Ernest Taylor
fonctionnaire de police français
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Ernest Taylor, né le à Boulogne-sur-Mer et mort le à Villeneuve-la-Guyard, est un policier français, chef de la Sûreté parisienne entre 1885 et 1887.
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Biographie
Né le au no 59 de la rue de l’Écu à Boulogne-sur-Mer, Hipolite-Ernest-Auguste Taylor est le fils de Mary Taylor et d'un père inconnu[1].
Ernest Taylor[2] entre dans la police le . Secrétaire suppléant de commissariat[3], il est détaché deux mois plus tard au service spécial de l'Exposition universelle[4]. Secrétaire titulaire depuis le [3], il travaille au poste de la place Vendôme sous les ordres de Leroy de Kéraniou[4]. Promu commissaire de police le , il est envoyé dans la circonscription d'Enghien. Le , il est nommé commissaire de police des communes de la Seine et muté à Courbevoie[3].
Commissaire de police de la ville de Paris depuis le , il est tout d'abord en poste au quartier du Montparnasse avant d'être muté dans le quartier de la Chaussée-d'Antin, où il exerce ses fonctions pendant plus de onze ans, du au [3].
Le , le préfet de police Arthur Gragnon nomme Taylor chef du service de Sûreté à la préfecture de police. Comme ses prédécesseurs Gustave Macé et Louis Kuehn, il conserve son grade de commissaire[3].
Son action à la Sûreté est très critiquée, car on lui reproche de ne pas avoir été capable d'arrêter certains criminels, tels que l'assassin du préfet Barrême[5]. Amplifiés par les journalistes, avec lesquels le chef de la Sûreté n'entretient que des relations froides et distantes[6], ces insuccès sont attribués à un manque d'instinct et surtout à la malchance par le commissaire Goron[7], qui a été adjoint à Taylor en tant que sous-chef de la Sûreté en [8].
Comme tous ses prédécesseurs, Taylor dépend du chef de la police municipale. Le , il est le premier chef de la Sûreté directement rattaché au préfet de police[9].

Après l'exécution du meurtrier Pranzini (), l'un des agents de Taylor, Gustave Rossignol (d), obtient un fragment de la peau du condamné à mort, avec lequel il fait réaliser trois porte-cartes. Il en offre un à Goron et, sur suggestion de ce dernier, un autre à Taylor, qui l'accepte par courtoisie en peinant à dissimuler son dégoût. L'affaire finit par s'ébruiter et la presse donne tant d'écho à ce scandale que l'un des membres du gouvernement, Eugène Spuller, aurait demandé à son collègue Armand Fallières, ministre de l'Intérieur, la révocation de Taylor ainsi que des poursuites judiciaires. Un juge d'instruction est effectivement nommé[10], mais celui-ci prononce une ordonnance de non-lieu en [11], et le seul inculpé à perdre sa place dans l'immédiat est Godinet, le garçon d'amphithéâtre qui avait remis la peau à Rossignol[10]. Quelques semaines plus tard, Taylor suspend ses activités pour raisons de santé et fait savoir qu'il quittera son poste en novembre[12]. Il est remplacé par Goron.
Le , Taylor est nommé commissaire faisant fonction de ministère public près le tribunal de simple police de Paris[3]. La Légion d'honneur lui est décernée le [3]. Inspecteur général des commissariats de police du au , puis contrôleur général de la préfecture de police, il fait valoir ses droits à la retraite à compter du [13], peu de temps après avoir été promu officier dans l'ordre de la Légion d'honneur en récompense de ses 35 années de service[3].
Il meurt le dans sa propriété de Villeneuve-la-Guyard, dans l'Yonne[13].