Né en 1800 à Québec et issu d'une famille liée à l'administration coloniale, Edward Hale est formé en Angleterre avant d'entrer, dès 1820, dans les circuits administratifs du Bas-Canada. Il agit ensuite comme secrétaire privé du gouverneur général des Indes, lord William Pitt Amherst (1823-1828), période au cours de laquelle il acquiert une expérience des réseaux impériaux et transatlantiques[1].
Installé définitivement dans la colonie dans les années 1830, il épouse Eliza Cecilia Bowen en 1831 et s'établit à Sherbrooke en 1833. Il y s'inscrit dans le mouvement de colonisation des Cantons-de-l'Est, en combinant exploitation agricole, spéculation foncière et participation à la British American Land Company, ce qui en fait un acteur important de la consolidation du régime foncier britannique dans la région[1],[2]. À Sherbrooke, il est le propriétaire du domaine du Val Dormant.
Sur le plan politique, Hale occupe plusieurs fonctions au sein des structures coloniales de transition : membre du Conseil spécial (1839-1841), président du conseil de district de Sherbrooke (1840), puis député de Sherbrooke (1841-1844), où il s'inscrit dans les courants unionistes et conservateurs qui accompagnent la réorganisation politique du Bas-Canada après les Rébellions[2].
Son influence se prolonge sous le régime de la Confédération, lorsqu'il est nommé conseiller législatif de la division de Wellington en 1867, poste qu'il conserve jusqu'à sa mort. Parallèlement, il participe au développement des infrastructures ferroviaires et s'implique dans plusieurs institutions financières et religieuses, notamment la Banque des Townships de l'Est, la Stanstead and Sherbrooke Mutual Fire Insurance Company et le Bishop's College School[1],[2].
L'historiographie souligne son appartenance à un groupe de notables britanniques locaux qui structurent, au XIXe siècle, un espace socio-économique cohérent dans les Cantons-de-l'Est, articulé autour de la propriété foncière, des institutions et des réseaux d'influence régionaux[3].
Hale meurt à Québec en 1875 et est inhumé à Sherbrooke, où se concentre l'essentiel de son action publique et économique[2].