Enceinte de Mons
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| Destination initiale |
Fortifications militaires défensives |
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IXe siècle |
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| Coordonnées |
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L'enceinte de Mons est un ensemble de fortifications qui protégeaient la ville de Mons (province de Hainaut) du IXe siècle au XIXe siècle. Elle comprennent l'enceinte comtale (démantelée au XIXe siècle), l'enceinte espagnole et de Vauban (démantelées au XVIIIe siècle) et l'enceinte hollandaise, élément constitutif de la barrière Wellington (construite par le Royaume uni des Pays-Bas au début du XIXe siècle et démantelée dans la seconde moitié du XIXe siècle).
Enceintes médiévales (IXe siècle au XVIe siècle)
Au IXe siècle, Mons devient un enjeu militaire à la suite de l'implantation des Vikings à Condé-sur-l'Escaut en 876. Le premier comte de Hainaut (Lotharingie), Régnier au Long Col, construit une première forteresse Castri Locus. Celle-ci a été en grande partie construite en bois, sans doute au départ d'une motte castrale aménagée sur un endroit déjà naturellement surélevé. Cette forteresse est prise et réduite en cendres en 956, sous Régnier III, comte de Hainaut[1].
Vers le milieu du XIe siècle, le château comtal de Mons (ou château des comtes de Hainaut) et la chapelle Saint-Calixte sont érigés en grès de Bray. Au milieu du XIIe siècle, les comtes de Hainaut Baudouin IV et Baudouin V font reconstruire le château comtal et érigent une enceinte nouvelle, dite « comtale ». Cette enceinte englobe le « castrum » dont elle constitue une défense avancée. Elle est la première place forte du comté de Hainaut avec 325 mètres de longueur et une superficie totale de plus d'un demi-hectare[2].
En 1290, Jean II d'Avesnes construit la deuxième fortification[3] qui, à la différence de la première, défend aussi la ville et non plus seulement le château : cette enceinte urbaine (frumeteit ou fermetei(t) en picard montois) est percée de six portes[4]. La Tour César est érigée au XIIIe siècle ou XIVe siècle et la conciergerie au XIVe siècle[5]. En 1380, la Tour à l'horloge qui fait partie de l'enceinte comtale est érigée par Roland de Bruxelles. Avec les progrès de l'artillerie, la Guérite (entrée de la rivière Trouille), les portes d'Havré et du Parc sont équipées de plates-formes à canon. Les remparts sont entourés de douves et de deux étangs à l'est : l'étang des Prêtres et l'étang des Apôtres. Á ceux-ci s'ajoutent des marais inondables grâce à un système d'écluses retenant les eaux de la rivière Haine (au nord) et de la rivière Trouille (au sud).
Á partir de 1433, le château comtal de Mons se délabre, étant délaissé après l'annexion du comté de Hainaut par le duché de Bourgogne.
Lors de la guerre de Quatre-Vingts Ans, la cité de Mons est prise par surprise au printemps 1572 par les troupes protestantes des Provinces-Unies et des huguenots français emmenés par Louis de Nassau. Les tercios espagnols de Ferdinand Alvare de Tolède après avoir assiégé la forteresse de Mons et mis en déroute les forces de Guillaume d'Orange qui tentaient de la secourir, obtiennent sa reddition.
Galerie
- Tour Valenciennoise (1359).
- Conciergerie du château comtal (XIVe siècle).
- Mons et ses remparts au XVIe siècle.
- Siège de Mons (mai-septembre 1572) par Don Fernando Álvarez de Tolede, duc d'Albe.
Enceintes des guerres de Louis XIV et Louis XV (XVIIe et XVIIIe siècles)
Au XVIIe siècle, Mons devient un des enjeux des guerres de Louis XIV, roi de France. Devant la faible capacité de résistance des remparts médiévaux de Mons face aux progrès de l'artillerie, il est décidé de renforcer considérablement ses défenses. Le , le roi Philippe IV d'Espagne autorise la ville de Mons à lever des fonds pour couvrir les frais de fortification. En 1661, la Tour à l'horloge s'écroule de vétusté. Á partir de 1662, le beffroi de Mons est construit à son emplacement. L'architecte, entrepreneur et sculpteur Louis Ledoux réalise les fondations. Á sa mort en 1667, Vincent Anthony dirige les travaux, qui s'achèvent le . Il est de style baroque, avec un décor classique ; les murs sont en grès de Bray. Sa fonction est d'assurer le guet et de sonner les heures[2].

