Elswick (Newcastle upon Tyne)

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Elswick (Newcastle upon Tyne)
Administration
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Géographie
Coordonnées 54° 58′ 00″ nord, 1° 38′ 30″ ouest
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni
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Elswick (Newcastle upon Tyne)

Elswick est un quartier urbain et une circonscription électorale située dans la ville et le district métropolitain de Newcastle upon Tyne, au sein du comté métropolitain de Tyne and Wear, en Angleterre. Cette localité se trouve à environ trois kilomètres à l’ouest du centre-ville de Newcastle et s’étend sur la rive nord de la rivière Tyne[1]. Originellement partie intégrante du comté historique de Northumberland, le territoire est administrativement rattaché à la municipalité de Newcastle upon Tyne en 1835. Son site, dont l’altitude culmine à 53,1 mètres, domine le cours fluvial de la Tyne. Sur le plan équipementaire, Elswick accueille la Newcastle Utilita Arena, une enceinte polyvalente destinée aux manifestations sportives et culturelles, ainsi qu’un des principaux campus du Newcastle College, institution d’enseignement supérieur qui compte approximativement quarante-cinq mille étudiants[2].

Sous l'Empire romain, le dispositif défensif du limes britannique s'articule autour de deux structures majeures. Le vallum, retranchement constitué d'un fossé à fond plat flanqué de tertres, trouve son aboutissement oriental dans le district actuel d'Elswick. Tandis que ce terrassement s'interrompt en ce point, le mur d'Hadrien — ou murus — poursuit sa linéarité vers l'est, prolongeant son tracé jusqu'à l'implantation de Segedunum, aujourd'hui Wallsend.

Situé dans l'actuel comté de Tyne and Wear, le hameau d'Elswick relève originellement de la suzeraineté de la baronnie de Bolam. En 1120, la seigneurie passe sous l'autorité du prieuré de Tynemouth, institution ecclésiastique qui en conserve la jouissance foncière jusqu'à la sécularisation des biens monastiques en 1539[3]. Outre l'exploitation d'une pêcherie locale, le territoire s’illustre par l'ancienneté de son activité extractive. Les annales de 1330 constituent l'un des premiers témoignages scripturaires de l'industrie carbonifère dans le Nord-Est de l'Angleterre. À cette date, le prieur de Tynemouth concède par bail l'exploitation d'une houillère dénommée « Heygrove », sise à « Elstewyke », moyennant une redevance annuelle de 5 livres sterling. Ce développement industriel connaît une phase d'expansion pérenne, ainsi qu'en atteste la mise en service de trois puits d'extraction à compter de l'année 1860[1]. Sur le plan institutionnel, le domaine est intégré au patrimoine de la Couronne lors de la dissolution des monastères en 1539. Il demeure dans le giron royal durant près d'un siècle, jusqu'à son aliénation par le souverain Charles Ier en 1628.

Fondée en 1778 sur le site d’Elswick, la fonderie de plomb connaît une expansion continue durant les dernières décennies du XVIIIᵉ siècle et tout au long du XIXᵉ siècle. Son édifice le plus caractéristique, une tour d’affinage de type tour à plomb d’une hauteur d’environ 80 mètres, constitue alors une infrastructure industrielle majeure. L’activité de la tour cesse définitivement en 1951. Devenue structurellement instable et présentant un danger public, l’installation est intégralement démantelée lors d’une campagne de travaux s’échelonnant de 1968 à 1969[1].

Le territoire d'Elswick est initialement placé sous la suzeraineté des prieurs, qui y maintiennent un manoir seigneurial au sein du noyau villageois. Cette demeure, dont l’assiette correspond à l'actuel Elswick Hall, subit des remaniements architecturaux successifs jusqu’à son ultime reconstruction en 1810. La destination du domaine connaît une mutation notable en 1881, date à laquelle le parc d'Elswick Hall est converti en espace public sous la dénomination d'Elswick Park[1]. Le paysage urbain et social d'Elswick subit une métamorphose profonde durant la seconde moitié du XIXe siècle, impulsée par deux vecteurs de développement structurels. D’une part, l'extension ferroviaire reliant Carlisle à Newcastle désenclave la localité dès 1839. D’autre part, l'établissement du complexe industriel Armstrong en 1847 scelle la vocation manufacturière du secteur[2]. Cette transition vers l'ère industrielle engendre une croissance démographique exponentielle : le recensement, qui dénombre environ 300 administrés en 1801, en comptabilise 59 165 un siècle plus tard. Afin de pallier cette pression démographique et d'assurer l'hébergement de la main-d'œuvre ouvrière, des ensembles immobiliers collectifs sont édifiés, notamment dans le périmètre de Scotswood Road[1].

La société des établissements d’Elswick voit le jour en 1847, sous l’impulsion de l’ingénieur William George Armstrong[1]. Initialement destinée à la fabrication de machines hydrauliques, de grues et de structures de ponts, l’usine se spécialise ultérieurement dans la production d’artillerie lourde. En 1882, l’entreprise fusionne avec le chantier naval de Charles Mitchell, situé à Low Walker, pour constituer la firme Armstrong, Mitchell & Company. Cette entité poursuit son expansion en intégrant, en 1897, le bureau d’études et les capacités industrielles de Joseph Whitworth, donnant ainsi naissance à Armstrong Whitworth & Co[2].

