Ernesto Gazzeri est un sculpteur italien né le à Modène et mort en 1965 à Rome.
Il adopte un style néoclassique (statues pour des hommages publics ou privés, portraits, stèles funéraires, etc.), à rebours d'une époque marquée par le futurisme. Son œuvre majeure, Le Mystère de la Vie, est un groupe monumental de dix-huit personnages dont deux exemplaires sont installés à Podensac dans le département français de Gironde (1919) et à Glendale en Californie (1928)
Ernesto Ermete Gazzeri naît à Modène le , dans une famille originaire de Toscane[1]. Il étudie de 1875 à 1884[2] à l'Académie des Beaux-Arts de sa ville natale —dont il est fait membre honoraire en 1896—, puis à l’école Poletti[Quoi ?] de Rome de 1888 à 1892[1]. Après quelques années passées auprès d'Orazio Andreoni(it), il ouvre son propre atelier[1].
Son ami le sculpteur néerlandais Piet Pander lui ouvre la porte d'une clientèle internationale[2].
Il poursuit sa carrière jusque dans les années 1940[2] et meurt en 1965 à Rome[3].
Œuvres
Apollon et Daphné, de Gazzeri.
Dans ses sculptures de jeunesse figurent une reproduction d'un bas relief antique consacré à Égisthe et Clytemnestre (1878) et une terre cuite intitulée Marguerite en prison, d'après le Faust de Goethe, qui lui vaut une médaille d'argent du ministère de l’Éducation (1884), un Narcisse à la fontaine copie d'un bronze du musée archéologique de Naples[2]. On lui doit aussi un Épisode des barricades des Cinq journées de Milan et une Enfance de Benvenuto Cellini[2].
On lui doit en outre un Saint-Jean en bronze pour Savone et un marbre monobloc de la Vierge de cinq mètres de haut pour la villa du prince Lancellotti à Frascati, les statues en marbre Fortuna et Pace pour Cleveland, une Sappho pour Buenos Aires, La Beauté grecque et l'Étoile du soir pour Bordeaux, La Gloire du duc de Westminster et un Dante marchant plongé dans un livre pour Constantinople[4].Il crée en 1909 un bronze pour le palais de l’Élysée à la gloire de l'armée française aux batailles de San Martin et de Solférino de 1859[2]. En 1926, un Péruvien lui passe commande d'un Triomphe du travail[2].
La version du Mystère de la vie installée à Glendale.
Une de ses œuvres majeures est une composition intitulée Le Mystère de la vie[5]: l'ensemble, en marbre de Carrare, comporte dix-huit personnes grandeur nature attroupées en demi-cercle autour d'une source. Commencé avant 1910 dans son atelier romain, le groupe est intégré depuis dans le parc Chavat de Podensac[6], devant une rocaille artificielle à l'extrémité d'une pièce d'eau. Gazzeri en a supervisé l'installation[1]. Douze des personnages figurent les différents âges de la vie, de l'enfance à la vieillesse; les six autres illustrent une réflexion philosophique sur l'impénétrabilité du sens de la vie[1]. L’œuvre reçoit en 2020 le prix de la French Heritage Society, qui permet sa restauration[7].
123456Jean-Marc Depuydt, Le mystère de la vie: Ernesto Gazzeri 1866-1965, Les Éditions de l'Entre-deux-Mers, , 24p. (ISBN978-2371570337, lire en ligne)