Effet autocinétique

From Wikipedia, the free encyclopedia

L'effet autocinétique est un phénomène de perception visuelle où un petit point lumineux immobile dans un environnement sombre ou uniforme semble se déplacer.[1] Cette illusion de mouvement est supposée causée par une absence de point de repère, car la perception du mouvement est toujours relative à un point de référence. Dans un environnement sombre ou uniforme, la position d'un unique point lumineux est donc indéfinie.

Il a été constaté pour la première fois en 1799 par Alexander von Humboldt en observant le mouvement d'une étoile dans un ciel sombre. Bien que le mouvement soi illusoire, il pensait à l'époque que ce mouvement était réel.[2] Il les nomma donc « Sternschwanken », c'est-à-dire « étoiles oscillantes ». Aujourd'hui, par exemple, de nombreuses observations d'OVNIs ont été attribuées à l'effet autocinétique lors de l'observation d'étoiles ou de planètes.[référence nécessaire] C'est en 1857 que G. Schweitzer a démontré qu'il s'agissait d'un phénomène subjectif : plusieurs observateurs regardant simultanément la même étoile rapportèrent des directions de mouvement différentes.

La direction prise des mouvements imaginés est donc indéfinie. Elle ne semblerait pas être corrélée aux mouvements oculaires involontaires, mais serait déterminée par des erreurs entre la position de l'œil et celle spécifiée par la copie d'efférence des signaux de mouvement envoyés aux muscles extraoculaires. Richard Gregory a suggéré qu'en l'absence d'informations périphériques, les mouvements oculaires qui corrigent les mouvements dus à la fatigue musculaire sont interprétés à tort comme le mouvement de la lumière perçue.[3]

L'amplitude des mouvements est également indéfinie. Chaque observateur établit son propre cadre de référence pour juger l'amplitude (et éventuellement la direction). Du fait de sa labilité, ce phénomène a été utilisé pour démontrer l'influence sociale ou la suggestion sur les jugements. Par exemple, si un observateur annonçant que la lumière se déplace de 30 cm, entend un autre observateur dire qu'elle se déplace d'un mètre, le premier observateur rapportera que la lumière s'est déplacée d'un mètre. La découverte de l'influence de la suggestion sur l'effet autocinétique est souvent attribuée à Sherif (1935), mais elle avait déjà été rapportée par Adams (1912).


Un passage évocateur figure dans le roman de H.G. Wells, La Guerre des mondes . Bien que Wells attribue le mouvement apparent de la planète, qui semble « nager », aux vibrations du télescope et à la fatigue oculaire, il est probable que l'effet autocinétique soit également décrit.

 

« Looking through the telescope, one saw a circle of deep blue and the little round planet swimming in the field. It seemed such a little thing, so bright and small and still, faintly marked with transverse stripes, and slightly flattened from the perfect round. But so little it was, so silvery warm—a pin's-head of light! It was as if it quivered, but really this was the telescope vibrating with the activity of the clockwork that kept the planet in view.

As I watched, the planet seemed to grow larger and smaller and to advance and recede, but that was simply that my eye was tired. Forty million miles it was from us—more than forty million miles of void. Few people realise the immensity of vacancy in which the dust of the material universe swims. »

Dans l'aviation

Cet effet est bien connu comme une illusion d'optique affectant les pilotes volant de nuit. Il est particulièrement dangereux pour les pilotes volant en formation ou rejoignant un avion ravitailleur la nuit. Voici quelques mesures permettant de prévenir ou de contrer ce phénomène :

  • Déplacer fréquemment son regard pour éviter une fixation prolongée sur les sources lumineuses.
  • Essayer de visualiser une cible par rapport à des structures ou des points de repère fixes.
  • Effectuer des mouvements des yeux, de la tête et du corps pour dissiper l'illusion.
  • Surveiller les instruments de vol afin de prévenir ou de résoudre tout conflit de perception.

Au combat

Dans son livre relatant les premières phases de la seconde guerre du Golfe, depuis son poste au sein du 1er bataillon de reconnaissance des Marines, Evan Wright relate un incident survenu de nuit dans le désert irakien. Les Marines aperçurent les lumières d'une ville à environ 40 kilomètres de là. Ces lumières semblaient se déplacer et furent prises pour celles d'une importante force de combat se dirigeant vers les Marines pour les attaquer. Une frappe aérienne fut demandée sur la position estimée des lumières, à environ 15 kilomètres. Aucune infrastructure ennemie fut détruite par cette frappe aérienne. Le major Shoup, du bataillon, suggéra plus tard que cette méprise était due à un phénomène auto-cinétique (autokinesis). Dans la mini-série HBO adaptée du livre, cette information est révélée au spectateur par le sergent Brad Colbert, qui avait correctement déduit qu'il s'agissait d'une ville dans les deux versions.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les équipages de chasseurs et de bombardiers de nuit ont rapporté avoir rencontré de mystérieux phénomènes aériens, surnommés « foo fighters », qui pourraient avoir été causés par cet effet autocinétique ou un effet similaire.

Autostase

L'effet inverse à l'effet autocinétique est l'autostase, lorsqu'une lumière vive en mouvement dans un ciel sombre apparaît immobile.[4]

Voir aussi

Références

Bibliographie

Related Articles

Wikiwand AI