Ekpessosso
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La prise de la pierre sacrée ou les rites du nouvel an en pays Guin au Togo *
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| Pays * | |
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| Liste | Liste représentative |
| Année d’inscription | 2025 |
| * Descriptif officiel UNESCO | |
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Ekpessosso, aussi appelé Epé-Ekpé, ou encore prise de la pierre sacrée, est un rituel annuel du peuple Guin (ou Guen) du sud-est du Togo. Il constitue l’une des étapes centrales du cycle cérémoniel Epé-Ekpé, le nouvel an traditionnel guin célébré principalement à Glidji tous les mois de septembre, dans la région des Lacs[1]. En , le rituel est inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO[2],[3].

Ekpessosso marque la sortie annuelle d’une pierre sacrée interprétée comme un message des divinités. Le rituel se déroule dans la forêt sacrée de Gbatsomé et est dirigé par les grands prêtres des principales divinités guin. La couleur et la nature de la pierre sont traditionnellement perçues comme des signes permettant d’orienter la communauté pour l’année à venir[4]. Ekpesoso s’inscrit dans un ensemble de séquences rituelles comprenant notamment :
- Sedodo (décrets d’interdictions)
- Situtu (purification)
- Montata (aplanissement des voies)
- Bliku-Mama (compte à rebours par distribution de grains de maïs)
- Tchesi-Dodo (préparation de l’eau de purification)
- Avéfonfon (débroussaillement)
- Nloli-Yogbé (invocation des ancêtres)
- Yêkêyêkê Dugbé (repas rituel d’unité)
- Ekpantchontchon (carnaval de désacralisation)
Ces rites expriment la relation entre les vivants, les ancêtres et les divinités, ainsi que les valeurs de cohésion et de transmission au sein de l’aire culturelle guin[5],[6].
Origines et histoire
Selon les traditions orales, les Guin auraient migré depuis la région d’Accra (actuel Ghana) vers le XVIIᵉ siècle pour s’installer dans l’actuelle région d’Aného et de Glidji, où ils fondent un royaume sous l’autorité du roi Foli Bébé. Le cycle rituel d’Epé-Ekpé s’inspire en partie d’anciennes pratiques des populations ga[7].
La prise de la pierre sacrée demeure aujourd’hui l’une des cérémonies majeures de l’identité culturelle guin et attire chaque année de nombreux adeptes et visiteurs[5],[6].
Inscription à l’UNESCO
Le , lors de la 20ᵉ session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel tenue à New Delhi, Ekpesoso est inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité[8].
La candidature a été portée par l’Académie du Guingbé et des savoirs endogènes guin et mina, avec l’appui technique de la Direction du patrimoine culturel du Togo et de la Commission nationale togolaise pour l’UNESCO. Elle devient le troisième élément togolais reconnu par l’UNESCO, après le Gèlèdè et la Maïeutique.
L’inscription vise notamment à renforcer la sauvegarde du rituel, à soutenir sa transmission intergénérationnelle et à accroître sa visibilité nationale et internationale[2],[6],[9].
Portée culturelle
Au-delà de sa dimension religieuse, Ekpesoso constitue un marqueur identitaire pour la communauté guin[9]. Le rituel est associé à des valeurs de solidarité, de cohésion sociale et de continuité historique. Il participe également au dynamisme culturel et touristique de la région d'Aného[5],[6].
