Erhard Ratdolt

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Erhard Ratdolt
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Peter Löslein (d), Bernhard Maler (d), Nicolas de Francfort (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Bois gravé polychrome de l'édition Ratdolt (1485) du Sphæricum opusculum de Sacrobosco (1195–1256) expliquant les éclipses lunaires.

Erhard Ratdolt (né en 1442[réf. nécessaire] à Augsbourg ; † 1528) est un pionnier de l'imprimerie bavarois. Il travailla d'abord à Venise (1476–1485), puis à Augsbourg (1486–1522). Il fut le premier à agrémenter ses livres d'ornements gravés, et à les illustrer avec des planches gravées, et non plus enluminées.

La plus ancienne trace d'Erhard Ratdolt que l'on retrouve provient du registre de taxations de la ville d'Aubsburg en 1469. Il apparaît sans indication de profession entre 1469 et 1473, à côté de son frère Hans Ratdolt qui semble avoir repris l'entreprise de leur père comme plâtrier (Gipsgeißerei). Il apparaît ensuite comme relieur (Buchbinder) en 1474, puis comme imprimeur (Buchdrucker) en 1475 et 1476[1],[2]. Contrairement à une hypothèse relayée notamment par Gilbert Redgrave (qui n'avait pas vu qu'Erhard Ratdolt était indiqué sous une autre profession pour ces deux dernières années)[3], Erhard Ratdolt ne semble pas avoir résidé à Nuremberg[4].

Erhard Ratdolt quitte sa ville natale d'Augsbourg en 1476, et s'installe à Venise, d'abord comme associé de Bernhart Maler d'Augsbourg (dit Pictor) et de Peter Loslein (ou Lœsslein) de Langenzenn. Mais à partir de 1478, le nom de Loslein, puis celui de Maler, disparaissent des colophons de leur production imprimée, laissant visiblement Ratdolt comme seul investisseur[3]. Dès le départ, la production de Ratdolt témoigne d'un intérêt particulier pour les questions de mathématiques et d'astronomie : le premier ouvrage qu'il imprime à Venise en 1476 est en effet un exemplaire du Kalendarium de l'astronome et imprimeur Regiomontanus, et son nom semble être associé à une grande partie de la production des livres mathématiques à Venise dans la période incunable. Mais à partir de 1480, le marché du livre Vénitien subit une profonde reconfiguration à la suite du décès des imprimeurs Jean de Cologne et Nicolas Jenson, dans laquelle Ratdolt semble réussir à tirer son épingle du jeu[5]. Les choses semblent s'accélérer en particulier après 1481, d'abord avec la production de la première édition imprimée des Éléments d'Euclide, pour laquelle Ratdolt affimre avoir mis au point une technique originale pour d'impression des diagrammes[6]. Par la suite, il produit également une nouvelle édition du Traité sur la Sphère de Jean de Sacrobosco en 1482 accompagné par différents matériaux attribués à Regiomontanus et à ses collègues humanistes, puis la toute première édition imprimée des Tables alphonsines en 1483. Un prospectus de 1484 recense déjà 46 titres au catalogue de l'atelier, dont une bible in-folio, des missels et des bréviaires, les œuvres de saint Augustin et de Thomas d'Aquin, des éditions de Térence, Juvenal, Virgile, Martial, Salluste et Ovide et une douzaine d'ouvrages de droit, d'astronomie, de mathématiques et de médecine.

Au début de l'année 1486, Ratdolt retourne à Augsbourg. Une planche imprimée dans différentes écritures, datée du , avec laquelle l'imprimeur faisait la promotion de son savoir-faire, témoigne de l'ouverture d'une nouvelle imprimerie dans sa ville natale, d'où sortiront bientôt de magnifiques livres liturgiques (entre 50 et 60). De 1489 à 1491, le géomètre, astronome et médecin Johannes Engel travaille comme prote pour le compte de Ratdolt, et édite des éphémérides. On ne trouve plus trace de production imprimée de cet atelier après 1522[réf. souhaitée].

D'après les registres d'imposition de la ville, Ratdolt réside rue St. Katherine de 1486 à 1506. En 1507, il déménage dans la Frawengraben où il réside jusqu'en 1527. Le dernier ouvrage qu'il semble avoir imprimé date de 1516, date après laquelle l'imprimeur et mathématicien vénitien Johannes Santritter (de) semble reprendre une partie de sa production[7]. Le bibliographe Georg Zapf suppose qu'Erhard Ratdolt est probablement décédé cette année là, mais le 9 novembre 1527, Peter Kempter reconnaît une dette envers Erhart Ratdolt, qui est recouverte par sa veuve (Erhart Ratdoltin) et par son fils Jörg Ratdolt en 1528. Gilbert Redgrave en conclut donc que le décès de l'imprimeur a dû survenir entre les derniers mois de 1527 ou dans le courant de l'année 1528, plus de 54 ans après le début de sa carrière[8].

Frontispice du Calendarius de Regiomontanus en haut allemand, (Erhard Ratdolt, Venise 1478), avec frise et marque d'imprimeur.
Lettrines de Ratdolt : litteræ florentes

Œuvre imprimé

Eléments d'Euclide
Eléments d'Euclide imprimé en 1482.

Parmi les plus beaux incunables sortis des presses de Ratdolt, citons :

  • le calendrier de Regiomontanus (1476 en latin et en italien, 1478 en haut-allemand), premier livre imprimé avec un frontispice ornementé ;
  • les Libri civilium bellorum d’Appien d'Alexandrie en traduction latine (1477) ;
  • la première édition imprimée des Éléments d’Euclide (1482), qui se trouve être le premier livre imprimé comportant des planches de géométrie, ce dont Ratdolt se glorifie à bon droit dans la dédicace ;
  • le Sphæricum opusculum de Johannes de Sacrobosco, dont la deuxième édition (1485) est le premier livre imprimé comportant des gravures en deux teintes d'encre ;
  • le Rituale Augspurgense (1487).

Postérité

Ratdolt est considéré comme l'un des imprimeurs les plus inventifs de l'ère des incunables (avant 1500). Il fut le premier à ornementer ses livres de frises, de bandeaux et culs-de-lampe gravés en bois ou en métal, cadrés exactement dans la zone de texte, lançant par là-même les canons de l'ornementation imprimée de la Renaissance, dont s'inspira par la suite William Morris. Il fut aussi le premier à utiliser des lettrines véritablement imprimées[9], qu'il appelait litteræ florentes, parce qu'elles étaient ornementées de feuilles et de fleurs. Il fut aussi un pionnier de l'impression polychrome ; outre des encres noire et rouge, il utilise, pour la dédicace de son édition des Éléments d'Euclide au doge de Venise Giovanni Mocenigo, des dorures ; procédé qu'il réemploiera pour ses livres liturgiques, qui ne sont plus enluminés à la main, mais se distinguent par leurs gravures polychromes, imprimées en plusieurs passes successives, ce qui exigeait un haut degré de précision dans la registration.

Les caractères mobiles de Ratdolt se déclinent en une belle police Renaissance-Antiqua, semblable à celle d’Aldo Manuce, et gothique ronde (Rotunda) originale. Il fut également l'un des premiers imprimeurs à imprimer en lettres grecques.

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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