Emma d'Italie
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Emma d'Italie | |
Représentation imaginaire par François Delpech, début XIXe siècle. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Reine des Francs | |
| v. 965 – | |
| Prédécesseur | Gerberge de Saxe |
| Successeur | Adélaïde d'Aquitaine |
| Biographie | |
| Date de naissance | entre 948 et 951[1] |
| Lieu de naissance | en Italie |
| Date de décès | après décembre 988 |
| Père | Lothaire II, roi d'Italie |
| Mère | Adélaïde de Bourgogne |
| Fratrie | Otton II, empereur |
| Conjoint | Lothaire, roi des Francs |
| Enfants | Louis V, roi des Francs |
| modifier |
|
Emma d'Italie (en Italie, vers 948/951 - après 988), fille du roi Lothaire II d'Italie, devient reine des Francs (965/966-986) par son mariage avec le roi Lothaire. Ils seront les parents du dernier roi carolingien, Louis V.
Emma est la fille unique née du mariage de Lothaire II, brièvement roi d'Italie de 947 à 950 et d'Adélaïde, sœur de Conrad III, roi de Bourgogne. La date de naissance d'Emma n'est pas connue avec précision : le mariage de ses parents ayant été célébré en 947, avant le , et Lothaire étant mort le , sa naissance peut avoir eu lieu entre le début de l'année 948 et la première moitié de l'année 951[1].
Son père meurt empoisonné par son rival politique, le marquis Bérenger d'Ivrée, qui lui succède au trône d'Italie le et tente de marier la reine Adélaïde, titulaire de droits personnels sur le royaume, à son fils Adalbert. L'épouse de Bérenger, Willa, va jusqu'à la faire emprisonner en 951 à Côme mais celle-ci parvient à s'enfuir et se réfugie auprès du roi de Germanie et empereur du Saint-Empire Otton Ier, à Pavie. Elle l'épouse et en aura Otton II ainsi qu'une fille, Mathilde, abbesse de Quedlinbourg.
La jeune princesse grandit à la cour ottonienne de son beau-père. En 965 ou 966, elle épouse Lothaire, roi des Francs, fils de Gerberge, la sœur d'Otton. Elle lui donne deux enfants, le futur Louis V, et Othon, chanoine à Rome[2]. Mais, peu après ses noces, son beau-frère, Charles de Basse-Lorraine, lui prête une liaison avec l'évêque de Laon, Adalbéron aussi appelé Ascelin. La reine sera néanmoins innocentée en 977 par le synode de Sainte-Macre convoqué par l’archevêque Adalbéron de Reims[2]. Charles est alors contraint de fuir la Francie occidentale mais de peur qu'il ne prenne le pouvoir si Louis V est reconnu bâtard, Emma force son époux à associer au trône son fils, qui est marié vers 980 à Adélaïde d'Anjou pour assurer sa descendance. Lothaire se plie à ce désir mais n'accorde aucune marge d'action réelle à son fils. Le mariage d'Emma à Lothaire est marqué par l'hostilité entre son mari et son demi-frère Otton, chacun envahissant les terres de l'autre pour tenter de se déstabiliser réciproquement, souvent par l'intermédiaire du duc Charles de Lorraine, le frère cadet de Lothaire, vassal de l'empereur. Néanmoins, les dernières années de leur union, à compter des années 980, voient la paix s'installer entre le roi et sa belle-famille.
Lothaire meurt le 2 ou le et son fils Louis, qui lui succède, accuse sa mère Emma et l'évêque Adalbéron d'avoir empoisonné le roi et les chasse de la cour.
Louis V décède le sans héritier. Charles de Lorraine s'empare militairement de Laon, capitale royale et se fait proclamer roi, cependant que le duc Hugues de France (Hugues Capet) est élu puis sacré roi de France le , notamment avec l'aide d'Adalbéron. Par trois fois, le nouveau roi va essayer de reprendre la ville de Laon afin de chasser Charles de Lorraine. Cette situation, devenue préoccupante pour Hugues prend fin grâce à la trahison de l’évêque Adalbéron de Laon. Après avoir fait semblant de jurer fidélité à Charles, qui lui avait pourtant rendu son siège épiscopal, l'évêque le trahit. Au plus profond de la nuit du dimanche des Rameaux[3] ou du Jeudi saint[4] , tandis que Charles s'est endormi, l'évêque le désarme et fait prisonnier le dernier carolingien. Il le confie alors à Hugues Capet, qui se charge de l'enfermer dans une prison à Orléans.
La vie d'Emma après la mort de son fils est mal connue : elle se serait réfugiée à Dijon et serait décédée dans un couvent de Bourgogne.