Eugène Vintras
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Pierre-Michel-Eugène Vintras, dit Pierre-Michel-Élie, né à Bayeux le et mort à Lyon le , est un ouvrier cartonnier de Tilly-sur-Seulles, qui prétendit être la réincarnation du prophète Élie et fut créateur d'une secte.
| Naissance | |
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| Décès |
(à 68 ans) 3e arrondissement de Lyon |
| Sépulture | |
| Surnom |
Pierre-Michel |
| Nationalité | |
| Activité |
Religieux Fondateur de l'Œuvre de la Miséricorde |
Biographie
Né en 1807, il est l'enfant illégitime de Marie Vintras, qui l’élève jusqu’à l’âge d’environ dix ans et le place ensuite à l’hôpital général des enfants trouvés de la ville de Bayeux[1]. Après avoir quitté Bayeux et travaillé pendant trois mois à Trévières, comme ouvrier tailleur, il épouse Marie Vinard, une blanchisseuse, dont il aura un fils[2].
L'escroc
En , il est condamné à quinze jours de prison par le tribunal correctionnel de Bayeux pour avoir tenté d'échapper aux effets d'une saisie de ses biens demandée par un de ses créanciers[2].
À sa sortie de prison, il ouvre un café à Bayeux, rue des Cuisiniers, où, semble-t-il, il est aussi proxénète. Il quitte ensuite Bayeux pour Paris, avec le projet d'intégrer la police. Il y est hébergé par un ouvrier sellier, Le Masson, qu'il avait connu en prison. Vintras quitte cependant les lieux sans prévenir, emportant de l'argent volé à Le Masson, qu'il finira par rendre sur intervention de l'épouse de son hôte.
Il s'associe alors avec un ancien notaire du nom de Geoffroy, condamné en 1824 ou 1825 pour abus de confiance. Dans ce cadre, il devient directeur d'un moulin à papier à Tilly-sur-Seulles[3].
L'« Œuvre de la Miséricorde »
La doctrine de Vintras affirme que Dieu a d’abord régné sur le monde, c’est le mosaïsme ; ensuite est venu Dieu le fils, c’est le christianisme ; le temps du règne du Saint-Esprit, dit de la « liberté des enfants de Dieu ». Désormais arrivé, Eugène Vintras en est le messie et le prophète. Investi d’une aussi importante mission, il se doit de porter un nom en rapport avec elle, et se fera appeler « Pierre-Michel-Élie »[4].
Le , le pape Grégoire XVI condamna la secte de Vintras dans l'épître Ubi novam[5].
Fin de vie
Eugène Vintras meurt le à Lyon et est enterré au nouveau cimetière de la Guillotière[6].
À sa mort, en 1875, l’abbé Boullan tente, sans succès, de lui succéder à la tête de la secte.