Enceinte des Arcis

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Destination initiale
fortification
Destination actuelle
[monument disparu]
Construction
XIe ou XIIe siècle
Pays
Enceinte des Arcis
En bas de la gravure, la porte médiévale Saint-Vincent à l'emplacement de l'angle sud-ouest du mur des Arcis (extrait d'une gravure de Georg Braun et Frans Hogenberg, 1572).
Présentation
Destination initiale
fortification
Destination actuelle
[monument disparu]
Construction
XIe ou XIIe siècle
Localisation
Pays
Département
Région historique
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de l’Indre-et-Loire
voir sur la carte de l’Indre-et-Loire
Localisation sur la carte de Tours
voir sur la carte de Tours

L'enceinte des Arcis est une enceinte urbaine de la commune française de Tours dans le département d'Indre-et-Loire.

Elle est construite contre le flanc ouest de l'enceinte gallo-romaine de la ville pour en agrandir le périmètre remparé. Son édification remonte sans doute au XIe ou XIIe siècle après la construction du pont sur la Loire qui aboutit dans son angle nord-est mais les sources à son sujet sont rares. Elle a une vocation défensive certaine mais joue également un rôle politique dans la guerre d'influence que se livrent la vieille ville de Tours face au bourg de Châteauneuf en plein développement un kilomètre plus à l'ouest car elle se veut le témoignage de la prospérité d'une ville qui s'agrandit et dont l'autorité et le prestige pèsent sur sa rivale.

Son tracé est presque totalement perdu à l'époque contemporaine car elle est remplacée au XIVe siècle par un nouveau rempart protégeant une zone beaucoup plus vaste englobant notamment les deux noyaux urbains ; en outre, le quartier est bombardé en et il n'en reste presque aucun vestige attesté.

Le terme « Arcis », formé sur le verbe latin ardere indique généralement un lieu défriché par brûlis[1]. Dans le cas présent, cette étymologie n'est pas certaine et le mot peut aussi symboliser la « reconquête urbaine » d'un territoire habité à l'époque gallo-romaine mais délaissé au Bas Moyen Âge[2].

Le bourg des Arcis, à l'ouest de l'enceinte gallo-romaine (cité de Tours) naît peut-être au contact de voies anciennes parallèles à la Loire (actuelles rues de la Scellerie et Colbert) dont la fréquentation est accrue par la construction, à partir des années 1030, du pont d'Eudes sur la Loire qui aboutit à l'angle nord-est du bourg[3]. S'y installent des artisans et des marchands[4]. Il commence très probablement à se développer avant d'être fortifié. Il apparaît au XIIe siècle comme un secteur au parcellaire très morcelé, où la part de la voirie[5] et des parcelles non construites (certaines encore humides ou marécageuses[6]) est grande.

Tracé d'une enceinte médiévale reporté sur le plan moderne d'une ville
OpenStreetMap L'enceinte médiévale de Tours[7].

L'enceinte, pour sa part, date probablement du XIe ou XIIe siècle selon les auteurs[8] mais aucune datation plus précise ne peut être proposée[9],[10]. Certains historiens évoquent le XIe siècle[11], d'autres l'époque du règne d'Henri II Plantagenêt[12],[13].

Lors de la construction de l'enceinte médiévale au XIVe siècle, la face occidentale de l'enceinte des Arcis, sans utilité puisque la nouvelle enceinte s'appuie sur ses angles nord-ouest et sud-ouest, est délaissée ou sert de base à des constructions[14],[15] ; en outre, mal entretenue car son statut et ses propriétaires sont mal définis, elle est déjà en mauvais état. C'est le cas notamment de son angle nord-ouest[16]. Les flancs nord et sud, plus ou moins réparés ou rebâtis, sont intégrés à la nouvelle enceinte[17].

Fonction

Limite d'une urbanisation ancienne reportée sur le plan moderne d'une ville.
OpenStreetMap Tours vers l'an 900[N 1].

La muraille des Arcis vise à protéger le secteur situé à l'ouest de l'enceinte gallo-romaine qui comprend aussi l'hôtel-Dieu ainsi que l'église Saint-Maurice dont la façade, établie à cheval sur cette muraille antique, est vulnérable. En outre, elle sécurise l'accès au pont, aucun autre point de franchissement permanent de la Loire n'existant à plusieurs kilomètres en amont ou en aval[6].

Si l'édification de l'enceinte des Arcis répond donc à une nécessité militaire, elle peut également avoir une portée politique et religieuse. Tours est alors un espace urbanisé avec deux entités bien distinctes, dont un noyau en plein essor autour de la basilique Saint-Martin à l'ouest, protégé dans le premier quart du Xe siècle par l'enceinte de Châteauneuf mais qu'il a largement débordée. Il importe aux édiles de la cité (comtes de Touraine, chapitre métropolitain et archevêque) de montrer que leur cité grandit elle aussi et qu'elle est elle également protégée. En s'appropriant ces quartiers nouvellement urbanisés, la cité espère affirmer de manière ostentatoire, sa suprématie et son prestige face à Châteauneuf placé sous la protection du roi de France[19].

Localisation et vestiges

Notes et références

Voir aussi

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