Emmy Zehden

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Décès
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Berlin-Plötzensee (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Emmy Wind­horstVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Emmy Zehden
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Biographie
Naissance
Décès
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Berlin-Plötzensee (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Emmy Wind­horstVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Berlin (à partir de ), Berlin-Wilhelmstadt (jusqu'au XXe siècle), arrondissement de Spandau (jusqu'au XXe siècle), Berlin-GatowVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
Date de baptême
Membre de
Plaque commémorative.

Emmy Zehden, née le à Lübbecke (province de Westphalie) et morte exécutée par décapitation le à Berlin-Plötzensee, est une résistante au nazisme, Témoin de Jéhovah.

Emmy Windhorst est née le dans la petite ville de Lübbecke, au numéro 130[1]. Elle est la fille du cordonnier Wilhelm Windhorst et de Dorothee Wilhelmine Redeker[2].

Après avoir quitté l'école, elle travaille comme aide-ménagère. Elle vit à Berlin à partir de 1918[3]. Elle y travaille pendant un an comme jardinière d'enfants puis comme secrétaire à la banque privée Löwenthal. En 1923, à la mort de sa mère, elle recueille son neveu Horst-Günther Schmidt dont celle-ci s'occupait[2].

En 1926, Emmy Windhorst épouse Richard Zehden, un homme d'affaires juif. Les parents de Richard Zehden désapprouvent ce mariage avec une non-juive mais lui-même n'est pas particulièrement religieux. En proie à des soucis financiers en cette période de crise, la famille s'installe à Berlin-Spandlau, dans la Franzstrasse, par souci d'économies. À cette époque, les parents biologiques de Horst Schmidt réclament son retour mais une décision du tribunal confirme la garde à la famille Zehden[2].

En 1930, elle rejoint les Ernste Bibelforscher (de), qui se renommeront plus tard Témoins de Jéhovah[3].

Peu de temps après l’arrivée au pouvoir des nazis, le mouvement des Témoins de Jéhovah est interdit. La mesure est appliquée à des moments différents dans les différents Länder. En , le Land de Prusse, y compris Berlin, ordonne l'interdiction, la dissolution et la confiscation des biens de la communauté religieuse[2].

La famille Zehden accueille, avec beaucoup de prudence, de petites réunions dans son appartement. En tant que Témoins de Jéhovah, ils refusent d'accrocher des drapeaux à croix gammée aux fenêtres, de faire le « salut hitlérien » et de voter. Ils expliquent d'abord ce refus par le fait que Richard Zehden est juif[2].

En 1935, ils sont baptisés tous les trois, dans la baignoire de leur appartement[2].

Richard Zehden est arrêté en 1938. Témoin de Jehova et toujours considéré comme juif par le régime nazi, il est traité durement et condamné à neuf mois de prison qu'il purge à la prison de Berlin-Plötzensee. À sa sortie de prison, il n'a plus de travail, car son patron juif n'a plus le droit de diriger une entreprise[2].

En 1938, les parents biologiques de Horst Schmidt demandent à nouveau sa garde, ce qu'ils obtiennent cette fois. Cependant, l'enfant fugue régulièrement pour retourner chez ses parents adoptifs[2].

Malgré le danger, Emmy Zehden reste fidèle à ses convictions. Elle encourage son neveu Horst Günter Schmidt, qui a reçu un avis de conscription, à refuser le service militaire et le cache ainsi que deux autres objecteurs de conscience, Gerhard Liebold et Werner Gassner dans son appartement à Berlin-Gatow et dans la crèche d'Otto et Jasmine Muhs, également Témoins de Jehova, à Berlin-Staaken[3],[2].

La famille Zehden doit à nouveau déménager, leur propriétaire n'acceptant plus de locataires juifs. Ils s'installent à Hohengatow. Richard Zehden ne trouve que des emplois durs et mal payés et ne reçoit qu'une demi-carte de rationnement. Horst n'en reçoit pas du tout parce qu'il vit dans la clandestinité. Emmy Zehden a un emploi de livreuse de journaux[2].

Le couple Zehden est arrêté en 1942 après la découverte par la Gestapo de la cache des trois jeunes gens. Ils sont emmenés au centre de détention de Berlin Moabit[2].

Emmy Zehden est emprisonnée dans la prison centrale pour femmes de Berlin, à la Barnimstrasse (de) 10[2]. Elle est accusée d'avoir aidé Horst Schmidt, Gerhard Liebold et Werner Gassner à échapper au service militaire obligatoire en leur fournissant un abri et de la nourriture[2]. Son procès a lieu le devant le Volksgerichtshof qui la condamne à la peine capitale et à la déchéance civile perpétuelle pour haute trahison et démoralisation de la troupe. Elle est ramenée à la prison pour femmes de la Barnimstrasse. Plusieurs demandes de grâce sont introduites pour elle. Même la prison pour femmes en dépose une, sur base de son bon leadership et son autodiscipline[2],[4].

Elle est exécutée par décapitation dans la prison de Plötzensee le . Elle précède sur l'échafaud la belge Marie-Louise Henin. Sa lettre d'adieu à Horst met cinquante ans à lui parvenir[3],[2],[5].

Richard Zehden est condamné à neuf mois de détention et déporté dans le camp de concentration de Sachsenhausen, où il est assassiné le [6].

Horst-Günther Schmidt est arrêté en et condamné à mort le . Après des mois passés en prison, au pénitencier de Brandenburg Göhrden, dans l'attente de son exécution, les mains liées, il est libéré par les soldats russes le [2].

Gerhard Liebold et Werner Gassner sont aussi arrêtés, condamnés et exécutés.[réf. nécessaire]

Après sa mort

Emmy-Zehden-Weg, Berlin-Charlottenburg-Nord.

Le , une artère de Berlin est nommée Emmy-Zehden-Weg dans l'arrondissement de Charlottenburg-Wilmersdorf. Dans son allocution, un représentant des autorités allemandes loue le courage de cette femme, une des nombreuses victimes oubliées de la guerre[7],[8].

Une rue lui est aussi été dédiée le dans sa ville natale de Lübbecke[1].

Un Solperstein est posé le à Berlin-Wilhelmstadt, Franzstrasse 30-36 [9].

En 1982, le photographe Raffael Rheinsberg (de) dédie son livre Botschaften. Archäologie eines Krieges à Emmy Zehden[10],[11].

Les Témoins de Jéhova sont considérés comme des « victimes oubliées » de l'ère nazie : plus de 1 500 d'entre eux sont morts dans les prisons et les camps de concentration ou ont été exécutés. Le Bundestag décide, en , la construction d'un mémorial pour les Témoins de Jéhovah persécutés et assassinés pendant l'époque nazie qui se situera à Berlin-Tiergarten[12].

Bibliographie

  • (de) Horst Schmidt, Der Tod kam immer montags. Verfolgt als Kriegsdienstverweigerer im Nationalsozialismus. Eine Autobiografie, Hans Hesse, (ISBN 3-89861-201-5)
  • Brigitte Oleschinski, Le Mémorial de Plötzensee, Mémorial de la résistance allemande, (lire en ligne)
  • (de) Hans-Rainer Sandvoß, Widerstand in Spandau - Band 3 der Schriftenreihe über den Widerstand in Berlin von 1933 bis 1945, Gedenkstätte Deutscher Widerstand, (ISSN 0175-3592), p. 153-159

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Notes et références

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