Escadron
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L'escadron est un type d'unité militaire utilisé dans plusieurs armées.
Dans les forces terrestres des pays francophones, l'appellation d'escadron marque l'appartenance d'une unité aux armes dites « à cheval » (ou se référant à leur héritage et à leurs traditions), l'unité équivalente dans les armes dites « à pied » étant, suivant l'époque, la compagnie ou le bataillon[N 1]. Par contre, dans les forces aériennes, le terme escadron est utilisé pour traduire l'anglais squadron [N 2].
Le mot escadron est probablement issu de l’italien squadrone « troupe armée », dérivé lui-même de l'italien squadra « brigade » (escadre) à l'aide du suffixe augmentatif -one (ballon)[1],[2]. L'italien squadra correspond au mot français équerre (ancien français esquierre, « carré, à angle droit ») et remonte comme lui au latin vulgaire exquadra, non attesté[3],[4].
On retrouve la même racine dans les appellations utilisées par de nombreuses armées européennes ou d'inspiration européenne : Squadrone, Squadron, Escuadrón, Eskadron, Esquadrão [N 3] etc. Suivant le pays (et la période), le terme désigne généralement une unité de cavalerie ou de chars mais il peut également s'appliquer à une formation aérienne ou navale.
L'escadron peut ainsi représenter l'équivalent d'une compagnie, dont le chef est habituellement un capitaine (qu'on appelle aussi « commandant de compagnie »), mais au moins dans l'armée française, le grade de chef d'escadron est actuellement l'équivalent de celui de commandant, ce qui peut créer une confusion.
Armée de terre
Un escadron est une unité militaire dans l'armée de terre, la gendarmerie et l'armée de l'air.

Un escadron est une unité regroupant environ cent vingt personnes, ou une douzaine de véhicules, sous le commandement d’un capitaine (3 galons). Dans l’Armée de terre française, l’escadron, comme la compagnie ou la batterie, est une unité élémentaire [N 4], qui appartient généralement à un corps de troupe [N 5]. Ce corps de troupe, également appelé formation administrative, est généralement un régiment mais peut également être un bataillon[N 6] Enfin, certains escadrons peuvent être directement rattachés à des brigades, même s’ils sont supportés administrativement par des régiments [N 7]. La subdivision d'un escadron est le peloton. Un escadron compte habituellement cinq pelotons dont un de commandement.
Dans l'Armée de terre moderne, l'escadron est l'équivalent dans les armes dites « à cheval » de la compagnie dans les armes dites « à pied ». Ainsi, un régiment de l'arme blindée cavalerie (ABC) ou du train est composé d'escadrons alors qu'un régiment d'infanterie (ou du génie etc.) est composé de compagnies.
Toutefois, cette correspondance entre escadron et compagnie n'a pas toujours existé car, sous l'Ancien Régime et jusqu'à la fin du Premier Empire, il y avait également des compagnies dans la cavalerie. L'escadron était alors une formation tactique regroupant en général plusieurs compagnies de cavalerie et correspondait donc plutôt au bataillon dans l'infanterie. Quant à l'arme du train, elle comporta des compagnies jusqu'en 1968 (voir ci-dessous).
Apparu au XVIe siècle, l'escadron était une formation compacte sur plusieurs rangs qui se substitua progressivement aux formations « en haie » (sur un seul rang) utilisées depuis l’époque de la chevalerie. Adopté lors de l'apparition des armes à feu et notamment du pistolet à rouet [N 8], l'escadron resta la formation de combat de la cavalerie lorsque l'épée, puis le sabre devint l'arme principale du cavalier mais son format évolua considérablement.De plusieurs centaines d'hommes sur plusieurs rangs [N 9]à l'époque de la guerre de Trente Ans, l'escadron passera à une centaine sur deux rangs à partir de la guerre de Sept Ans.
Le nombre de compagnies composant l’escadron fluctua entre deux et quatre jusqu’à la fin du Premier Empire [N 10]. Finalement, lors de la Seconde Restauration de 1815, on finit par fusionner l'escadron et la compagnie et cette dernière appellation disparut dans la cavalerie[5].
Dans l'arme du Train, qui a été créée en 1807, l'appellation de compagnie a subsisté jusqu'au , date à laquelle les compagnies sont devenues des escadrons. Entre ces deux dates, l’échelon supérieur à la compagnie était, suivant la période, un bataillon, un escadron, un groupe, une brigade ou un régiment.
Enfin, l’appellation d’escadron a également été utilisée au XIXe siècle dans l’artillerie à cheval et dans le train d’artillerie. Toutefois dans l'artillerie, le terme était rarement utilisé, l'escadron ne constituant pas une unité combattante puisque ses composantes (compagnies ou parfois même demi-compagnies) étaient détachées séparément auprès des différents corps auxquels elles fournissaient un appui.
Aujourd’hui, l’escadron est une unité beaucoup plus autonome que son ancêtre du temps de la cavalerie montée, les conflits modernes ne nécessitant que rarement le déploiement de régiments complets. En conséquence, en opérations, un escadron est souvent détaché de son régiment et employé au sein d’une formation temporaire, le plus souvent interarmes, créée pour remplir une mission particulière dans une période donnée : groupement blindé ou groupement tactique interarmes (GTIA) pour un escadron appartenant à l’Arme blindée et cavalerie, bataillon logistique (BATLOG) ou bataillon de commandement et de soutien (BCS) pour un escadron du train.
Dans la cavalerie sous l'Ancien Régime, l'escadron était commandé par le plus ancien de ses capitaines jusqu'à ce qu'on crée en 1788, le grade de chef d'escadron. Mais le grade fut rapidement supprimé et quand il fut rétabli quelques années plus tard, un chef d'escadron avait habituellement sous ses ordres plusieurs escadrons. On prit donc l'habitude d'écrire "chef d'escadrons", au pluriel dans la cavalerie et de conserver le singulier dans les autres armes.
Gendarmerie nationale

