La mère d’Elisabeth était une Pellissari, une famille de fabricants de soie à Genève, qui a épousé un Baulacre, d'une famille de protestants français venus de Tours, ayant fui à Genève à l’époque des Guerres de religion.
En 1637, Elisabeth Baulacre épouse Pierre Perdriau (1613-1641), qui meurt très jeune. Veuve à 28 ans, en 1641, elle se remarie en 1655, devenant l'épouse du syndic Jacob Andrion[2], et elle développe avec son fils Pierre, né en 1638, l'affaire héritée de son premier mari. L'entreprise est spécialisée dans la fabrication de fils d'or et d'argent utilisés dans la passementerie ou mêlés à la soie dans le tissage d'étoffes précieuses. Plusieurs centaines d'ouvrières travaillent pour elle à domicile, au nombre de 1200 selon le chroniqueur Gregorio Leti[3], 900 selon d'autres sources[Lesquelles ?].
Elle se retrouve à la tête de la deuxième fortune de Genève[4], investie dans des immeubles de la ville et des domaines ruraux aux alentours et se fait la réputation de « faire » l’élection des syndics dans les villages[5].