Entre nous deux
From Wikipedia, the free encyclopedia
Nicolas Guillou
Monique Le Negaret
Adeline Zarudiansky
Frédérique Bel
Pijo Productions
Quaywaves Productions
| Réalisation | Nicolas Guillou |
|---|---|
| Scénario | Nicolas Guillou |
| Acteurs principaux |
Alexandra Robert Nicolas Guillou Monique Le Negaret Adeline Zarudiansky Frédérique Bel |
| Sociétés de production |
Vent d'Ouest Production Pijo Productions Quaywaves Productions |
| Pays de production |
|
| Genre | Comédie |
| Durée | 92 minutes |
| Sortie | 2010 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Entre nous deux (2010) est une comédie française réalisée par Nicolas Guillou, qui explore avec légèreté la question de l'infertilité conjugale et des pressions sociales qui l'accompagnent.
Emma (Alexandra Robert) et Thomas (Nicolas Guillou), un couple d'une trentaine d'années, tentent de fonder une famille depuis trois ans et sept mois sans succès [1]. Leurs examens médicaux sont rassurants, mais le stress quotidien — professionnel, social et familial — semble constituer un obstacle invisible. La présence envahissante des parents d'Emma, Monique (Monique Le Negaret) et Bernard (Yvan Mahé), ainsi que les déboires sentimentaux de leurs amis Christine (Frédérique Bel), Jean-Christophe (Julien Bertheux), Philippe (Laurent Chandemerle) et Brigitte (Adeline Zarudiansky), accentuent la tension du couple [1],[2].
Sur les conseils de leur gynécologue, Emma et Thomas décident de s'isoler dans les Côtes-d'Armor pour des vacances propices à la conception. Leur tentative d'éloigner les beaux-parents et de fuir leurs amis dépressifs se transforme cependant en série de mésaventures, transformant ces vacances en épreuve comique en attendant le jour « J » de l'ovulation [1],[2].
Fiche technique
- Titre : Entre nous deux
- Réalisation : Nicolas Guillou
- Scénario : Nicolas Guillou
- Photographie : Fabrice Richard
- Son : André Alperin et Bruno Lecœur
- Décors : Claude Bonniot
- Montage : Nicolas Guillou et Alexandra Robert
- Musique : Jean-Marc Illien
- Sociétés de production : Vent d'Ouest Production - Pijo Productions - Quaywaves Productions
- Pays d'origine :
France - Format : 2.39, Dolby SRD
- Durée : 88 minutes
- Budget : 640 000 euros environ
- Date de sortie :
- France :
Distribution
- Alexandra Robert : Emma
- Nicolas Guillou : Thomas
- Monique Le Negaret : Chantal
- Yvan Mahé : Bernard
- Adeline Zarudiansky : Brigitte
- Frédérique Bel : Christine
- Laurent Chandemerle : Philippe
- Julien Bertheux : Jean-Christophe
- Denise Dodé : la gynécologue
- Solange Perrin : l'hôtesse de l'air
- Anne Dauge : la psychologue
- Josette Deslandes : la mère de Christine
- Robert Deslandes : le père de Christine
- François Prévot : le pharmacien
- Cloé Geoffroy : Juliette
- Bernard Granger : l'imprimeur
Production
Genèse
Le projet naît d'une observation de l'entourage du réalisateur. Nicolas Guillou développe une réflexion sur le désir d'enfant comme phénomène intergénérationnel, articulée autour d'un triptyque : le couple, les amis et les parents [2]. La décision de traiter ce sujet grave par la comédie relève d'un parti-pris délibéré : créer une « distanciation presque salvatrice » qui évite la leçon moralisatrice ou la focalisation médicale pour privilégier le « lâcher-prise » [2],[3].
La production marque une étape significative dans le financement participatif français. À la suite de Terre de sang (2005), le réalisateur fait face à un public demandeur de participation. Via la plateforme Touscoprod, les internautes — majoritairement bretons, mais également belges et suisses — contribuent pour un total d'environ 75 000 euros, soit 10 % du budget total de 640 000 euros [2],[3],[4]. Cette démarche « démocratique » constitue une première en France pour le cinéma [3]. Installée à Gommenec'h dans les Côtes-d'Armor depuis 2002, la société Vent d'Ouest Production — fondée par Nicolas Guillou et Alexandra Robert — incarne une démarche de décentralisation cinématographique. Le tournage s'effectue intégralement en Bretagne, bénéficiant d'un accueil régional exceptionnel : entreprises ouvrant leurs locaux, artistes prêtant des œuvres, habitants apportant des produits de leurs jardins [2],[3],[4]. Le réalisateur évoque « une vraie moisson d'amour et d'amitié » [2].
Analyse
Le film adopte une approche résolument comique pour aborder l'infertilité, choix qui permet de dédramatiser sans banaliser. Le réalisateur évite l'« arc-boutement » sur une situation bloquée pour privilégier la fluidité narrative et émotionnelle [2]. Cette légèreté apparente dissimule une observation sociale précise sur l'étouffement des couples modernes, pris entre pression professionnelle, ingérence familiale et charges émotionnelles amicales.
L'architecture en triptyque — couple, amis, parents — crée un système de miroirs où chaque strate sociale répercute les angoisses des autres. Les futurs grands-parents confrontent leur propre vieillissement, tandis que les amis parents subissent une « absorption d'énergie » qui les rend indisponibles malgré eux [2].
Si le scénario ne présente pas de spécificité bretonne intrinsèque, le tournage en Côtes-d'Armor et les mentions de localités (pancartes « Ker ») ancrent le récit dans un terroir précis [4]. Cette ancrage géographique s'inscrit dans une démarche politique de décentralisation culturelle, démontrant la viabilité d'une production cinématographique en province.