Eugenie Fuchs
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Eugenie Fuchs, née le à Berlin et décédée en 1943 au camp de concentration d'Auschwitz, est une peintre allemande juive, victime de la Shoah. À l'exception de quelques toiles conservées dans des collections privées et de deux dans des collections berlinoises, son œuvre est considérée comme perdue.
Eugenie Fuchs nait à Berlin, benjamine d'une famille juive aisée de cinq enfants. Son père est le banquier Hugo Hirsch Fuchs (1833-1893) et sa mère, Mathilde Fuchs, née Levy (1840-1927). Eugenie a quatre frères ainés: Alfred, Richard, Georg et Victor Fuchs. Elle étudie la peinture auprès de Franz Skarbina, Walter Leistikow et Lovis Corinth, et se rend à Paris pour approfondir ses connaissances[1]. Sa première œuvre connue est un paysage, réalisé en 1900, alors qu'elle a 27 ans. Par la suite, elle se consacre non seulement aux paysages, mais aussi aux natures mortes de fleurs, aux scènes de genre et aux portraits. Vers 1906, elle séjourne dans la colonie d'artistes de Dachau. Deux des tableaux qu'elle y réalise ont été conservés. Durant cette période, elle expose ses œuvres lors des expositions des associations artistiques de Hof et d'Ulm.
Eugenie Fuchs a vécu au 23 Nettelbeckstraße à Schöneberg, un quartier de Berlin, dès 1916, puis à partir de 1920-1921 au 54 Lessingstraße.
Après la Première Guerre mondiale, elle participe de plus en plus aux grandes expositions d'art berlinoises, telles que la Grande exposition d'art de Berlin, l'Exposition d'Art sans jury et les expositions de la Berliner Secession. Elle profite également des nombreuses expositions du Lyceum Club de Berlin et de l'Association des femmes artistes de Berlin, dont elle est membre, pour exposer ses toiles. En 1927, la ville de Berlin acquiert un tableau d'Eugenie Fuchs, Lessingstraße im Schnee (Lessingstrasse sous la neige), lors de l'exposition d'automne de l'Association des Femmes Artistes de Berlin. L'œuvre est aujourd'hui considérée comme perdue. Sa dernière participation à une exposition d'art en Allemagne remonte à 1933.
Après la prise de pouvoir des nazis, elle émigre à Paris en 1933. Elle y noue des liens avec d'autres artistes et expose la même année au Salon d'Automne, dans une salle spécialement réservée aux émigrants juifs d'Allemagne. Elle participe ensuite à d'autres expositions collectives aux côtés d'artistes tels que Käthe Münzer-Neumann, Eugene Spiro et Victor Tischler. Elle est membre de l'Association des artistes libres, fondée en 1937.

En 1941, sa nationalité allemande lui est retirée et tous ses biens confisqués par le Reich allemand[2]. En France occupée, Eugénie Fuchs est internée le , à l'âge de 69 ans, au camp de transit de Drancy, puis déportée à Auschwitz le . Son nom sur la liste de déportation est le dernier signe de vie.[3].
Hommage
Depuis 2023, une stèle commémorative (Stolperstein) rend hommage à Eugenie Fuchs. Elle se trouve à son ancien domicile, au 23 Nettelbeckstraße (aujourd'hui 7 An der Urania) à Berlin.