El Hadj Aboubakar Wabi
lamido de Kaélé
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El Hadj Aboubakar Wabi, né vers 1931 et mort le 29 janvier 2016 à Kaélé, est une figure majeure du commandement traditionnel et de la vie politique camerounaise. Dignitaire de l'ethnie Moundang, il a régné sur le Lamidat de premier degré de Kaélé pendant 61 ans.
Biographie
Origines et formation
Né vers 1931 à Kaélé, El Hadj Aboubakar Wabi appartient à la génération des patriarches ayant vécu les grandes mutations historiques du Cameroun. Considéré comme l'une des dernières mémoires vivantes du pays, il a côtoyé d'autres figures historiques telles que le gouverneur Ousmane Mey[1],[2].
Carrière politique
Féru de politique et cadre influent des partis au pouvoir successifs que sont l'Union camerounaise (UC), l'Union nationale camerounaise (UNC), puis le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), El Hadj Aboubakar Wabi entame une présence législative ininterrompue dès l'époque coloniale. Élu député à l'Assemblée territoriale du Cameroun (ATCAM) en 1956, il conserve son siège lors de la transition vers l'indépendance et prolonge son bail au sein de la nouvelle Assemblée nationale du Cameroun. Ce cacique du régime y séjourne sans discontinuer jusqu'en 1987, totalisant plus de trente ans de vie parlementaire au service de la nation et de sa circonscription du Mayo-Kani[2].
Commandement traditionnel
Le 6 juillet 1955, il accède au trône en tant que chef de canton, puis Lamido de premier degré de Kaélé. Son règne de 61 ans est marqué par une autorité ferme; il était réputé pour être l'un des chefs les plus sévères et les plus respectés de la sphère du Grand Nord. Certains récits locaux lui prêtaient des capacités mystiques renforçant son influence sur le département du Mayo-Kani[3].
Mort et héritage
Après une semaine passée dans le coma, il décède le 29 janvier 2016 à l'âge de 85 ans. Il est inhumé le jour même dans le caveau familial au sein du palais royal de Kaélé, conformément aux rites de l'Islam. Sa disparition, survenue durant une période marquée par l'actualité sécuritaire liée à Boko Haram, a néanmoins touché l'ensemble de la région qu'il a dirigée pendant plus de six décennies. À sa mort, il laisse derrière lui une vaste descendance composée de 3 veuves, 65 enfants et plus de 200 petits-fils[3],[4].