De mai à , l'ingénieur Salomon Van Es est envoyé par le comte Francisco de Castel Rodrigo, gouverneur espagnol des Pays-Bas pour « assister aux fortifications ».autorisées par le roi Philippe IV. Des bastions à orillons attachés sont érigés autour desquels l'on trouve des bastions. Des ouvrages à cornes détachés de la place protègent les portes d'Havré, de Nimy, du Rivage et de Bertaimont. Des ouvrages en queue d'aronde défendent les abords des portes du parc et de la Guérite.(entrée de la Trouille). Un ouvrage en crémaillère en avant de la porte de Nimy contrôle la route de Bruxelles. De simples bastions en terre ou en maçonnerie sont disposés tout autour de la place devant les remparts médiévaux et séparés d'eux par un large fossé de 30 à 40 m de largeur et de 3 m de profondeur. Devant les portes les plus vulnérables (porte de Bertaimont et porte de Nimy) sont disposées des demi-lunes destinées à recevoir des canons et des défenseurs. Des contre-gardes en terre placées devant les avant-fossés couvrent les bastions et les demi-lunes. Le bastion des Récollets dont les flancs hérissés de piquets jointifs et acérés à l'est de la porte de Bertaimont sont rehaussés d'un cavalier de terre (butte qui sert de batterie) destiné à porter une batterie de huit canons. Un second cavalier de terre est érigé à l'ouest de la porte de Bertaimont. Tous ces ouvrages défensifs sont entourés d'avant-fossés de 25 à 30 m de largeur et d'environ 5 m de profondeur. En plus de tous ces dispositifs, des inondations peuvent être tendues sur tout le pourtour et rendre les accès impossible ailleurs que par les portes de la ville. Neuf casernes dont une dotée d'écuries sont construites pour héberger la troupe en 1683 à la porte de Bertaimont[6].
Ces travaux n'empêchent pas Mons et ses fortifications d'être encore assiégées à deux reprises. En 1678, au cours de la Guerre de Hollande, le maréchal de Luxembourg assiège Mons. À la suite de la bataille de Saint-Denis, le siège finit par être levé. Du au , lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, la ville est à nouveau assiégée par les troupes du maréchal de Luxembourg, en présence de Louis XIV, Vauban dirigeant les travaux de siège[7]. La ville tombe et Louis XIV nomme gouverneur Nicolas de La Brousse, comte de Verteillac. Vauban est chargé d'améliorer considérablement le système défensif de la ville[8]. Il fait construire des redoutes le long des rivières de la Trouille et de la Haine. Dix ouvrages à corne sont construits dont un triple s'échelonnant devant la porte de Nimy. D'autres ouvrages sont agrandis. Six casernes de cavalerie et trois d'infanterie voient le jour[6]. La place forte de Mons devient ainsi une des plus imposantes des Pays-Bas méridionaux couvrant environ 210 ha[9].
En 1718, la cour souveraine du Hainaut, quitte l'ancien château de Mons qui, par faute d'entretien, se dégrade. Vers 1725, un important ouvrage détaché est érigé sur la rive nord de l'étang des Apôtres pour contrôler le Mont-Saint-Lazare. En 1746, à l'issue du dernier siège de Mons par le prince Louis-François de Bourbon-Conti, les fortifications de Vauban sont systématiquement arasées à la mine par l'armée française, hormis un ouvrage à corne et l'enceinte médiévale[6].
Galerie
- Mons, lors du siège de 1691 par l'armée de Louis XIV.
- Louis XIV acceptant la capitulation de Mons en 1691 par Jean-Baptiste Martin Le Vieux.
- Sébastien le Prestre de Vauban, maréchal de France.
Enceinte hollandaise (XIXe siècle)
Une fois l'empire napoléonien révolu, le Royaume uni des Pays-Bas décide de renforcer les remparts de Mons dans le cadre de la barrière Wellington dressée face à la France à l'instigation du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. En 1818, les anciens remparts médiévaux sont abattus hormis la Tour valenciennoise qui est rabotée d'un étage. De 1818 à 1827, est érigée à leur place la nouvelle forteresse constituée de 14 bastions, quatre portes néo-classiques (porte de Nimy, porte d'Havré, porte de France et porte du Rivage), des casemates, la boulangerie militaire et la caserne Guillaume (construite par architecte et ingénieur Remi de Puydt).
Pendant la Révolution belge, les patriotes belges de Mons s'emparent le des portes de l'enceinte de la ville, gardées par les soldats. Le , les combats commencent au moment où le général Otto Christopher von der Howen est envoyé à Mons pour reprendre le contrôle des troupes du roi et des portes de la ville. Le , une fusillade fait onze morts et trente blessés à la porte de Nimy[10]. Le , la forteresse tombe aux mains des Belges, mettant fin aux combats.
La ville perd son statut de ville forte dès l'indépendance de la Belgique en 1830. Le démantèlement des fortifications hollandaises a lieu entre 1861 et 1864, sous le maïorat de Désiré Dethuin. Son successeur, François Dolez trace deux ceintures de boulevards à leur emplacement : le boulevard intérieur sur le site de la fortification dite « urbaine » et le grand boulevard sur les fondations du mur néerlandais. Les restes du château comtal et la Tour César sont également rasés au XIXe siècle, seuls la chapelle Saint-Calixte (XIIIe siècle), la conciergerie et le beffroi de Mons étant préservés.


