Emmaüs Défi
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| Forme juridique | Association loi de 1901, Atelier chantier d'insertion |
|---|---|
| But | Insertion par l'activité économique, lutte contre l'exclusion sociale |
| Fondation | 2007 |
|---|---|
| Fondateurs | Charles-Edouard Vincent et Jean Deydier |
| Siège | 6, rue Archereau, 75019, Paris, France |
|---|---|
| Président | Emmanuel Ravanas |
| Affiliation | Emmaüs France, FNARS |
| Affiliation internationale | Emmaüs International |
| Employés | 250 en 2020 |
| Site web | http://emmaus-defi.org/ |
Emmaüs Défi est une association loi de 1901 reconnue d'intérêt général faisant partie du Mouvement Emmaüs. Basée à Paris et lancée en 2007 par Jean Deydier et Charles-Edouard Vincent[1], elle vise l'insertion des personnes sans-abri par l'emploi. Son activité de collecte, tri et vente d'objets divers est organisée selon le modèle de l'« Atelier chantier d'insertion ».
Emmaüs Défi se considère comme un laboratoire d'innovation sociale et a lancé ou incubé plusieurs initiatives en faveur de l'insertion des personnes, notamment le programme « Convergence »[2], le programme « Premières Heures »[3] et « Emmaüs Connect », aujourd'hui structure indépendante faisant partie du Mouvement Emmaüs et luttant contre l'exclusion numérique[4].
Emmaüs Défi a été, avec l'association Aurore, à l'origine de l'interpellation des candidats à la Mairie de Paris lors de l'élection municipale de 2014 en faveur de la lutte contre l'exclusion. Cette prise de position a débouché sur un engagement d'Anne Hidalgo sur le sujet, puis la signature le du grand pacte parisien contre l'exclusion qui comporte 106 mesures dont les programmes « Convergence » et « Premières Heures »[5],[6].
Emmaüs Défi a été créée en 2007 à la suite de la Crise du Canal Saint-Martin[7].
Durant l'hiver 2006-2007, l'association Les Enfants de Don Quichotte avait posé sur les berges du Canal Saint-Martin, à Paris, des tentes occupées par des personnes sans-abri afin de dénoncer leur situation. Elle mettait ainsi en lumière l'impasse dans laquelle se trouvaient les programmes d'insertion, principalement basés sur l'hébergement d'urgence, sans accompagnement suivi des personnes.
Cette crise a eu des débouchés variés, tant au niveau local que national. La création d'Emmaüs Défi par Charles-Edouard Vincent, sous l'impulsion de Martin Hirsch, alors président d'Emmaüs France, découle de la volonté de proposer un modèle d'insertion basé sur l'emploi pour les personnes encore à la rue[8].
Premier président de l'association, Jean Deydier quitte son mandat en 2013 après 6 ans, selon les statuts de l'association. Il est alors remplacé par Jacques Desproges, administrateur de l'association depuis sa fondation[9]. En 2019, Jacques Desproges termine à son tour son sixième mandat de président d'Emmaüs Défi et est remplacé par Emmanuel Ravanas.
Un premier magasin, aujourd'hui fermé, boulevard Jourdan a accueilli l'activité d'Emmaüs Défi de son lancement à 2012[10].
Activités
L'activité principale d'Emmaüs Défi correspond à celle des communautés Emmaüs. Il s'agit de récupérer, auprès de particuliers et éventuellement d'entreprises et d'institutions, des objets domestiques variés d'usage courant. La grande majorité des dons concernent des objets de seconde main. Ces objets sont transportés jusqu'aux ateliers, triés, éventuellement remis en état et finalement vendus dans des boutiques tenues par Emmaüs Défi.
Emmaüs Défi se positionne donc comme un acteur du réemploi.
Depuis 2012[11], Emmaüs Défi dispose de deux espaces de vente à Paris :
- Le magasin Riquet[12], au 40 rue Riquet, dans l'ancien marché couvert fermé en 2010, où se trouvent également les ateliers de tri
- La boutique du 104, 5 rue Curial, au sein de l'espace Centquatre-Paris
Ces boutiques, comme les ateliers et l'activité logistique, sont principalement mises en œuvre par des salariés bénéficiant d'un contrat d'insertion. Ils sont encadrés et accompagnés par des salariés de droit classique. De plus, des bénévoles soutiennent l'association par des actions, notamment en vente, pour le tri de certains objets spécifiques et en tant qu'administrateurs. Parmi ses bénévoles, Emmaüs Défi compte notamment Virginie Pradal[13], comédienne et antiquaire, qui offre son expertise sur les bibelots et objets anciens.
Deux espaces de stockage sont mis à disposition d'Emmaüs Défi par des entreprises en dehors de Paris.
L'activité sert de moteur à l'insertion de salariés en parcours. Chaque salarié est intégré à une équipe gérée par un encadrant technique d'insertion. Entre autres, l'ancien criminel François Besse a été encadrant technique chez Emmaüs Défi à partir de 2011[14].
Les Recréateurs
En , deux nouveaux ateliers ont été lancés à Emmaüs Défi sous le nom des Recréateurs[7]. Il s'agit de proposer une montée en compétences des salariés en parcours d'insertion dans deux domaines, qui sont la couture et la fabrication de meubles. La matière première utilisée pour ces créations est trouvée parmi les objets donnés à Emmaüs Défi qui sont en trop mauvais état pour être vendus tels quels. Intégrés au chantier d'insertion, ces ateliers complètent l'activité de collecte-tri-vente d'Emmaüs Défi.
L’Équipage
Dans le même esprit, également au printemps 2017, Emmaüs Défi a lancé l’Équipage[7], un projet qui fonctionne sous l'agrément d'Entreprise d'Insertion (EI), dans le domaine de la logistique de proximité, préparation de commandes et gestion de stocks. Ce programme est pensé comme une étape supplémentaire d'insertion et de professionnalisation, après le chantier d'insertion. Les salariés en parcours d'insertion y bénéficient de contrats à temps plein (35 heures par semaine). Début 2020, dix salariés en insertion avaient intégré l’Équipage.