Comme dans l'Armée de terre, l'escadron est une unité élémentaire comparable à la compagnie mais contrairement à celle-ci, la Gendarmerie utilise parfois les deux appellations au sein de la même subdivision d'arme. Ainsi par exemple, la gendarmerie départementale et la garde républicaine, comportent toutes les deux des escadrons et des compagnies.
Aujourd’hui, la Gendarmerie utilise l’appellation d’escadron pour quatre types d’unités :
- les escadrons de cavalerie de la garde républicaine;
- les escadrons de la gendarmerie mobile;
- l’escadron motocycliste de la Garde républicaine;
- les escadrons départementaux de sécurité routière de la gendarmerie départementale.
Ainsi, dans la gendarmerie, le terme d'escadron semble être réservé à des unités montées (cavalerie de la garde républicaine), très mobiles (escadrons de la gendarmerie mobile) ou fortement motorisées (escadrons départementaux de sécurité routière de la gendarmerie départementale et escadron motocycliste de la garde républicaine).
Un escadron de gendarmerie regroupe environ quatre vingt personnels sur le terrain [N 11] sous le commandement d'un capitaine ou un...chef d'escadron. Un escadron est subdivisé en pelotons [N 12]. L'échelon supérieur est un groupement dans la gendarmerie départementale ou dans la gendarmerie mobile. Dans la garde républicaine, c'est un régiment.
Armée de l'air

Enfin, l'escadron est l'unité opérationnelle de base de l'Armée de l'air française dans laquelle le terme d'escadron a remplacé celui de groupe à partir de 1949 [N 13] dans un but de standardisation avec les alliés de l'OTAN qui mettaient en œuvre des "squadrons".
Réservé à l'origine aux seules unités de chasse, l'appellation d'escadron est maintenant utilisée non seulement pour la quasi-totalité des unités aériennes[N 14], mais également pour des formations terrestres de nature et de taille très diverses. Ainsi, par exemple, un escadron de chasse regroupe une vingtaine d'avions, répartis en général en trois escadrilles, sous les ordres d'un lieutenant-colonel, alors qu'un escadron de protection de base aérienne est une formation terrestre, commandée par un capitaine ou un lieutenant.

