Enrico Pescatore
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Enrico Pescatore est un corsaire puis amiral génois du XIIIe siècle, troisième comte de Malte et brièvement seigneur de Crète.
Il appartiendrait à une famille noble génoise, « de Castro » ou « de Castillo ». Son nom apparait pour la première fois le dans un acte où il est cité « Henricus comes de Malta », c'est-à-dire Henri, comte de Malte[1].
Enrico a épousé une fille (son nom est inconnu) de Guglielmo Grasso, deuxième comte de Malte, qui avait lui-même succédé à Margaritus de Brindisi.
Comte de Malte et corsaire
Comme son beau-père Guglielmo Grasso, Enrico est d'abord un pirate qui se sert de Malte comme d'une base à ses navires, tout en continuant à utiliser les revenus de l'île à son profit[2]. Cette activité maritime lui vaudra le surnom de Pescatore (le pêcheur).
Plus encore que Guglielmo Grasso, Enrico s'appuiera en permanence sur le soutien de Gênes, organisant une alliance tutélaire entre les activités de piraterie du comte de Malte et sa ville d'origine[3]. Ses victimes sont choisies parmi les ennemis de Gênes, qui assure en contrepartie protection et soutien à Enrico[4]. Si la distinction a un sens à cette époque[5], Enrico est donc plus corsaire que pirate, mais agit surtout à son propre profit.
Il s'associe avec un autre aventurier génois, Alamanno da Costa pour attaquer Syracuse, tenue par Pise. Ils prennent la cité le , et Alamanno prend le titre de comte de Syracuse[6].
Vers 1204-1205, Enrico reçoit à sa cour le troubadour provençal Peire Vidal[3],[6] qui célèbre Enrico en ces vers « Larcs es et arditz e cortes, et estela dels Genoes, e fai per terra e per mar tots ses enemichs tremelar »[7] (Généreux, courtois et audacieux, il est de Gênes, et fait trembler ses ennemis, sur la terre comme sur la mer). Loin de le présenter en pirate sanguinaire, le poète fait de lui un portrait noble et flatteur[5].
Seigneur de Crète
En 1206, à la tête de 5 navires et 24 galères[8] et avec le soutien de Gènes, Enrico s'attaque à la Crète que les Vénitiens viennent d'acheter en 1204. Il parvient à expulser les troupes vénitiennes de Ranieri Dandolo, avec l'aide des habitants de La Canée[8]. Enrico tente de se faire nommer roi de Crète par le pape Innocent III qui refuse sous la pression de Venise[1]. Il reste un temps seigneur de Crète, mais Gènes ne peut soutenir longtemps des troupes en Crète. Enrico est battu à Spinalonga, puis se retranche dans le château de Palékastro mais doit finalement rendre la Crète aux Vénitiens en 1211. Il obtient dans la négociation une dot importante pour le mariage de son neveu avec une Vénitienne, et lui-même se remarie avec une noble vénitienne de la famille des Basei, qui avait joué un rôle important en Crète[1].
De retour à Malte, il reçoit de l'empereur Frédéric II le droit de battre monnaie en ; une façon pour l'empereur de s'assurer la fidélité d'un personnage capital pour la stabilité maritime de la région[1]. En 1220 cependant, Frédéric II supprime cette faveur aux Génois pour limiter leur influence grandissante. Enrico prudemment ne se mêle pas aux ambassadeurs génois qui vont protester à la cour impériale. Il garde ainsi les faveurs de Frédéric II qui le nomme amiral de sa flotte en 1221, reprenant ainsi la charge de son beau-père Guglielmo Grasso[1].