Emily Martin

anthropologue américaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Emily Martin est une sinologue, anthropologue et féministe américaine, née en 1944. Elle est professeure d’anthropologie socioculturelle à l’université de New York.

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Emily Martin
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Biographie

Après ses études de premier cycle à l'université du Michigan, elle obtient son doctorat de l'université Cornell en anthropologie, en 1971[1].

Elle rejoint le corps professoral de l'université de Californie, à Irvine, en 1971, et de l'Université Yale, en 1972, avant de devenir enseignante à l'université Johns Hopkins en 1974. Elle y devient Professor en 1976 et y occupe la chaire de Mary Elizabeth Garrett Professor in Arts and Sciences entre 1981 et 1994. Elle enseigne aussi à l'université de Princeton de 1994 à 2001[1].

Récompenses

En 2019, elle reçoit la médaille Vega de la Société suédoise d'anthropologie et de géographie en reconnaissance à ses contributions à l'anthropologie. La même année, elle se voit décerner le prix JD Bernal de la Society for Social Studies of Science[2].

Ses recherches

Les travaux de Martin sur la sinologie s'accentuent sur la Chine continentale et Taiwan[3]. Ses sujets comprennent la religion et les rituels chinois, l'architecture, la politique, la médecine traditionnelle chinoise, la culture des femmes chinoises, la culture rurale chinoise, les lignées et généalogies chinoises.

Martin étudie est une fondatrice de l'anthropologie des sciences. Elle effectue des recherches sur le langage scientifique et la neurospychologie cognitive et s'interesse aux évolutions apportées par les données de comportements captées sur internet[4].

Anthropologie des sciences et féminisme

Martin aborde la science dans une perspective féministe. Elle fait des analyses sur la reproduction humaine et des sujets connexes. Pour elle, la littérature scientifique actuelle est biaisée en fonction du sexe et maquillés de préjugés ancrés dans le langage populaire. Elle souligne, de ce fait, que la thèse selon laquelle « le spermatozoïde pénètre de force dans l’ovule » est sexiste, au détriment des femmes[5].

Elle interroge des femmes sur les questions de reproduction féminine et compile ses interviews dans un livre intitulé The Woman in the Body (1987)[6]. Martin approfondit, également, ses recherches en interviewant des scientifiques et en incluant le sujet des processus de reproduction masculine. Son article L'ovule et le spermatozoïde : comment la science a construit une histoire d'amour basée sur des rôles stéréotypés homme-femme (1991), en est typique.

Syndrome prémenstruel

Emily Martin décrit la relation entre le syndrome prémenstruel et le lieu de travail. Au-delà des femmes, elle recommande un traitement adéquat de toutes les personnes sur le marché du travail. Elle indique, par ailleurs, que même si les femmes et les hommes connaissent des poussées hormonales, les femmes sont plus faciles à cibler car elles peuvent attribuer ces poussées hormonales à leur cycle menstruel[7].

L'ovule et le spermatozoïde

En 1991, elle analyse les métaphores sociales pour enseigner les concepts biologiques dans son article intitulé L’œuf et le sperme : comment la science a construit une histoire d’amour basée sur des rôles stéréotypés homme-femme. Elle se concentre sur les analogies faites dans la fécondation avec les rôles que jouent l'ovule et le sperme, et souligne comment des mots tels que « débris », « rejets » et « mourir » par opposition à « étonnant », « produire » et « remarquable » insinuent que, comme les « processus biologiques féminins » sont inférieurs aux processus biologiques masculins, les femmes doivent donc être « moins dignes que les hommes »[8],[9]

Martin se base sur des recherches de l'université Johns Hopkins qui prouvent que l’ovule est plus agressif que les spermatozoïdes pour fustiger l'idée contraire répandue dans l'opinion populaire. Des recherches menées également par Gerald Schatten et Helen Schatten attribuent une implication mutuelle de l'ovule et du spermatozoïde, mais continuent d'utiliser le vocabulaire traditionnel[10].

Publications

En 1987, Martin sort le livre The Woman in the Body (La femme dans le corps) qui remporte le premier prix d'Eileen Basker de la Society for Medical Anthropology. Dans ce livre, Martin examine la manière dont la culture américaine perçoit le processus de reproduction[11].

Dans une recension de cet ouvrage, Linda C. Garro dit de Martin qu'elle « tire de fortes conclusions sur le degré de résistance exprimé par les femmes [vis-à-vis des représentations scientifiques sur les corps des femmes] qui ne sont pas étayées par des données ». Mais, dans la revue Isis, Anja Hiddinga qualifie le livre d'« audacieux, bien argumenté et entièrement étayé par un large éventail de références »[11].

Bibliographie

  • Suzanne R. Kirschner et Emily Martin, « From Flexible Bodies to Fluid Minds: An Interview with Emily Martin », Ethos, vol. 27, no 3, , p. 247–282 (ISSN 0091-2131, lire en ligne, consulté le ).
  • Emily Martin (trad. Camille Salgues, préf. Anne M. Lovell), Voyage en terres bipolaires : Manie et dépression dans la culture américaine, Paris, Rue d'Ulm, coll. « Sciences sociales », , 416 p. (ISBN 978-2-7288-0487-0)

Notes et références

Liens externes

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