Eskilstuna-Kuriren
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| Eskilstuna-Kuriren | |
Bâtiment du journal. | |
| Pays | Suède |
|---|---|
| Langue | Suédois |
| Genre | Journal régional |
| Diffusion | 21 300 ex. (2022[1]) |
| Date de fondation | |
| ISSN | 1103-9221 |
| Site web | www.ekuriren.se |
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Le Eskilstuna-Kuriren (littéralement « le Courrier d'Eskilstuna » en français) est un journal régional suédois basé dans la ville d'Eskilstuna, avec un bureau local situé à proximité, à Strängnäs[2]. Il s'agit du plus grand journal régional de la région du Södermanland.
Rivalité avec Folket
La première édition du Eskilstuna-Kuriren est publiée le . Elle fête ses 125 ans en [3]. Le journal est publié au format berlinois et paraît six jours par semaine depuis 1915[4].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la position anti-nazie très marquée de J. A. Selander, rédacteur en chef de longue date, met le journal en conflit avec la politique du gouvernement de coalition suédois de l'époque, qui cherche à apaiser Berlin afin d'éviter une invasion allemande. Les numéros du journal sont confisqués à plusieurs reprises par les autorités et Selander est traduit en justice, mais acquitté[5]. Une rue d'Eskilstuna porte le nom de Selander. Une statue de l'artiste Richard Brixel est érigée près du bâtiment du Eskilstuna-Kuriren[6],[7].
En 2015, un rapport du gouvernement russe accuse le Eskilstuna-Kuriren d'avoir publié des articles négatifs sans précédent et « agressifs » sur la Russie. La rédactrice en chef Eva Burman lie cette accusation au fait que le journal avait enquêté sur un groupe d'extrême droite suédois impliqué dans le harcèlement systématique de journalistes et d'hommes politiques qui, selon une enquête précédente du Dagens Nyheter, avait des liens financiers avec des hommes d'affaires russes et ukrainiens[8],[9].
Le rival historique du Eskilstuna-Kuriren à Eskilstuna est anciennement Folket, créé en 1905 à la suite d'une scission avec le Eskilstuna-Kuriren[10]. Les deux journaux représentent des tendances politiques rivales, Eskilstuna-Kuriren promouvant une politique libérale et Folket étant lié au Parti social-démocrate suédois.
Folket connait un déclin constant à partir du milieu des années 1980 : « Pendant cent ans, les journaux se sont livrés à une lutte locale, mais avec le temps, celle-ci est devenue de plus en plus inégale », note une enquête menée en 2006 par le gouvernement suédois sur la situation de la presse écrite dans le pays[11]. En 2002, la différence est flagrante : le Eskilstuna-Kuriren est publié à 32 200 exemplaires par jour, tandis que Folket tombe à 7 500 exemplaires et n'est plus viable financièrement en tant que journal indépendant[12].
Eskilstuna-Kuriren AB rachète donc 95 % de Folket en 2003[13], acquérant les dernières parts restantes de son ancien rival en 2011[14]. Malgré son rachat par son rival, Folket continue à être publié en tant que quotidien social-démocrate indépendant sur le plan éditorial jusqu'en 2012, date à laquelle il est réduit à un hebdomadaire[15]. Il continue sous cette forme pendant un certain temps, mais cesse finalement de paraître en 2015, après 110 ans d'existence indépendante, avec un tirage inférieur à 3 000 exemplaires et seulement trois employés restants[16].
Expansion, acquisition et rachat
La société Eskilstuna-Kuriren AB appartient à une fondation, l'Eskilstuna-Kurirens stiftelse, créée en 1940, dont l'objectif est de « préserver Eskilstuna-Kuriren à perpétuité en tant qu'organe indépendant de liberté nationale, spirituelle et personnelle, conformément aux idées du libéralisme »[17].
