Erma Bombeck
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| Nom de naissance | Erma Fiste |
|---|---|
| Naissance |
Bellbrook (Ohio) |
| Décès |
(à 69 ans) San Francisco (Californie) |
| Nationalité |
|
| Profession |
Erma Louise Bombeck, née le à Bellbrook (Ohio) et morte le à San Francisco (Californie), est une humoriste, écrivaine et journaliste américaine. Son œuvre constitue un témoignage humoristique de la vie de la classe moyenne américaine de l'après-guerre, au sein de la génération des baby-boomers[1],[2]. Fortement influencée par les écrits de Betty Friedan, elle a prouvé, par son propre travail, qu'elle avait une influence tout aussi grande sur le mouvement féministe que Friedan dans La Femme mystifiée[1].
Erma Fiste naît à Bellbrook, dans l'Ohio, au sein d'une famille ouvrière, et grandit à Dayton[3].
En 1940, Erma entre au collège Emerson et commence à écrire une chronique humoristique pour le journal de l'établissement, The Owl. L'année suivante, elle intègre le lycée professionnel Parker, où elle rédige une chronique plus sérieuse, ponctuée de touches d'humour. La même année, elle commence à travailler au Dayton Daily News comme coursière, un poste qu'elle partage à temps plein avec une amie. En 1944, pour son premier reportage, elle interviewa Shirley Temple, de passage à Dayton.
Diplômée d'études secondaires en 1944, elle entreprend de financer ses études supérieures. Pendant un an, elle travaille comme dactylo et sténographe pour le Dayton Herald et plusieurs autres entreprises. Elle s'inscrit à l'Université de l'Ohio à Athens en 1946, mais quitte l'université après un semestre, faute de moyens[3].
Plus tard, elle s'inscrivit à l'Université de Dayton, un établissement catholique[3]. Diplômée en anglais en 1949, elle s'implique activement auprès de l'université tout au long de sa vie, tant financièrement que personnellement, et deviendra membre à vie du conseil d'administration de l'établissement en 1987. En 1949, elle se convertit au catholicisme et épouse William Lawrence Bombeck, un ancien camarade de l'Université de Dayton, vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Il devint ensuite enseignant et inspecteur d'académie.
Bombeck collabore avec le journal local Kettering-Oakwood Times en 1964, avec des chroniques hebdomadaires rémunérées 3 dollars chacune[4]. L'année suivante, le Dayton Journal Herald lui demande également de nouvelles chroniques humoristiques, et Bombeck accepte d'écrire deux chroniques hebdomadaires de 450 mots pour 50 dollars. Au bout de trois semaines, ses articles sont diffusés à l'échelle nationale par le biais du Newsday Newspaper Syndicate, dans 36 grands quotidiens américains, sous le titre At Wit's End[3].
Bombeck devient rapidement une humoriste populaire dans tout le pays. Dès 1966, elle commence à donner des conférences dans les différentes villes où ses chroniques paraissaient. En 1967, ses chroniques sont compilées et publiées par Doubleday. Après une apparition humoristique dans l'émission de radio d'Arthur Godfrey, elle devient une invitée régulière.
Son premier livre At Wit's End (À bout de nerfs, 1967), reprenant le titre de sa chronique, décrit avec dérision les habitudes ménagères obsessionnelles et trouve un écho auprès des femmes pragmatiques désireuses de remettre en question leurs exigences en matière de leur rôle dans la vie[1].
En 1969, cinq cents journaux américains publient sa chronique At Wit's End. Dans les années 1970, elle collabore notamment avec Good Housekeeping, Redbook et Reader's Digest.
Le livre suivant, Attendez d'avoir vos propres enfants (1971), est le fruit d'une collaboration avec le dessinateur Bil Keane. On y retrouve également un procédé qui avait brièvement fait son apparition dans le premier livre et qui s'est solidement ancré dans la tradition Bombeck du second : la courte dissertation, souvent émouvante et pleine de sensibilité, qui, pour de nombreux lecteurs, permet de dissiper toute hostilité que pourrait susciter son ton désinvolte[1].
En 1976, McGraw-Hill publie son livre The Grass Is Always Greener Over the Septic Tank, qui devint un best-seller. En 1978, elle signe un contrat d'un million de dollars pour son cinquième livre, If Life Is a Bowl of Cherries, What Am I Doing in the Pits?, et obtient une avance de 700 000 exemplaires pour son ouvrage suivant, Aunt Erma's Cope Book (1979).
À l'invitation du producteur de télévision Bob Shanks, Bombeck participe à l'émission Good Morning America sur ABC de 1975 à 1986[3]. Elle commence par de courts commentaires, enregistrés à Phoenix, puis anime des sketches humoristiques et des interviews plus sérieuses. Elle y participe ensuite régèlièrement deux fois par semaine.
Pendant plusieurs années, Bombeck se consacre à de nombreux projets d'écriture et de télévision. En 1978, elle tente de réaliser un pilote pour la série The Grass Is Always Greener sur CBS. En 1981, elle écrit et produit sa propre série, Maggie, pour ABC. Diffusée pendant seulement quatre mois (huit épisodes), cette dernière reçoit de mauvaises critiques.
En 1978, Bombeck participe au Comité consultatif présidentiel pour les femmes, notamment à la mise en œuvre finale de l'amendement sur l'égalité des droits. Cette participation lui vaut de vives critiques de la part de personnalités conservatrices, et certaines librairies américaines retirèrent ses livres de leurs rayons.
En 1985, les trois chroniques hebdomadaires de Bombeck sont publiées dans 900 journaux aux États-Unis et au Canada, et figurent également dans des anthologies à succès.
En 1987, alors que ses trois enfants sont adultes, elle écrit finalement sur sa vie avec des enfants devenus grands dans Family: The Ties, that Bind... and Gag![1].
Elle est la marraine du 97e défilé du Tournoi des Roses, qui se tient le 1er janvier 1986.
Son livre Je veux grandir, je veux voir pousser mes cheveux, je veux aller à Boise publié en 1989 reçoit la médaille d'honneur de l'American Cancer Society en 1990. Les bénéfices de la publication de ce livre sont reversés à un groupe d'organismes œuvrant dans le domaine de la santé[3].
À vingt ans, Bombeck reçoit un diagnostic de polykystose rénale. Elle survit à un cancer du sein et à une mastectomie en 1992[3], tout en gardant secrète sa maladie rénale et en subissant des dialyses quotidiennes. Elle révèle publiquement sa maladie en 1993. Le 3 avril 1996, elle reçoit une greffe de rein. Elle décède le 22 avril 1996, à l'âge de soixante-neuf ans, des suites de l'opération[3],[5]. Elle repose au cimetière Woodland de Dayton, dans l'Ohio[6].
Bombeck, dont l'image publique, même après sa mort, reste celle de la femme au foyer dévouée, aborde d'autres thématiques avec une satire des livres de développement personnel (Le livre de survie de tante Erma, 1979), un livre sur les enfants atteints de cancer (Je veux grandir, je veux voir pousser mes cheveux, je veux aller à Boise, 1989), un livre de voyage humoristique (Quand tu ressembles à ta photo de passeport, il est temps de rentrer à la maison, 1991), une biographie spirituelle et instructive (Un mariage fait au ciel ou trop fatiguée pour une liaison, 1993), et une satire du comportement humain basée sur des études animales (Tout ce que je sais du comportement animal, je l'ai appris dans la loge de Loehmann, 1995)[1].