Eithne Coyle

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Eithne Coyle (1897-1985[1] ; irlandais : Eithne Ni Cumhaill) est une militante républicaine irlandaise. Elle est une figure de proue du Cumann na mBan (organisation paramilitaire féminine) et membre de la Ligue gaélique[2]. Cependant, son rôle dans la période désormais connue sous le nom d'« Irlande révolutionnaire » (c.1912 c.1924) est plus étendu que ne le laisse supposer son appartenance à ces deux groupes. Une lettre de Peader O'Donnell, datée du 19 avril 1945 et appuyant sa demande d'engagement militaire, souligne qu'elle a été la cible de représailles sévères durant la guerre civile irlandaise de la part des forces de l'État libre d'Irlande, qui « la considéraient davantage comme une officière de l'IRA que comme une organisatrice du Cumann na mBan, ce qu'elle était pourtant »[3]. Elle acquit également une certaine notoriété pour son implication dans deux évasions de prison retentissantes dans les années 1920.

Naissance
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Décès
Nom de naissance
Eithne Ni CumhaillVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Eithne Coyle
Biographie
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Décès
Nom de naissance
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Jeunesse

Elle nait sous le nom d'Annie Coyle le 3 janvier 1897 à Killult, un village près de Falcarragh (en), dans le comté de Donegal, de Charles Coyle et May McHugh (benjamine de leurs sept enfants)[1],[4]. Son frère, Donal Coyle, est commandant de la 1re division nord des Volontaires irlandais[3]. Elle rejoint le Cumann na mBan en 1917 et s'engage activement dans la collecte de fonds et les campagnes contre la conscription[5],[6]. Son père meurt prématurément à l'âge de 36 ans, un malheur qu'elle attribue aux pressions exercées par des propriétaires terriens sans scrupules qui expulsent sa famille de leurs terres. Elle note dans ses écrits personnels que c'est durant cette enfance difficile qu'elle rencontre Maud Gonne, « qui éblouissait tous ceux qui la rencontraient par sa beauté, son charme et son humilité ». Dans les années 1890, Gonne mène campagne à Donegal pour les droits des fermiers locataires[3],[4].

Croissance du mouvement

En tant que responsable de la section du comté de Donegal du Cumann na mBan, Coyle joue un rôle déterminant dans la mobilisation de ses membres pour faire campagne en faveur du Sinn Féin lors des élections générales de 1918[7]. Entre 1918 et 1919, elle vit quelque temps à Dungannon comme organisatrice de la Ligue gaélique avant de s'installer dans le comté de Longford pour y créer des sections du Cumann na mBan[5]. Elle devient ensuite organisatrice de la Ligue gaélique dans le comté de Roscommon[5].

Pendant la guerre d'indépendance irlandaise, alors qu'elle réside dans la région de Longford-Roscommon, Coyle devient une proche camarade de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) locale, à qui elle fournit des croquis d'un commissariat de police local qu'elle connait[2]. Régulièrement harcelée par les Black and Tans à Roscommon, sa maison est saccagée à deux reprises par des membres de l'organisation. Elle est arrêtée le jour de l'An 1921 et condamnée en février suivant à trois ans de travaux forcés pour avoir aidé des membres de l'IRA[8],[6]. Conformément à la politique du Cumann na mBan, elle refuse de reconnaître le tribunal lors de son procès[9]. Elle note dans ses écrits personnels : « J'ai lu un journal pendant toute cette mascarade et n'ai levé les yeux qu'une seule fois pour dire au président qu'il perdait son temps précieux, car je ne reconnaissais pas son simulacre de tribunal. Comme je parlais irlandais, un policier a dû traduire mes quelques mots de sagesse. »[3],[4].

Elle se souvient d'avoir aperçu Constance Markievicz pour la première fois à la prison de Mountjoy, où elle purge une peine de deux ans de travaux forcés. Coyle note : « Nous ne pouvions que lui faire un signe de la main pendant la messe du dimanche, car il nous était interdit de nous agenouiller à côté d'elle à la table de communion. »[3],[4]. Coyle et sa codétenue Linda Kearns MacWhinney (en) conçoivent un plan d'évasion. Le 31 octobre 1921, Coyle et Kearns, accompagnées de deux autres détenues, Mary Burke et Aileen Keogh, avec l'aide de gardiens bienveillants, escaladent le mur de la prison et s'échappent en voiture, conduites par des républicains qui ont reçu l'ordre de les attendre à l'extérieur[10]. Après cette évasion, elle séjourne dans un camp d'entraînement de l'IRA à Duckett's Grove, dans le comté de Carlow, jusqu'à la trêve du 11 juillet 1921 et le traité anglo-irlandais de décembre 1921[11],[6].

