Empire du soleil
film sorti en 1987
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Empire du soleil (Empire of the Sun) est un film américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1987. Il est inspiré du roman du même nom de J. G. Ballard, lui-même basé sur la vie de l'écrivain. Le film met en scène Christian Bale et John Malkovich, entre autres.
| Titre québécois | L'Empire du soleil |
|---|---|
| Titre original | Empire of the Sun |
| Réalisation | Steven Spielberg |
| Scénario | Tom Stoppard |
| Musique | John Williams |
| Acteurs principaux |
Christian Bale John Malkovich |
| Sociétés de production |
Amblin Entertainment Warner Bros. |
| Pays de production |
|
| Genre | drame |
| Durée | 152 minutes[1] |
| Sortie | 1987 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
En 1941, alors que la seconde guerre sino-japonaise fait rage dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, Jamie Graham, un jeune garçon britannique issu de la haute société, mène une existence privilégiée au sein de la concession internationale de Shanghai. Après l'attaque de Pearl Harbor, les forces japonaises prennent le contrôle de la zone. Alors que sa famille tente d'évacuer la ville, Jamie est séparé de ses parents. Convaincu qu'ils reviendront, il retourne dans leur demeure et y survit quelque temps seul avant de partir à la recherche de nourriture.
Errant dans une ville bouleversée par l'occupation, Jamie rencontre deux expatriés américains, Basie et Frank, qui vivent d'escroqueries. Basie le surnomme bientôt « Jim ». Incapables de le vendre ou de s'en débarrasser facilement, les deux hommes acceptent de le suivre jusqu'à son ancien quartier afin de piller les maisons abandonnées. Jim découvre alors que sa maison est désormais occupée par des soldats japonais. Tous trois sont arrêtés puis internés dans le camp civil de Lunghua, avant d'être transférés dans un camp d'internement près de Suzhou.
En 1945, alors que la guerre touche à sa fin, Jim parvient à survivre malgré les privations grâce à un réseau de troc qu'il a développé au sein du camp. Le docteur Rawlins, médecin britannique interné, devient pour lui une figure paternelle. Jim entretient également une relation particulière avec le sergent Nagata, commandant du camp, ainsi qu'avec un jeune élève-pilote japonais qu'il rencontre à travers les barbelés.
Lors d'un incident au camp, Jim échappe à une patrouille japonaise grâce à l'intervention discrète de son jeune ami pilote. Plus tard, lorsque Nagata découvre des vols commis dans les baraquements, Basie est brutalement puni. Cette épreuve rapproche davantage le jeune garçon et l'Américain.
Peu après, le camp est attaqué par des chasseurs américains P-51 Mustang. Fasciné par ce spectacle qu'il considère comme un signe de libération, Jim grimpe au sommet d'une pagode pour observer le raid. Rattrapé par le docteur Rawlins, il s'effondre en larmes en avouant qu'il ne se souvient presque plus du visage de ses parents. À la suite de l'attaque, les Japonais évacuent le camp. Son ami pilote se prépare alors à une mission kamikaze, mais son avion refuse de décoller.
Les prisonniers sont contraints de marcher à travers la campagne dans des conditions extrêmement difficiles. Beaucoup succombent à la faim, à l'épuisement ou à la maladie. En chemin, Jim découvre que Basie est parti sans lui dire adieu. Arrivé au stade de Nantao près de Nantong, où les Japonais ont entreposé de nombreux biens confisqués aux habitants de Shanghai, il reconnaît la voiture de ses parents. Cette nuit-là, il assiste au loin aux lueurs provoquées par le bombardement atomique de Nagasaki.
Après la capitulation du Japon, Jim retourne seul vers l'ancien camp. Il retrouve le jeune pilote japonais, qui lui offre une mangue. Leur rencontre est toutefois interrompue lorsqu'un Américain, croyant Jim menacé, abat le jeune homme. Basie réapparaît alors avec un groupe d'Américains venus récupérer les cargaisons parachutées par la Croix-Rouge et propose à Jim de les accompagner, mais celui-ci refuse.
Finalement recueilli par des soldats américains dirigés par le colonel George Marshall, Jim est conduit dans un centre d'accueil de la Croix-Rouge. Il y retrouve ses parents après des années de séparation. Cependant, profondément marqué par la guerre et les épreuves qu'il a traversées, il semble à peine les reconnaître.
