Elisa Branco Batista, née le et morte le , est une militante communiste brésilienne, récipiendaire du prix Lénine pour la paix en 1953[1].
Née à Barretos dans l'État de São Paulo d'un père portugais propriétaire d'un pension, elle vit avec ses frères dans une maison de 21 pièces[2]. Alors qu'elle est enfant, son père meurt de maladie et la famille doit louer les pièces de sa maison à des réfugiés arrivant d'Europe pour survivre[3]. Elle s'installe à São Paulo en 1948, où elle apprend la couture[4] et commence à travailler pour des campagnes pacifistes[1], après avoir découvert et rejoint les rangs du Parti communiste brésilien lors de l'arrestation de Luís Carlos Prestes[5]. Cette année-là, elle est incarcérée avec les autres membres organisateur du 1er Congrès des travailleurs du textile de l'État de São Paulo[1].
Elle rejoint la Fédération des femmes de São Paulo (en portugais: Federação das Mulheres de São Paulo), dont elle devient l'une des cadres et organise des actions de protestation contre l'envoi de soldats brésiliens en Corée[5]. Dans le même temps, elle est la vice-présidente du Mouvement brésilien pour la paix[3].
En 1950, lors de la commémoration de l'indépendance du Brésil dans le quartier de Vale do Anhangabaú à São Paulo qui a lieu tous les [6], elle se joint au rassemblement des personnalités politiques portant une bannière disant: «Os soldados, nossos filhos não irão para a Coréia» («Nos soldats, nos enfants n'iront pas en Corée») pour protester contre le soutien du Brésil aux États-Unis dans la guerre de Corée[1]. Arrêtée, elle est condamnée à quatre ans et trois mois d'incarcération, qu'elle passe dans la prison de Tiradentes[1]. Pendant sa détention, l'avocat du Parti communiste brésilien dépose un habeas corpus pour elle mais il est rejeté[6]. En prison, elle ensigne l'alphabétisation, la couture et l'hygiène du corps à ses codétenues[3]. Elle est finalement relâchée en [6].
Lors du coup d'État de 1964 au Brésil, elle est de nouveau arrêtée par les militaires mais ne reste finalement que huit jours en détention[2]. En 1971, elle est de nouveau arrêtée par les militaires et reste trois jours en prison[3].