En 1955, Eskilstuna-Kuriren AB rachète Strengnäs Tidning, un quotidien libéral concurrent publié à Strängnäs depuis 1845. Depuis lors, il est publié sous le nom de Strengnäs Tidning dans cette ville, mais les deux éditions ne diffèrent que légèrement au-delà de la première page[18]. En 1965, un autre journal régional libéral, Katrineholms-Kuriren, à Katrineholm, est racheté par Eskilstuna-Kuriren. En 2003, il acquiert son rival social-démocrate traditionnel à Eskilstuna, Folket, et en 2007, Södermanlands Nyheter (à Nyköping). Au milieu des années 2000, Eskilstuna-Kuriren acquiert également une participation minoritaire dans Mittmedia AB, un important éditeur de quotidiens régionaux en Suède[19].
Malgré les années d'expansion qui ont précédé, le journal souffre de la transformation structurelle du marché de l'information, qui entraîne une baisse des taux d'abonnement et des réductions budgétaires[20]. En 2018, Sörmlands Media est vendue à Norrköpings Tidningar Media AB, un important éditeur de quotidiens régionaux suédois, dans lequel Eskilstuna-Kuriren AB acquiert ensuite une participation minoritaire significative[21],[22].
Situation en 2018
En 2018, le tirage combiné des éditions du Eskilstuna-Kuriren) et du Strengnäs Tidning atteint 23 800 exemplaires[1]. La rédactrice en chef et éditrice (« ansvarig utgivare ») est Ulrika Sjöblom[23].
Notes et références
- 1 2 (sv) « Mediefakta & upplagor », Tidningsstatistik AB, (consulté le ).
- ↑ (sv) Kristina Levin, « Vår reception stänger – men inte Strengnäs Tidning! », Eskilstuna-Kuriren, , p. 3 (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ Julia Lundin, « EK fyller 125 år », Resumé, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (sv) « Eskilstuna-Kuriren », sur Nationalencyklopedien (consulté le ).
- ↑ Gunnar Nygren, « J. A. Selander vågade när andra förblev tysta », Eskilstuna-Kuriren, .
- ↑ Eva Axelsson, « J A Selander trotsade censuren och kritiserade Hitler », sur Eskilstuna-Kuriren, (consulté le ).
- ↑ (sv) Richard Brixel, « Selander », sur Brixel, (consulté le ).
- ↑ (sv) Linnéa Kihlström, « Putin-administrationen bedömer att EK har högst aggressionsindex utanför Ryssland », sur Medievärlden, (consulté le ).
- ↑ (sv) Josefin Sköld et Mattias Carlsson, « Extremsajternas pengar kopplas till ryska och ukrainska affärsmän », Dagens Nyheter, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Mångfald och räckvidd SOU 2006:8, Swedish government, (lire en ligne), p. 577
- ↑ Mångfald och räckvidd SOU 2006:8, Gouvernement suédois, (lire en ligne), p. 577.
- ↑ (sv) Mångfald och räckvidd SOU 2006:8, Gouvernement suédois, (lire en ligne), p. 578.
- ↑ (sv) Mångfald och räckvidd SOU 2006:8, Gouvernement suédois, (lire en ligne), p. 582.
- ↑ Mikko Lindskog, « Eskilstuna - Eskilstuna-Kuriren köper resten av Tidningen Folket », SVT Nyheter, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (sv) Jan Ernheimer, « Folket skär ner i Eskilstuna », Vestmanlands Läns Tidning, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (sv) Lena Michanek, « Tidningen Folket läggs ner », SVT Nyheter, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (sv) « Eskilstuna-Kurirens stiftelse », sur Stiftelsemedel (consulté le )
- ↑ « Strengnäs Tidning », sur Nationalencyklopedien (consulté le ).
- ↑ (sv) En gränsöverskridande mediepolitik: För upplysning, engagemang och ansvar (SOU 2016:80), Gouvernement suédois, , 69–70 p. (lire en ligne).
- ↑ (sv) Anki Mähler-Onnered, « Oklart hur sparåtgärder slår », SVT Nyheter, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (sv) Janne Strömberg, « Mediekoncernen NTM blir ny ägare till Eskilstuna-Kuriren », sur Eskilstuna-Kuriren, (consulté le ).
- ↑ (sv) « Affären med Sörmlands Media klar », sur NTM, (consulté le ).
- ↑ (sv) « ekuriren.se - Ansvarig utgivare », sur Eskilstuna-Kuriren, (consulté le ).