Empire kong
ancien pays
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L’empire Kong (1710-1898), aussi connu sous le nom d'empire Ouattara (ou Wattara), est un État Dioula musulman pré-colonial d'Afrique[1] situé au nord-est de la Côte d'Ivoire et s'étendant sur une partie de l'actuel Burkina Faso et sud du Mali.
| Capitale | Kong |
|---|---|
| Langue(s) | Dioula, Sénoufo |
| Religion | Animisme, Islam |
| 1895 | Détruit par l'Empire de Samory (Ouassoulou) |
|---|---|
| 1898 | Divisé entre Haute-Volta et Côte d'Ivoire par la France |
| 1690 - 1750 | Sékou Oumar Ouattara |
|---|---|
| 1750 (4 mois) | Samandougou Ouattara |
| 1750 - 1756 | Kombi Ouattara |
Entités suivantes :
Débuts
Un véritable État centralisé émerge avec le gouvernement du clan Taraweré ou Jammu des Dioulas (ou Jula) qui combine les traditions Dioula et Sénoufo afin d'étendre leur autorité sur la région environnante. Grâce à l'alphabétisation due à leur tradition islamique et à leur expérience commerciale, ils transforment la cité de Kong en une ville marchande de premier plan pour les échanges de produits venus du désert du nord — le sel et le tissu — et ceux venus des forêts du sud — la cola, l'or et les esclaves.
Histoire
Période Ouattara
Kong, dans le nord-ouest de l'actuelle Côte-d'Ivoire, est un ancien royaume d'Afrique de l’Ouest situé dans le bassin hydrographique de Bandama-Comoé, favorisant les courants migratoires de cette région, qui dès le XIe siècle développa le commerce d'or, fer, sel, bois, peaux et esclaves avec le Maghreb[2].
Au XVIIIe siècle, Kong devient la capitale du royaume dioula fondé en 1710 par Sékou Ouattara[3] qui, pour propager l'islam dans son royaume, y fit détruire les effigies, lieux sacrés, temples et sanctuaires des religions traditionnelles africaines. Parallèlement, il fit adopter le dioula comme langue véhiculaire[2]. Voulant étendre son pouvoir, Sékou Ouattara[3] convoite la ville de Bobo-Dioulasso située au sud de l'actuel Burkina Faso, carrefour privilégié pour le commerce (commerces de la kola, du sel gemme, de chevaux et de l'or) qui représente un « débouché naturel des richesses du Sahara »[4].
Famagan Ouattara, frère de Sékou, intègre la ville de Bobo-Dioulasso à l'empire de Kong en 1737-38, qui dès lors s'agrandit du territoire du Gwiriko (ou Gouyrikou) comprenant la rive droite de la Volta noire, le pays Bouaba et le Siamou[5]. « Au milieu du XVIIIe siècle, les Watara contrôlent toutes les routes commerciales depuis Djenné au nord jusqu'à Grumanya au sud. »[2]

Apogée
Dans les années 1730, l'empire Kong est devenu le plus grand État de l'Afrique occidentale au sud du fleuve Niger. Il s'étend sur des centaines de kilomètres à l'ouest et au nord, et gouverne un grand nombre de groupes ethniques musulmans et non musulmans.
Sékou meurt en 1745, laissant le trône à son fils Samanogo (ou Samanogou) qui sera déposé par son frère Koumbi trois ans plus tard. Sous le règne de Koumbi, la ville de Kong voit la fondation de plusieurs académies islamiques et s'élever de nouvelles mosquées et autres lieux de culte, ainsi que des bibliothèques[2]. L'historien Joseph Ki-Zerbo considère le Gwiriko comme l'Empire dioula des Ouattara[6].
Sékou Ouattara meurt en 1745 et est remplacé par des famas capables, le premier étant Koumbi Ouattara. Sous leur règne, Kong reste un centre commercial et devient aussi un centre d'études islamiques. La mosquée du vendredi de Kong, dont la construction a précédé la dynastie Ouattara de Kong d'un siècle, attire des érudits musulmans en provenance de tout le Sahel. Mori Maghari est couronné fama après Koumbi et gouverne aussi avec succès.
Kong a des échanges avec d'autres États en Côte d'Ivoire, notamment l'État du peuple Abron/Bono/Brong/Gyaman ou le royaume de Gyaman. Avec un approvisionnement ininterrompu de commerçants, Kong envoie des conseillers et des devins qui sont essentiels au fonctionnement de la cour royale d'Abron. Leurs marchands sont autorisés à commercer sans taxes sur leurs produits. Kong fournit aussi des troupes à Gyaman pour repousser la confédération Asante, dite Empire ashanti, à l'est.

Déclin et chute
Après la mort de Fama Maghari en 1800, les famas successifs sont en butte à la résistance croissante des divers groupes ethniques et religieux de l'empire. En 1887, Samory Touré envahit et détruit la ville de Kong après que ses dirigeants aient refusé de se soumettre et de participer à sa campagne contre la France.
Après la défaite de Samory, Kong retrouve son indépendance pendant une brève période. Le , le souverain Karamokho-Oulé Ouattara signe un traité de protectorat avec l'explorateur Louis-Gustave Binger. L'empire tombe sous la domination coloniale française en 1898.
L'empire Kong est divisé entre deux colonies, la Côte d'Ivoire et la Haute-Volta (actuel Burkina Faso). Kong n'est définitivement plus qu'une petite ville après que le gouvernement français ait fixé le parcours de la ligne ferroviaire 70 km à l'ouest de cette dernière.
Bibliographie
- Georges Niamkey Kodjo, Le royaume de Kong (Côte d'ivoire), des origines à la fin du XIXe siècle, Éditions L'Harmattan, coll. « Études africaines », , 378 p. (lire en ligne)
- Louis Tauxier et Edmond Bernus, Les états de Kong (Côte d'Ivoire), Éditions Karthala, coll. « Rrelire », , 254 p. (lire en ligne)