Enregistrement multipiste
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L'enregistrement multipiste est une méthode d'enregistrement sonore qui permet l'enregistrement et le réenregistrement de plusieurs sources sonores, simultanément ou successivement.
Ce procédé permet d'enregistrer séparément plusieurs musiciens (ou groupes de musiciens) et de corriger ou d'améliorer, grâce à de nouvelles prises, l'interprétation des uns ou des autres, sans avoir à reprendre l'ensemble.
En audiovisuel, les pistes servent au dialogue, aux bruits d'ambiance, à la musique.
Débuts : enregistrements analogiques sur bande
L'enregistrement multipiste était possible en son sur les pistes optiques du cinéma sonore. Les studios Disney l'ont fait pour Fantasia en 1940. La bande magnétique facilite grandement le processus : il est possible d'enregistrer différentes pistes sur les différentes parties de la même bande, puis de les lire simultanément. Le premier musicien à avoir utilisé l'enregistrement magnétique multipiste est le guitariste Les Paul. Ampex fabriqua les premiers magnétophones multipistes (bi pistes) commercialisés en 1954[1].
Tom Dowd, ingénieur en chef d'Atlantic Records, expérimente dans les années 1950 et 1960 l'enregistrement sur plusieurs pistes. Cela lui permet de séparer la section rythmique (basse, batterie...) en plusieurs pistes, et ainsi de mettre en avant les fréquences graves et aiguës des différents instruments de manière distincte[1].
Des groupes comme les Beach Boys et les Beatles exploitent largement les possibilités de l'enregistrement multipiste[1]. Au début de leur carrière, les Beatles enregistrent en mono sur un magnétophone à deux pistes. En , pour l'enregistrement de leur single I Want to Hold Your Hand, ils passent au 4 pistes, puis innovent avec l'utilisation du 8 pistes en 1968.
Ils entraînent dans leur sillage toute la production de musique commerciale. L'enregistrement multipiste se développe rapidement à la fin des années 1960 (8 pistes) et au début des années 1970 : 16, 24 puis 32 pistes[1] grâce à la réduction de bruit audio Dolby qui, à partir de 1965, combat la dégradation du rapport signal sur bruit inhérente à des pistes toujours plus étroites.

Dans les années 1970, les magnétophones analogiques offrent des capacités allant jusqu'à 24 ou même 32 pistes avec des bandes magnétiques qui pouvaient atteindre 2 pouces de largeur.
En cinéma, le son enregistré sur des bandes perforées comme celle de l'image permettait de synchroniser un bon nombre de bobines, enregistrées séparément. La synchronisation électronique par timecode a plus tard permis de combiner, après quelques secondes au démarrage, les pistes des plusieurs machines, ce qui multiplie le nombre de pistes disponibles (par exemple : 2 * 48 = 96 pistes).
Numérique sur bande
Les enregistreurs numériques linéaires, comme le Sony 3324, permettent d'enregistrer 24, puis 32 puis 48 pistes. Ils peuvent proposer des pistes longitudinales, comme les magnétophones analogiques ; mais c'est l'utilisation de magnétoscopes à têtes rotatives pour enregistrer du son qui a promu l'enregistrement numérique. Ces machines sont dotés d'une piste de code temporel qui permet la synchronisation de plusieurs machines.
Numérique non linéaire

La station audionumérique (informatique) permet d'enregistrer du son et d'accéder instantanément à n'importe quelle partie de l'enregistrement sans bobiner des longueurs de bande. Elle devient la norme dans les studios d'enregistrement à la fin du XXe siècle[2].
Dans les systèmes informatiques devenus beaucoup plus rapides que les enregistreurs, les échantillons sont enregistrés sans lien nécessaire avec leur position dans le flux audio.
Depuis les années 2000, un artiste peut avec un ordinateur, une carte son et un seul logiciel, enregistrer, copier/coller, mixer. L'interface graphique des logiciels permet des modifications immédiates. La musique assistée par ordinateur s'est développée parallèlement au dessin assisté par ordinateur dès les années 1980. Les stations audionumérique gèrent son format, MIDI, simultanément avec les pistes audio. Dans les années 2010 et 2020, la pratique de l'enregistrement multipiste amateur s'est largement répandue, grâce à la démocratisation des cartes sons et stations audionumériques dans les home studio[2].
