Esclavage au Mali

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Un nomade touareg et son esclave au Mali en 1974.

L’esclavage est un phénomène courant au Sahel et se traduit souvent par la domination d'un groupe ethnique par un autre. Il concernerait au moins 300 000 personnes au Mali[1].

Dans la majorité des ethnies représentées au Mali, notamment chez les Soninké, Malinké et Peulh, la société est divisée selon la hiérarchie sociale suivante : les nobles, les artisans, les griots — et les esclaves, ou descendants d'esclaves. Ces catégories sont historiquement endogames[1].

Cette hiérarchie sociale basée historiquement sur une économie principalement esclavagiste, a donné lieu au phénomène spécifique qu'est l'esclavage par ascendance[2].

Ces personnes sont assimilées culturellement: les Bellas parlent tamasheq, la langue touareg ; les Haratins sont arabophones ; les Dyons maîtrisent le bambara, ces individus n'ont que peu de droit dans leur communauté : ils ne peuvent pas accéder au fonction de chef de village, dans certains cas ils ne peuvent pas diriger la prière ou être enterrés dans les mêmes cimetières que ceux considérés comme « nobles », les femmes et les enfants peuvent être corvéables à merci, voire exploités sexuellement[2].

Histoire

L'esclavage au Mali existait avant l'islamisation de la region. Ainsi, chez les Soninkés, ce pourrait être la conséquence d'un système de castes antérieur aux contacts entre l'Afrique de l'Ouest et le monde arabo-musulman[3].

Soumaoro Kanté, roi du Sosso, tenta de soulever les Malinkés contre la traite esclavagiste pratiquée par les Soninkés et les Maures, mais échoua d’une part ; Soundiata Keïta, après avoir défait le même Soumaworo à Kirina en 1235, fit adopter la « Charte de Kurukanfuga », dont une clause interdisait l’esclavage[4].

L'esclavage fut officiellement interdit au Mali en 1905[5] par l'administration coloniale[6].

Dans la région de Kayes, entre 1895 et 1935, des esclaves fondèrent des villages à la suite de révoltes contre les nobles[7].

Situation actuelle

Notes et références

Annexes

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