Caricature de Barillier par Frac (1900). Porte-drapeau de la LDP, le boucher Barillier est accusé d'être le candidat du duc d'Orléans, représenté ici sous forme de poire associée à une «gamelle» (allusion au surnom du prétendant orléaniste).
Aux élections municipales de , qui voient le triomphe des nationalistes parisiens, Barillier est élu dès le premier tour dans le quartier de Rochechouart après avoir vaincu le radical Félicien Paris (avec 2 940 voix contre 2 586)[7]. Il sera réélu en 1904 (avec 3 113 voix, contre 2 663 à Félicien Paris) et 1908 (au premier tour, avec 2 894 voix, face aux radicaux Bessières et Roux et au socialiste Victor Roure)[8]. Au cours de ses mandats de conseiller municipal et de conseiller général de la Seine, il s'intéresse particulièrement aux questions relatives à la boucherie.
Lors d'une réunion publique présidée par Flavien Brenier à Fécamp, le , Barillier tient des propos offensants à l'encontre du président Loubet, qu'il qualifie de «cornichon ramolli»[9]. Condamné en première instance par le tribunal correctionnel du Havre[10] puis en appel par la cour d'appel de Rouen à six mois de prison[11], il parvient finalement à faire casser cette condamnation en [12]. Il est cependant condamné le mois suivant à un mois de prison avec sursis et 100 francs d'amende pour avoir traité de «mouchards» et de «casseroles» deux agents de police qu'il croyait chargés de le filer[13].
En , sa fille Marcelle-Henriette-Ernestine épouse Pol Boulhant, lieutenant au 4erégiment de tirailleurs algériens[17]. Boulhant est tué peu de temps après, le , au défilé de Ber Rebbah, à environ 25 km au sud-est de Fedala, en combattant les Mdakras de la Chaouia[18]. Son nom sera donné à un poste de colonisation de la région[19].
Le , alors qu'il sort de table, Ernest Barillier est frappé d'une congestion et meurt en son domicile du no8 de la rue Condorcet[20]. Après une cérémonie religieuse à Notre-Dame-de-Lorette, il est inhumé au cimetière de Montmartre, en présence d'une nombreuse assistance, dont font partie les présidents du conseil municipal et du conseil général, Léopold Bellan et Henri Galli, ainsi que Déroulède et Habert[21]. Ce dernier succédera à Barillier au poste de conseiller municipal du quartier de Rochechouart.