Fiche technique
- Titre français : Empire du soleil
- Titre québécois : L'Empire du soleil
- Titre original : Empire of the Sun
- Titre en français pour la ressortie DVD au Benelux : L'Empire du soleil
- Scénario : Tom Stoppard avec la participation non créditée de Menno Meyjes, d'après le roman de J. G. Ballard
- Musique : John Williams
- Décors : Norman Reynolds
- Costumes : Bob Ringwood
- Directeur de la photographie : Allen Daviau
- Montage : Michael Kahn
- Producteurs : Kathleen Kennedy, Frank Marshall et Steven Spielberg
- Société de production : Amblin Entertainment
- Société de distribution : Warner Bros.
- Budget : 38 millions de dollars[2]
- Pays de production :
États-Unis - Langues originales : anglais, japonais, mandarin
- Format : Technicolor • 1.85 : 1 • 35mm/70mm - son 70 mm 6-Pistes (70mm) / Dolby SR (35mm)
- Durée : 152 minutes
- Dates de sortie[3] :
- États-Unis :
- France :
Distribution
- Christian Bale (VF : Guillaume Boisseau) : James « Jim » Graham
- John Malkovich (VF : Michel Papineschi) : Basie
- Miranda Richardson (VF : Céline Monsarrat) : Mme Victor
- Nigel Havers (VF : Gérard Berner) : le Dr Rawlins
- Joe Pantoliano (VF : Philippe Peythieu) : Frank Demerest
- Leslie Phillips (VF : Roland Ménard) : Maxton
- Masatô Ibu : le sergent Nagata
- Emily Richard : Mary Graham, la mère de Jim
- Rupert Frazer (en) (VF : Hervé Bellon) : John Graham, le père de Jim
- Peter Gale (VF : Marcel Guido) : M. Victor
- Ben Stiller (VF : Thierry Ragueneau) : Dainty
- Ralph Seymour (en) : Cohen
- Robert Stephens (VF : Roland Ménard) : M. Lockwood
- Burt Kwouk (VF : Jean-Claude Montalban) : M. Chen
- Sylvia Marriott : Mme Partridge
- J. G. Ballard : un invité de la fête costumée (non crédité)
Production
Genèse et développement
Warner Bros. acquiert les droits du roman semi-autobiographique Empire du soleil (Empire of the Sun, 1984) de J. G. Ballard, qui a reçu le prestigieux prix James Tait Black Memorial. Initialement, c'est Harold Becker qui est envisagé à la réalisation avec Robert Shapiro comme producteur[4]. Une première ébauche de script est écrite par Tom Stoppard, avec la brève collaboration de l'auteur J. G. Ballard[5]. Alors que Harold Becker quitte finalement le projet, David Lean reprend la réalisation et Steven Spielberg le rôle de producteur[6]. Mais David Lean finit par abandonner à son tour : « J'ai travaillé dessus pendant environ un an et j'ai fini par abandonner parce que je trouvais qu'il ressemblait trop à un journal. C'était bien écrit et intéressant, mais je l'ai donné à Steve[4]. » Steven Spielberg reprend alors le projet en main[4], car il y voit quelque chose de très personnel. Il y retrouve par ailleurs des similitudes avec Le Pont de la rivière Kwaï de David Lean, qui était l'un de ses films préférés quand il était jeune. De plus, le cinéaste est fasciné par les avions militaires de la Seconde Guerre mondiale notamment après les histoires racontées par son père qui était opérateur radio sur un North American B-25 Mitchell sur le théâtre des opérations de Chine-Birmanie-Inde[4]. Steven Spielberg engage Menno Meyjes comme script doctor avant que Tom Stoppard finalise le script[5].
Attribution des rôles
Ce film marque les débuts de Christian Bale, qui était alors âgé de 13 ans. Steven Spielberg a d'ailleurs eu beaucoup de mal à trouver l'interprète de ce rôle, il avait en effet auditionné près de 400 enfants[7]. C'est son épouse de l'époque, Amy Irving, qui lui aurait conseillé Christian Bale après avoir tourné avec lui la mini-série Anastasia (1986)[8].
J. G. Ballard fait un caméo dans le film, dans le rôle d'un invité de la fête costumée au début du film.
Tournage
Empire of the Sun est tourné à Shanghai et en Espagne. Les prises de vues débutent le [9] pour une durée de 16 semaines[10].
