans la photosphere solaire, se révèlent fondamentales pour la vérification des théories d'évolution stellaire et origine du système solaire proposées en ces années, et constituent le standard de référence pour la communauté scientifique de l'époque[11]. En particulier, une théorie presque définitive de la structure de la photosphère solaire a pu être achevée, résume dans le modèle de la Harvard-Smithsonian reference atmosphere[12].

Une considérable partie de la recherche de Edith Müller a concerné l'affinage des mesures spectroscopiques de l'abondance des éléments solaires de plus grand intérêt, en utilisant le télescope situé à l'observatoire de Kitt Peak en Arizona.  Le résultat le plus important, obtenu en collaboration avec James Brault[13], et puis avec Erik Peytremann et Ramiro de la Reza[14],  a été la détection des raies spectrales de Lithium, qui n'étaient réputées comme observables dans le spectre solaire[15]. Ses mesures ont été les premières considérées comme fiables pour cet élément dans le soleil, et ont revêtu une importance aussi pour les théories cosmologiques de l'époque[16].

Fonctions et contributions au sein de l'Union astronomique internationale

Notes et références

Voir aussi

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