Eleuthère de Potter
peintre et sculpteur belge
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Biographie
Famille
Eleuthère (Eleutherius Ludovicus) de Potter, né Longue rue Neuve à Bruxelles le , est le fils de Louis de Potter (1786-1859), chef du Gouvernement provisoire de Belgique, et de Sophie Eugénie Van Weydeveldt (1808-1896). Il est légitimé lors du mariage de ses parents à Bruxelles le , de même que son frère Agathon de Potter (1827-1906), sociologue[1]. Il demeure célibataire[2].
Formation
Eleuthère de Potter bénéficie de l'enseignement du peintre néoclassique François-Joseph Navez, ami de son père, dont il fréquente l'atelier. Lors des concours du degré supérieur de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, il obtient plusieurs prix, dont le second prix de dessin d'après nature en 1846. Il est domicilié rue des Épingles no 5 à Bruxelles[3],[4].
Carrière
Pour la première fois, Eleuthère de Potter expose au Salon de Bruxelles de 1848 un portrait d'une demoiselle[5]. Au Salon de Bruxelles de 1851, il expose trois peintures : Rachel pleurant ses enfants, Jésus tenté par le démon et un portrait de son père. Il présente aussi un bas-relief en plâtre intitulé Patrocle suppliant Achille de lui prêter ses armes, cette œuvre lui apportant le plus de succès[6].
Peu après 1851, il commence un long séjour en Italie et réside notamment à Florence et à Pise[7].
Eleuthère de Potter, d'une santé fragile meurt, d'une angine de poitrine, à l'âge de 25 ans, à Pise, le , entouré par sa famille accourue à son chevet. Il est inhumé au Campo Santo Nuovo de Pise[8].
Œuvre
Caractéristiques
Le champ pictural d'Eleuthère de Potter inclut les peintures d'histoire et les portraits. Il est aussi sculpteur et dessinateur[3].
Réception critique
Selon Henri Hymans, le portrait qu'il réalise de son père Louis de Potter, daté de 1850, et que l'on revoit à l'Exposition centennale de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles, en 1900, est une création déjà mûrie, d'un caractère grave et d'étude fouillée, la plus intéressante des nombreuses effigies de l'homme politique[8].
Le Patrocle, accueilli avec faveur au Salon de 1851, est le prélude d'une série de compositions dans le goût antique, publiées l'année suivante sous le titre : Odyssée ; quinze sujets composés par Eleuthère de Potter, gravés par David Desvachez. Le recueil porte une dédicace à François-Joseph Navez. Cependant, Éleuthère de Potter se relâche du rigorisme de son maître, Navez, pour s'inspirer, chose naturelle en l'occurrence, des compositions du britannique John Flaxman[8].
Une lettre adressée à sa famille, au cours de son voyage en Italie, montre l'artiste vouant son étude aux primitifs de la sculpture florentine et médiocrement passionné pour Raphaël et Michel-Ange qui le laissent froid et dont il considère le règne comme décidément passé[8].
Un ensemble de compositions tirées d'Apollonios de Rhodes, de Musée, d'Oppien et de Virgile, publié après sa mort, et intitulé Vingt et un sujets puisés dans les petits poèmes grecs et dans l'Énéide (Bruxelles 1856), montre, avec une personnalité accrue, un style plus large et plus affranchi des influences d'école[8].
Collections muséales
- Musée de la ville de Bruxelles : Louis de Potter, père de l'artiste (1850), Portrait de Mme de Potter, mère de l'artiste (1852), trois médaillons des parents et de la sœur de l'artiste (1850 et 1854), Autoportrait de l'artiste et Nu masculin (1847)[9].
Hommage et postérité
La nouvelle de sa mort connaît en Belgique un retentissement profond. Lors de la distribution des prix de l'Académie de Bruxelles, le secrétaire, Alexandre Henne, se fait, en termes émus, l'écho des regrets unanimes causés par la fin prématurée de l'artiste sur qui s'était concentré non moins d'espérances que d'affections. Plusieurs camées, exécutés d'après des compositions du peintre, sont légués par sa mère à la Bibliothèque royale de Bruxelles[10].