Emmanuel Dieudonné, marquis de Hautefort, est un officier et un diplomate français né le et mort à Paris, le .
Carrière militaire
Second fils de Louis-Charles de Hautefort, marquis de Surville, lieutenant-général des armées du Roi, et d'Anne Louise de Crevant d'Humières, il est le petit-fils de Louis de Crevant, duc d'Humières, maréchal de France.
Le , il hérite de son oncle François Marie de Hautefort, 4e marquis de Hautefort, sans enfant, tous les biens de la maison de Hautefort. Il devient alors le 5emarquis de Hautefort.
Il entre au service le comme enseigne au régiment de Condé, est promu capitaine et le devient lieutenant-colonel. Le , il est nommé colonel de ce régiment, et le 28, après la mort de son frère aîné, il hérite de son grade de lieutenant-colonel dans le même régiment et du titre de comte de Surville. Il commande le régiment de Condé au camp sur la Moselle en 1727, lors du siège de Gera d'Adda, de Pizzigetton et du château de Milan lors de la campagne d'Italie de 1733, et en 1734, pendant la guerre de succession de Pologne, lors de la prise de Tortona et de Novara, l'attaque de Colorno et la bataille de Parme, où il est blessé d'une balle au bras.
Dans le cadre de la troisième division, il part en campagne en Westphalie, puis pendant l'hiver il est sous le commandement du comte de Lutto à Campine, dans l'électorat de Cologne. En , avec la deuxième division de l'armée du Rhin, il marche jusqu'aux frontières de la Bohême, participe à la prise d'Ellenbogen, assiste Braunau, ravitaille Egra et autres actions. Il rentre en France avec l'armée en . Le , il est envoyé sous les ordres de son beau-père le maréchal-duc d'Harcourt à Sedan, où il termine la campagne.
Le , il est affecté à l'armée des Flandres, sert aux sièges de Menin et d'Ypres. Passé sous le commandement du maréchal de Saxe le , il termine la campagne dans le camp de Courtrai. Il prend alors sa retraite pour raison de santé.
Carrière diplomatique
Le , il est nommé par le roi Louis XV ambassadeur auprès de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, à Vienne, où il se rend en novembre. Il marque son ambassade par l'ampleur des équipages avec lesquels il se déplace à Vienne.
Le , il devient chevalier des ordres du roi avec permission de porter le ruban de l'Ordre du Saint-Esprit, qu'il reçoit à son retour de l'ambassade le .
En , il perd sa seconde épouse, décédée à Vienne.
Après son ambassade, il vit dans la retraite, séjournant souvent en Picardie, dans son château de Champien[1], aujourd'hui disparu, qu'il fait agrandir, par la construction de deux ailes, et de dépendances, remises et écuries[2]. À Hautefort, il fait construire la quatrième aile de l'hospice, qui donne à cet édifice son plan définitif en forme de croix, et fait aussi faire des travaux d'embellissement au château[3].
Il se compose une bibliothèque de livres reliés à ses armoiries[4].
À Paris, il réside à partir de 1766 avec ses deux plus jeunes enfants à l'hôtel de Marsilly, rue du Cherche-Midi, où il meurt le , paroisse Saint-Sulpice.
Devenu veuf, il se remarie à La Mailleraye le avec Françoise-Claire d'Harcourt (Paris, paroisse Saint-Sulpice, - Vienne, ), fille de François d'Harcourt (1689-1750), deuxième duc d'Harcourt, pair de France, maréchal de France, et de Marie-Madeleine Le Tellier de Barbezieux (1698 -1735). Devenu veuf une seconde fois, il ne se remarie pas.
Armand Charles Emmanuel de Hautefort (Paris, paroisse Saint-Sulpice, - Paris, ), 6e marquis de Hautefort, dont il vend le château à son frère en 1792. Épouse 1) (, divorce): Maria Amelia Caroline Joseph Xavière de Bavière, dame de Villacerf[7](1744-1820), grande d'Espagne, fille d' Emmanuel François Joseph, comte de Bavière (1695-1747), grand d'Espagne, et de Maria Joséphine, comtesse von Hohenfels (1720-1797 ); 2) (9.08.1796): Anne Michelle Huet (vers 1770 - Périgueux, 1805), dont postérité du second mariage: avec sa seconde épouse, ils sont les grands-parents de Armand Alexandre Emmanuel d'Hautefort;
Adélaïde Julie de Hautefort (Paris, paroisse Saint-Sulpice, - ibidem, ), dite Mademoiselle de Montignac, mariée le avec Louis Joseph de Mailly-Nesle, marquis de Nesle (1744-1810). Dont postérité: leur petite-fille Amélie Louise d'Arenberg (1789-1823) épouse Pie Auguste, duc en Bavière, dont postérité;
Angélique Rosalie de Hautefort (Paris, paroisse Saint-Sulpice, - 1796), dite Mademoiselle de Champien, mariée en 1767 avec Jacques Gabriel Chapt, marquis de Rastignac (1736-1792), mousquetaire de la garde royale, dont trois fils, dont Pierre Chapt de Rastignac, pair de France, et Anne Charles Parfait Chapt de Rastignac, maréchal de camp, gentilhomme de la chambre du Roi;
Agathe Félicité de Hautefort (Paris, paroisse Saint-Sulpice, – ibidem, ), non mariée, dite Mademoiselle de Behéricourt;
Abraham Frédéric de Hautefort enfant, peint par François Adrien Grasognon LatinvilleAbraham Frédéric de Hautefort (Paris, paroisse Saint-Sulpice, [8] - guillotiné à Paris, 1794), comte d'Hautefort, dont il achète le château à son frère aîné en 1792, colonel du régiment de Flandres infanterie. En 1777, il fait reconstruire l'église paroissiale de Champien. Épouse à Champien le Marie-Bertrande d'Hautefort de Vaudre, sa cousine (1747 - guillotinée à Paris, 1794), fille de Jean-Louis d'Hautefort, comte de Vaudre, marquis de Bruzac, baron de Marquessac, et d'Anne Marie de La Baume de Forsac. Dont postérité à Hautefort et à Champien:
Louis de Hautefort ( - Paris, ), marié en 1797 avec Julie Alix de Choiseul-Praslin (1777-1799), fille de Renaud César de Choiseul, 2e duc de Praslin, et de Guyonne de Durfort Lorge. Leur fille unique, Sigismonde Charlotte de Hautefort (1799-1847), épouse en 1818 Ange Hyacinthe Maxence de Damas (1785-1862), lieutenant-général des armées du Roi, Pair de France, secrétaire d'Etat à la guerre (1823-1824), ministre des affaires étrangères (1824-1828), gouverneur du duc de Bordeaux (1828-1833), dont postérité.
Alphonse de Hautefort, non marié (Paris, - Champien, ) [9].
Références
↑Ch. Duhamel-Decéjean, La Picardie historique et monumentale, tome 2, arrondissement de Montdidier, canton de Roye, Amiens & Paris, Yvert & Tellier et Picard, 1900-1903 (lire en ligne), p.158-160
↑Philippe Seydoux, Gentilhommières en Picardie, tome 1er, Amiénois et Santerre, Paris, Editions de la Morande, (ISBN2-902091-32-X), p.260-262 & 333-334
↑Jean Goumet, Autour du château d'Hautefort (1789-1890), Périgueux, Les Editions du Périgord noir, , 215p., p.23