La gare d'Elswick est ouverte en 1889, s'inscrivant dans une volonté d'aménagement du territoire local. L'édifice se situe à l'extrémité occidentale du complexe industriel d'Elswick, dont la population ouvrière constitue alors le principal contingent du flux de voyageurs. Toutefois, la prospérité du site périclite sous l'effet des récessions économiques de l'entre-deux-guerres et des crises structurelles ultérieures. Ces mutations délétères précipitent le démantèlement des infrastructures manufacturières. Conséquence directe de cet effondrement de l'activité, l'exploitation de la gare cesse définitivement en 1967, année marquée par son déclassement puis par la destruction intégrale de ses installations[1].

Un développement majeur s'est produit une fois que les appartements de Cruddas Park ont été construits à partir de 1961 et que la construction s'est achevée en 1969[1].

Elswick subit de plein fouet le déclin des chantiers navals de Tyneside à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Cette ancienne zone industrielle se trouve ainsi, à l’orée des années 1990, classée parmi les secteurs les plus paupérisés de l’agglomération de Tyneside, voire du Royaume-Uni dans son ensemble. Une enquête du quotidien The Independent relève à cette période un taux de chômage approchant les trente pour cent, tandis que le territoire est marqué par une prévalence élevée de la toxicomanie et une recrudescence d’incendies volontaires[1].

Elswick constitue à l’origine un simple hameau de la paroisse de Newcastle-St. John[1]. Son élévation au rang de paroisse civile autonome intervient en 1866. Cette entité administrative est ensuite absorbée par la cité de Newcastle upon Tyne le , date de sa suppression en tant que paroisse distincte[2]. Le recensement de 1911 y dénombre 58 352 habitants[1]. De nos jours, son territoire relève de la zone non paroissiale de l’agglomération de Newcastle upon Tyne.

Présent

Le quartier contemporain d'Elswick se subdivise en une pluralité de secteurs distincts. Parmi ceux-ci figurent notamment Adelaide Terrace, l'ensemble résidentiel Bentinck Estate, les ensembles de Cruddas Park — dont une partie porte désormais l'appellation de Riverside Dene — ainsi que Denhill Park, Elswick Triangle, le secteur de Gill Street et The Courts, Grainger Park, la résidence Jubilee Estate, North Benwell, et certaines portions des zones de St John's et St Paul's. L'enceinte du quartier accueille également des infrastructures d'importance, telles que le Newcastle College et la Utilita Arena Newcastle. Les données du recensement national de 2021 révèlent une population totale de 16 126 habitants. Ce territoire présente l'une des plus faibles proportions de population s'identifiant comme « blanche » au sein de la cité de Newcastle-upon-Tyne, celle-ci s'établissant à 43,5 %. Une part substantielle de la population, évaluée à 35,2 %, déclare une appartenance aux groupes asiatiques, tandis qu'environ un résident sur dix s'identifie comme noir. Sur le plan des affiliations religieuses, la communauté musulmane y constitue un groupe légèrement majoritaire, représentant 39,3 % des habitants. Les confessions chrétiennes rassemblent 36,2 % de la population, et les personnes se déclarant sans religion 21,6 %[3],[4]. Ces trois catégories regroupent la quasi-totalité des résidents[4].

La composition démographique d’Elswick se caractérise par une surreprésentation marquée des populations juvéniles. Le quartier présente, en effet, la proportion la plus élevée de l’agglomération newcastleienne pour les individus âgés de moins de quatorze ans. Corrélativement, la part des résidents âgés de soixante-cinq ans et plus y est inférieure à la moyenne municipale, s’établissant à environ dix pour cent. Sur le plan du parc résidentiel, Elswick se distingue par un taux d’accession à la propriété particulièrement faible. Alors que près de la moitié des logements (49,9 %) sont occupés par leurs propriétaires à l’échelle de Newcastle, cette proportion ne dépasse pas 26,3 % dans le quartier[5].

Parc Cruddas

Le complexe résidentiel de Cruddas Park, implanté au sein du district d'Elswick, constitue une opération d'urbanisme vertical composée de cinq structures de grande hauteur. L'édification de cet ensemble s'amorce en 1961 et parvient à son terme en 1969, s'inscrivant dans une politique globale de restructuration du tissu urbain local[1],[2]. Bien que la configuration originelle de ce grand ensemble fît état de dix tours distinctes, la moitié de ces édifices fait l'objet d'une déconstruction sélective au cours de l'année 2012[1].

Cruddas Park House constitue le bâtiment principal d’un centre commercial aujourd’hui largement désaffecté. Cette vacance commerciale progressive résulte principalement d’une insécurité chronique et de délits récurrents, notamment des vols, qui ont contribué à son délaissement. L’édifice accueille par ailleurs une antenne du Newcastle College, au sein de laquelle se trouve une bibliothèque à l’usage des étudiants[1].

Géographie

Références

Liens externes

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