L'équipe a fait de nombreux repérages en Asie pour trouver des décors ressemblant au Shanghai de 1941. Des négociations avec le studio de cinéma de Shanghai de la China Film Group Corporation débutent en 1985[11]. Après un an de contacts, une autorisation pour trois semaines de tournage est accordée pour . C'est le premier film américain tourné en Chine depuis les années 1940[5],[7],[12]. Près de 5 000 figurants locaux sont engagés notamment pour les scènes lors de l'occupation de Shanghai par les Japonais. Des membres de l'armée populaire de libération incarnent des soldats japonais[13]. Outre la Chine, les prises de vues ont lieu à Trebujena en Andalousie, ainsi qu'au Royaume-Uni : les Elstree Studios de Borehamwood, Knutsford dans le comté de Cheshire ou encore Sunningdale dans le Berkshire[11]. David Lean rend visite plusieurs fois à Steven Spielberg lors du tournage sur le sol britannique[5].
Les avions japonais utilisés dans le film, les fameux « Zéros », sont en réalité des Harvards américains modifiés[7].
Bande originale
| Sortie | 1987 |
|---|---|
| Durée | 54:11 |
| Label | Warner Bros. Records |
Tous les morceaux ont été composés ou arrangés par John Williams. La bande originale du film est sortie en 1987 chez Warner Bros. Records. Elle contient notamment la chanson Suo Gân (cy), une célèbre berceuse galloise, choisie par Spielberg en raison des origines de Christian Bale[7][réf. non conforme].
- Suo Gân – 2:19
- Cadillac Of The Skies – 3:48
- Jim's New Life – 2:33
- Lost In The Crowd – 5:39
- Imaginary Air Battle – 2:35
- The Return To The City – 7:45
- Liberation : Exultate Justi – 1:46
- The British Grenadiers (traditionnel) – 2:25
- Toy Planes, Home And Hearth (Frédéric Chopin, Mazurka, opus 17 n° 4) – 4:37
- The Streets Of Shanghai – 5:11
- The Pheasant Hunt – 4:24
- No Road Home / Seeing The Bomb – 6:10
- Exultate Justi – 4:59
Accueil
Distinctions
Sauf mention contraire, cette liste provient d'informations de l'Internet Movie Database[17].
Récompenses
- National Board of Review Awards 1987 :
- Meilleur film
- Meilleur réalisateur : Steven Spielberg
- Meilleur jeune acteur : Christian Bale
- Christopher Awards 1987 :
- Meilleur film
- American Society of Cinematographers Awards 1988 :
- Meilleure photographie d'un film : Allen Daviau
- Kansas City Film Critics Circle Awards 1988 :
- Meilleur réalisateur : Steven Spielberg
- BAFTA Awards 1989 :
- Meilleure photographie : Allen Daviau
- meilleure musique de film : John Williams
- Meilleur son : Charles L. Campbell, Louis L. Edemann, Robert Knudson et Tony Dawe
- Young Artist Awards 1989 :
- Meilleur film familial dramatique
- Meilleur jeune acteur d'un film dramatique : Christian Bale
Nominations
- Meilleure direction artistique : Norman Reynolds et Harry Cordwell
- Meilleure photographie : Allen Daviau
- Meilleure création de costumes : Bob Ringwood
- Meilleur montage : Michael Kahn
- Meilleure musique de film : John Williams
- Meilleur mixage de son : Robert Knudson, Don Digirolamo, John Boyd et Tony Dawe
- Golden Globes 1988 :
- Meilleur réalisateur : Steven Spielberg
- BAFTA Awards 1989 :
- Meilleurs costumes : Bob Ringwood
- Meilleure direction artistique : Norman Reynolds
- Meilleur scénario adapté : Tom Stoppard
- Grammy Awards 1989 :
- Meilleur album écrit pour le cinéma ou la télévision : John Williams
Analyse
Ce film fait partie des œuvres « sérieuses » de Steven Spielberg, dans la lignée de Rencontres du troisième type, de La Couleur pourpre, et qui se trouve dans le même esprit de respect de l'histoire que Il faut sauver le soldat Ryan ou que La Liste de Schindler. De plus, ce film exprime pleinement le style de son auteur, aussi bien du point de vue visuel que pour les thèmes de prédilection. On parle souvent de l'enfance, de la guerre, de la séparation d'avec les parents.