Anti-traité

Après le traité anglo-irlandais, Coyle soutient la faction anti-traité. Suite à la signature du traité, elle est nommée organisatrice du Cumann na mBan, première organisation majeure à s'opposer au traité anglo-irlandais dans le nord-ouest de l'Irlande. Elle parcoure les comtés de Donegal, de Londonderry et une partie du comté de Tyrone et constate que de nombreuses sections locales ont perdu une grande partie de leurs membres. Elle est donc contrainte de réorganiser le mouvement en Ulster selon un modèle plus rationalisé[12].

En réaction aux expulsions massives d'ouvriers catholiques de Belfast en 1920, Coyle s'efforce de faire respecter le « boycott de Belfast » lancé par le Sinn Féin contre les entreprises, les banques et les produits appartenant à des unionistes. Le Belfast Telegraph rapporte que, sur la ligne de chemin de fer Londonderry-Lough Swilly, Coyle, armée, a attaqué un train, dérobé tous les exemplaires des journaux de Belfast et les a brûlés publiquement[13]. Les actions de Coyle (non approuvées par la direction du Cumann na mBan) deviennent monnaie courante sur cette ligne[13]. Elle est également chargée des communications entre la 1re division nord et la 3e division ouest de l'IRA, une fonction qui implique notamment de ramer entre Donegal et Sligo pour garantir l'intégrité des messages[3],[4].

Au début de 1922, les activités de Coyle lui valent d'être fréquemment arrêtée par les forces pro-traité, mais elle est relâchée à chaque fois sans inculpation[14]. Cependant, en septembre 1922, le gouvernement provisoire décide de réprimer les activités des dissidents du Cumann na mBan et Coyle est la première membre arrêtée dans le cadre de cette répression. Détenue initialement à Ballyshannon, elle est la première membre du Cumann na mBan à entamer une grève de la faim, refusant de s'alimenter pendant sept jours en l'absence de gardienne de prison. Après avoir été détenue à la caserne de Buncrana pendant deux semaines, Coyle est finalement transférée par bateau à la prison de Mountjoy, environ huit semaines après son arrestation initiale[14].

À son arrivée à Mountjoy, plusieurs membres du Cumann na mBan sont déjà incarcérées et la surpopulation pose problème. Coyle mène des protestations contre ces conditions de détention ; les femmes jettent leurs lits hors des cellules et dorment à même le sol. Cette situation dure six semaines avant qu'une nouvelle grève de la faim ne soit entamée[15]. Plus tard, après une nuit d'horreur tristement célèbre pour les femmes transférées de la prison de Mountjoy et de la prison de Kilmainham, elle est transférée au camp d'internement de North Dublin Union. Coyle décrit les conditions épouvantables de ce camp, qui a auparavant abrité des troupes : « Sans exagérer, on pourrait creuser le sol à la pelle et il en resterait assez pour les vers. »[4]. Coyle fait partie des vingt prisonnières qui s'évadent le 7 mai 1923. Elle est cependant reprise le lendemain[16]. Coyle est finalement libérée de Kilmainham en décembre 1923 à la suite d'une grève de la faim[13].

Dernières années

Coyle est nommée au comité exécutif du Cumann na mBan en 1924 et élue présidente en 1926, après la démission de Constance Markievicz qui rejoignit le Fianna Fáil. Elle occupe ce poste jusqu'à sa démission en 1941[6].

Coyle, qui a des opinions socialistes, est une membre fondateur du Congrès républicain en 1934, bien que le 18 juillet de la même année, elle et sa collègue militante du Cumann na mBan, Sheila Humphreys (en), démissionnent après qu'il soit devenu clair qu'une querelle entre les factions de l'IRA suivra cette décision, ce que les deux femmes espèrent éviter[17].

Après avoir quitté la présidence de Cumann na mBan, elle entreprend des recherches pour retracer l'histoire de l'organisation de 1914 à 1923. Elle s'intéresse particulièrement aux femmes originaires du nord de l'Irlande et d'Écosse. Ses archives personnelles révèlent qu'elle a recueilli des enquêtes et des questionnaires auprès de nombreuses femmes, mais elle n'a jamais publié d'ouvrage sur ce sujet[3],[4].

Coyle décède dans une maison de retraite à Dalkey, Dublin, le 5 janvier 1985, à l'âge de 88 ans[6],[18].

Vie personnelle

En 1935, Coyle épouse Bernard O'Donnell, un membre de l'IRA du Donegal et de Saor Éire[4], avec qui elle entretenait une relation depuis 1918. Ensemble, ils ont un fils (qui devient plus tard prêtre) et une fille (qui devient plus tard religieuse)[18]. Bernard meurt en février 1968[4].

Notes et références

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