Esquisse pour une auto-analyse

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Date de parution

2002 (en Allemagne)

2004 (en France)
Esquisse pour une auto-analyse
Page de couverture de l'essai
Esquisse pour une auto-analyse.
Auteur
Genre
Date de parution

2002 (en Allemagne)

2004 (en France)
Pays
Éditeur
Collection
Cours et travaux
Nombre de pages
144

Esquisse pour une auto-analyse est le dernier ouvrage écrit par Pierre Bourdieu. Bourdieu y tente une auto-socioanalyse de sa carrière scientifique. Celui-ci fut rédigé d'octobre à .

L'ouvrage paraît initialement en en Allemagne. Bourdieu avait prévu de le remanier dans une future version pour la version française. Cependant, suite à sa mort, l'ouvrage fut délaissé durant quelques années, avant de ressortir au début de l'année 2004. L'édition française se base principalement sur la version allemande éditée quelques années plus tôt[1].

Démarche

Esquisse pour une auto-analyse reprend une partie du contenu et la démarche du dernier chapitre d'un précédent ouvrage de l'auteur : Science de la science et Réflexivité. En effet Esquisse pour une auto-analyse est le titre dudit dernier chapitre. Dans ce chapitre, Bourdieu entamait une démarche qu'il qualifie de « réflexive » : afin de donner à comprendre son travail scientifique au public, il entend proposer une analyse de son parcours. Dans ce but, il dit s'obliger à « retenir tous les traits qui sont pertinents du point de vue de la sociologie, c'est-à-dire nécessaires à l'explication et à la compréhension sociologique, et ceux-là seulement ». Bourdieu écarte toute comparaison avec une entreprise biographique : pour lui, ce genre est illusoire car il prétend attribuer a posteriori une cohérence à un parcours individuel, cohérence qui en réalité n'existe que sur le papier. Nous pouvons également faire le lien avec Actes de la recherche en sciences sociales où Bourdieu écrit dans L'illusion biographique une analyse sur les limites de l'autobiographie[2]. Esquisse pour une auto-analyse va au-delà d'une approche linéaire en traitant uniquement certains points de sa vie ; la répartition du livre n'est pas chronologique, s'agissant de 3 paragraphes distincts traitant chacun un élément de sa vie.

Résumé de l'ouvrage

Bourdieu revient sur les conditions qui l'ont conduit à l'étude de la sociologie. Pour ce faire, Bourdieu juge nécessaire de commencer par la présentation du « champ scientifique » dans lequel il est entré dans les années 1950. À cette époque, la sociologie constituait une discipline largement dominée par la philosophie. Bourdieu décrit son évolution dans l'internat de province, puis dans la khâgne, puis dans le milieu académique de l'École normale supérieure, enfin au Collège de France. Il relate ses relations, sur le plan académique et affectif, avec certains des membres du champ des sciences sociales dont Raymond Aron, Georges Canguilhem, mais aussi Claude Levi-Strauss et Paul Lazarsfeld. Il évoque l'évolution du rapport qu'il a entretenu avec la philosophie de Jean-Paul Sartre, expliquant notamment en quoi il a construit son travail scientifique contre la figure sartrienne de « l'intellectuel total ». Egalement, Bourdieu parle de son rapport avec le structuralisme en explicitant son rejet de cette classification pour ses travaux. On peut retrouver cette idée dans plusieurs de ses écrits, comme dans Le bal des célibataires : "Tout commande au contraire de poser que le mariage n'est pas le produit de l'obéissance à une règle idéale, mais l'aboutissement d'une stratégie, qui, mettant en oeuvre les principes profondément intériorisés d'une tradition particulièrement, telle ou telle des solutions typiques qui nomme explicitement cette tradition."[3] En reprenant cette citation sur le système matrimonial, nous pouvons comprendre que Bourdieu critique l'approche structuraliste de Claude Levi-Strauss. Ainsi, il tente de revendiquer une approche davantage centrée sur le constructivisme, c'est-à-dire par les choix stratégiques, plutôt que par des lois immuables.

S'il n'est pas rare qu'il soit comparé à Jürgen Habermas, Michel Foucault ou Jacques Derrida, Bourdieu indique que de tels auteurs étaient très secondaires dans sa recherche personnelle par rapport à des chercheurs comme William Labov ou Charles Tilly.

Il explique aussi en quoi son séjour en Algérie, au contact des soldats français et des Algériens, a influencé sa méthode de recherche, notamment par l'adoption de techniques ethnographiques : photographies, utilisations de plans, observations, enquêtes et entretiens sur le terrain, etc. Concernant le rapprochement qu'il opère entre les enquêtes menées en Algérie et son Béarn natal, Bourdieu rend compte des difficultés qu'il a eu pour interroger ses familiers et ses proches. Bourdieu revient également sur son rapport dual à l'institution scolaire, à l'aune de son expérience en internat. Il évoque le groupe de chercheurs avec qui il a travaillé autour de la revue Actes de la recherche en sciences sociales.

De manière assez peu ordinaire dans ses travaux, Bourdieu désigne quelques traits de son « habitus » qui ont pu le mener à prendre telle ou telle position ou décision durant sa trajectoire scientifique. Ainsi son « tempérament bagarreur », lié d'après lui aux « particularités culturelles » de sa région béarnaise d'origine, et sa « vision réaliste » du monde qu'il explique par son expérience de l'internat, bien différente de « l'expérience protégée » vécue par les enfants élevés dans les « milieux bourgeois ». Dans le but d'éclairer la formation de dispositions associées à sa position d'origine, Bourdieu écrit quelques pages sur sa famille et évoque son père, d'origine très modeste et très travailleur, qui fut un modèle pour lui.

Manques et absences

Notes et références

Liens externes

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