Escadrille chérifienne

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Aviateurs de l'escadrille à Beni Malek (en).

L'escadrille chérifienne est une unité aérienne de volontaires américains engagée pendant la guerre du Rif en 1925. Créée à l'initiative du colonel américain Charles Sweeny avec l'accord du gouvernement français, elle est officiellement placée au service du sultan Moulay Youssef et incorporée dans l'armée chérifienne afin d'éviter des difficultés diplomatiques avec les États-Unis[1],[2]. Son entrée en action s'inscrit dans le renforcement de l'aviation française au Maroc à l'été 1925, sous le commandement du colonel Paul Armengaud[3]. L'unité, également désignée dans certaines sources comme « escadrille américaine », participe à des missions de liaison, de reconnaissance et de bombardement contre la République du Rif[4],[5]. Son existence suscite de vives critiques dans la presse et l'opinion publique américaines, et l'escadrille est dissoute le [6],[7].

Au printemps 1925, l'offensive rifaine contre la zone française met en évidence le manque de pilotes et la place croissante prise par l'aviation dans les opérations menées au Maroc[8]. Gilles Krugler replace cet épisode dans la montée en puissance de l'aviation française au Maroc sous le commandement du colonel Armengaud, dans un contexte où les autorités françaises cherchent à contenir l'avance des troupes d'Abd el-Krim[9].

Création

Selon William Dean, c'est au début du mois de que Charles Sweeny propose à Paul Painlevé de constituer une escadrille de pilotes américains, en partie recrutés parmi d'anciens membres de l'Escadrille La Fayette. Painlevé, puis Aristide Briand, donnent leur accord au projet[1]. El-Mostafa Azzou indique que la formule retenue est celle d'un engagement de trois mois, renouvelable, au service du sultan du Maroc[2].

Le choix de l'appellation « escadrille chérifienne » répond à une logique politique. D'après Dean et Azzou, il s'agit de ne pas présenter l'unité comme une formation directement intégrée à l'armée française, afin de limiter les réactions du gouvernement américain[1],[2]. Dean ajoute qu'un objectif de propagande favorable à la France aux États-Unis est explicitement mentionné dans un télégramme du Quai d'Orsay du [4]. Azzou souligne de son côté que l'engagement de citoyens américains doit également produire un effet psychologique et médiatique dans l'opinion américaine[10].

Composition et opérations

Azzou présente l'escadrille comme composée d'une dizaine d'aviateurs américains ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale et possédant une expérience importante de l'aéronautique[2]. Dean précise qu'à son arrivée au Maroc, l'unité comprend neuf officiers et sept sous-officiers américains. Un colonel français lui est adjoint comme co-commandant, tandis que le personnel technique et logistique est fourni par les Français. Le sultan assure la solde et les uniformes, et l'escadrille dispose de sept appareils[11].

Les pilotes volent sur biplans Breguet et effectuent des missions de liaison, de reconnaissance, d'interdiction et d'appui aérien rapproché[12]. Dean indique qu'ils accomplissent une centaine de missions entre août et la fin [12]. Azzou reproduit pour sa part une citation attribuée au maréchal Philippe Pétain, selon laquelle l'escadrille aurait accompli en six semaines plus de 350 missions de guerre et lancé plus de 40 tonnes de projectiles[5].

Réactions aux États-Unis

L'engagement de citoyens américains dans la guerre du Rif provoque des réactions négatives aux États-Unis. Azzou rappelle que Washington maintient une position de neutralité et fait savoir que la loi américaine punit l'engagement de ses citoyens dans une armée étrangère[7]. Dean montre que la presse américaine critique fortement l'escadrille, notamment en raison des bombardements menés contre les Rifains et de leurs effets sur les populations civiles[13].

Dissolution

Références

Voir aussi

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