Elsa Conrad
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nationalité | |
| Activités |
Patron de bar, militante pour les droits LGBT |
| Lieux de détention |
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Elsa Conrad (surnommée Igel, née Rosenberg le à Berlin et décédée le à Hanau[1],[2],[3],[4],[5]) est une personnalité allemande de la scène lesbienne. Dans les années 1920, elle tient l'un des clubs lesbiens les plus connus de Berlin, le « Monbijou des Westens » (Monbijou de l'Ouest) avec sa partenaire Mali. Elle est l'une des figures de proue de la scène lesbienne de l'époque. Elle est persécutée par le régime nazi étant à moitié juive et lesbienne.
Elsa Rosenberg est juive de par sa mère de Bertha Rosenberg (1861-1940). Rien n'est connu à propos de son père si ce n'est qu'il n'était pas juif[3]. En 1910, elle se marie avec Wilhelm Conrad. Ce mariage prend fin en 1931. On peut spéculer sur le fait qu'il ait s'agit d'un mariage de complaisance[5].
À la fin de la Première Guerre mondiale, avec l'installation de la République de Weimar, l'opportunité émerge d'ouvrir des lieux d'échange lesbiens. Elsa Conrad arrive avec brio à faire fleurir ces espaces (sans doute aidée grâce au cursus qu'elle avait suivi dans le secteur du commerce). En 1921, elle gère le Verona-Diele à Wilmersdofer Strasse 77, après la fermeture de cet espace en 1925, elle démultiplie sa gestion de divers bars lesbiens. Puis elle tient l'un des clubs lesbiens les plus connus de Berlin, le "Monbijou des Westens" (Monbijou de l'Ouest) avec sa partenaire Mali Rothaug[4]. Il s'agit d'un club privé dans lequel on peut se rendre uniquement par recommandation. Il comptait près de 600 membres et était fréquenté par des femmes du milieu artistique ou académique principalement[3].
En Allemagne, l’arrivée du régime nazi au pouvoir en 1933 entraîne une campagne de répression anti-homosexuelle et la fin de cette période de relative liberté qui avait permis que se développe une subculture lesbienne. La vie associative et sociale homosexuelle et lesbienne disparaît en quelques semaines[6].
Le , elle est arrêtée puis emprisonnée pour «insulte au Reich» pendant 15 mois à Berlin. À l'issue de son temps en prison, en 1937, elle est transférée à Moringen, le premier camp de concentration pour femme de Prusse. On trouve sur ce camp des détenus politiques ainsi que des femmes juives, des témoins de Jéhovah, et les "asociaux" (termes utilisés pour parler des travailleuses du sexe, des lesbiennes). La Gestapo avait reçu des informations concernant ses relations lesbiennes, cela plus le fait qu'elle est à moitié juive. Elle doit choisir entre rester incarcérée en Allemagne ou partir à l'étranger[4].
Elle part ainsi pour Nairobi, au Kenya en . Elle ne reviendra en Allemagne qu'en 1961, sans le sou. Elle meurt le à Hanau, en Allemagne.
Historiographie
Dans Berlin, il n'existe aucune trace du club Mali und Ingel. L'histoire d'Elsa Conrad et Mali Rothaug, toutes deux persécutées et forcées de fuir leur pays, a été quasi oublié. Cela est le résultat de l'homophobie du régime Nazi, homophobie qui perdurera bien après[3].
Références
- ↑ Florence Tamagne, Histoire de l’homosexualité en Europe, Berlin, Londres, Paria 1919-1939, Seuil, , 708 p. (ISBN 978-2020348843)
- ↑ (de) Insa Eschebach, Homophobie und Devianz : Weibliche und männliche Homosexualität im Nationalsozialismus, , 207 p. (ISBN 3863310667)
- 1 2 3 4 (de + en) Claudia Schoppmann, Spurensuche im Regenbogenkiez : Historische Orte und schillernde Persönlichkeiten, (lire en ligne), Die weitaus interessanteste Vereinigung lesbischer Frauen Berlins’: Die Clubwirtin Elsa Conrad (1887-1963) (p102-119)
- 1 2 3 (en) Kim Wünschmann, Before Auschwitz (lire en ligne), p. 112-113
- 1 2 (de) Claudia Schoppmann, Elsa Conrad – Margarete Rosenberg –Mary Pünjer – Henny Schermann Vier Porträts (lire en ligne), p. 97-100
- ↑ « ELSA CONRAD (1887-1963) », sur Queer Code