Eugen Haagen

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Eugen Haagen
Eugen Haagen, comme témoin de la défense, lors du procès des médecins (décembre 1946 - août 1947).
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Brigitte Crodel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Gerhard Rose (supérieur), Arnold Dohmen (d) (assistant)Voir et modifier les données sur Wikidata

Niels Eugen Haagen, né le à Berlin et mort le dans cette même ville, est un bactériologiste et virologue allemand. Chercheur de renommée internationale dans les années 1930, il est professeur à la Reichsuniversität Straßburg (1941-1944).

Il est avant tout connu pour avoir pratiqué au camp de concentration de Natzwiller-Struthof des essais vaccinaux contre le typhus sur des déportés, pour répondre aux besoins spécifiques des SS sur le front de l'Est.

Au début des années 1950, il est condamné par les français comme criminel nazi par ses expériences médicales.

Carrière internationale

Docteur en médecine en 1924, il part en mission aux États-Unis en 1928, où il est détaché à la Fondation Rockefeller de New-York (1930- 1932)[1].

Au début des années 1930, dans le cadre de cette fondation, il est l'un des collaborateurs de Max Theiler pour ses travaux sur le virus de la fièvre jaune (culture sur embryon de poulet), étape importante vers un vaccin, dont la mise au point vaudra le Prix Nobel à Theiler en 1951[2]. Haagen lui-même est cité pour le Nobel de médecine en 1936[3].

En 1935, il est nommé professeur et chef de département à l’Institut des maladies contagieuses Robert Koch à Berlin. Il adhère au NSDAP (parti national-socialiste des travailleurs allemands) en [4].

En 1939, l'américain Herald Rae Cox met au point un vaccin contre le typhus. À l'institut Robert Koch, Haagen travaille à la production de ce vaccin de Cox[5].

Seconde Guerre mondiale

En 1941, il est appelé à la Reichsuniversität de Strasbourg pour être directeur de l'institut d'hygiène, en tant que scientifique de renommée mondiale grâce à ses nombreuses publications. Il y travaille sur une variante du vaccin contre la fièvre jaune et sur un vaccin contre le typhus[6].

En 1943, il est conseiller d'hygiène auprès d'un escadron de la Luftwaffe. Il cherche le soutien de l'organisation S.S Ahnenerbe pour demander le statut militaire de son institut en produisant un vaccin anti-typhus pour le front de l'Est. La même année, il obtient d'Himmler l'autorisation de mener des essais vaccinaux sur des déportés[5].

Après la guerre

Eugen Haagen est arrêté par les Américains en , et libéré en juin. Recruté par les Soviétiques, on lui offre un poste de chef de département dans un institut de recherche de Berlin-Est. En 1946, il est utilisé comme témoin de la défense dans le procès des médecins nazis. En 1947, identifié comme criminel nazi, et alors qu'il se trouvait en secteur britannique, il est de nouveau arrêté et remis aux autorités françaises[1],[7].

Condamné d'abord le par le tribunal militaire de Metz aux travaux forcés à perpétuité, il réplique qu'il aurait dû plutôt recevoir un prix Nobel[5]. Il est finalement condamné à Lyon le , en même temps que Otto Bickenbach, à vingt ans de travaux forcés, mais amnistié dès 1955[1].

Il épouse ensuite Brigitte Haagen-Crodel, une assistante médicale. De 1956 à 1965, il effectue des recherches à l'Institut fédéral de recherche (Bundesforschungsanstalt) de Tübingen sur les maladies virales des animaux. Il retourne par la suite à Berlin, où il mourra en [8].

Expériences sur l'homme

Notes et références

Voir aussi

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