Eugène Chapus
écrivain français
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Biographie
Fils d’un gouverneur général de la Guadeloupe[1], après avoir débuté comme journaliste à La Quotidienne, Chapus s’est fait remarquer comme romancier, en 1817, par la publication de plusieurs roman et nouvelles écrites dans un style élégant et pur, comme Le Caprice, le Comte Jaune, des livres mondains, comme la Carte jaune, les Chasses de Charles A, le Roman des Duchesses ou une Théorie de l’Elégance, des essais, comme Essai critique sur le théâtre français et des guides Joanne dans les séjours d’eaux[2].
Il s’est ensuite fait une place à part dans le journalisme en consacrant son talent aux choses du sport et du turf, et s’est fait une véritable réputation dans l’art de la chronique mondaine, où il était passé maitre. Après avoir rédigé quelque temps un recueil hebdomadaire intitulé Paris et Chantilly, bulletin des salons, des arts, de la littérature, des théâtres et des chasses ; les Chasses de Charles X, souvenir de l’ancienne cour, étude des mœurs royales du dix-neuvième siècle, il a fondé, en 1834, son œuvre capitale, le journal Le Sport (d), où il a été, vingt-deux ans durant, le rédacteur de la Chronique élégante, faisant l’histoire du faubourg Saint-Germain, des cercles et de la haute vie, sous le Second Empire[3].
Il importé, en France, la causerie mondaine du high-life, telle qu’elle se pratiquait depuis longtemps en Angleterre, er, en lai faisant passer le détroit, il l’a perfectionnée et ennoblie au point de dvenir un modèle pour les Anglais. L’imagination toujours en éveil, habile à faire valoir l’infiniment petit, il a été ainsi l’initiateur d’une foule d’usages ou de modes qui sont restés depuis en cours. Qu’il s’agisse de cricket, de polo, de patinage à roulette ou de yachting, il est le premier à avoir préconisé, expliqué, lancé ce sport dans la faveur publique. Il a contribué puissamment au développement du gout pour le sport en France[4].
Appelé par Léon Gozlan « l'ami de toutes les délicatesses et l'homme de toutes les élégances[5] », Chapus est resté attaché, jusqu’à sa mort, au Sport, projetant de réunir en volumes toutes les chroniques qu’il avait publiées depuis une vingtaine d’années[3]. Personnalité originale, il avait conservé l’élégance un peu tapageuse des lions et des dandys, la politesse de la vieille bourgeoisie du tiers-état et de la Restauration, la passion du bien dire poussée jusqu’à la préciosité, mais il était demeuré jeune par l’intérêt qu’il prenait aux choses contemporaines, le charme et la sympathie des rapports[2]. Épris de tout ce qui était nouveau et original, il a été un des néologistes passionnés de son temps. D’une hardiesse sans limite, il empruntait ses formules à toutes les langues, à toutes les euphonies pour les façonner à la parisienne[4].
Après sa mort, des suites d’une opération de la pierre[3], Albert de Saint-Albin a réuni dans ses mains la direction et la rédaction en chef du Sport, dont il était propriétaire[6]. À l’issue de ses obsèques, à Saint-Louis-d’Antin, le convoi mortuaire, qui devait se diriger vers le cimetière de Montmartre, a pris le chemin de Saint-Ouen, changement d'itinéraire causé par l’oubli d’une formalité indispensable, relative à la concession que possédait la famille Chapus au cimetière de Montmartre[7].
Jugements
« Eugène Chapus […] aura été […] le panégyriste enthousiaste de tous ces sports d’Outre-Mer qui nous ont envahi depuis quarante ans. Il a été le lanceur obstiné de tous les néologismes anglais qui se sont glissés dans notre langue. Notre existence n’y a pas gagné grand-chose et le langage y a beaucoup perdu[8] »
Publications
- Écoutez-moi, petits. Oiseaux ! Paroles et musique d’Eugène Chapus, avec accompagnement de piano par J. Herz, Paris, Jouve.
- Il faut aimer un jour. Chansonnette, Hentz, Paris, Jouve Musique notée.
- Le Proscrit sur le bord du rivage, Paris, A. Belin, sur Gallica.
- Voyageurs, prenez garde à vous !, Paris, Dreyfous.
- Essai critique sur le théâtre français, publié, d’après des notes anglaises, Paris, Ponthieu, 1827, sur Gallica.
- Essai critique sur le théâtre français public, Paris, Ponthieu, 1827.
- Le Caprice, Paris, E. Renduel, 1831.
- Contes de toutes les couleurs. Tome VII, Paris, H. Fournier, 1833, sur Gallica.
- Contes de toutes les couleurs. Tome XI, Paris, H. Fournier, 1833, sur Gallica.
- Titime ? Histoires de l’autre monde, avec Victor Charlier, Paris, E. Renduel, 1833.
- La Carte jaune : roman de Paris, Paris, E. Renduel, 1836, sur Gallica.
- Les chasses de Charles X, souvenirs de l’ancienne cour, Paris, Beauvais, 1837.
- Souvenirs de l’ancienne cour : les chasses de Charles X, Édouard Dentu, 1838, sur Gallica.
- L’Amour d’une créole, Paris, J. Renouard, 1840.
- L’Amour d’une tigresse, Paris, Hinzelin, 1843.
- Deux heures de canapé, Paris, V. Magen, 1843, sur Gallica.
- Le Roman des duchesses, Paris, Comptoir des imprimeurs unis, 1844, sur Gallica.
- Théorie de l’élégance, Paris, Comptoir des imprimeurs-unis, 1844, sur Gallica.
- Les Chasses princières en France, de 1589 à 1841, Paris, L. Hachette, 1853.
- Dieppe et ses environs, Paris, L. Hachette, 1853.
- Le Turf, ou les courses de chevaux en France et en Angleterre, Paris, L. Hachette, 1853, sur Gallica.
- Le Sport à Paris : ouvrage contenant le turf, la chasse, le tir au pistolet et à la carabine, les salles d’armes, la boxe, le bâton et la canne, Paris, L. Hachette, 1854, sur Gallica.
- Guides-itinéraires. De Paris au Havre, Paris, Hachette, 1855.
- Plan général de la ville de Rouen, documents cartographiques, Paris, Hachette, 1855.
- Les Soirées de Chantilly, Paris, Librairie nouvelle, 1855, sur Gallica.
- De Paris à Dieppe, Paris, Hachette, 1856.
- Annuaire du sport en France, guide complet du sportsman, Paris, 1858.
- Aux bains de Dieppe, Paris, avec Léon Vidal, A. Levavasseur, 1858.
- Les Haltes de chasse, Paris, Librairie nouvelle, 1860, sur Gallica.
- Manuel de l’homme et de la femme comme il faut, Paris, A. Bourdilliat, 1861.
- Collection des Guides-Joanne. De Paris à Rouen et au Havre, Paris, L. Hachette, 1862.
- De Paris à Rouen et au Havre, Paris, L. Hachette, 1862.
- Epsom, Chantilly, Bade, Paris, Édouard Dentu, 1865, sur Gallica.
- Les Causeurs d’élite : suivis de mots inédits, Paris, Siraudin, 1875, sur Gallica.
- Voyageur, prenez garde à vous !, Paris, G. Decaux, 1877.
- Les Chasses de M. le duc de Berry, Paris, C. Barbou, 1881.
- Le Sport à Paris en 1854, Chistera, 2017.
- Deux récits guadeloupéens de 1833, Barbara T. Cooper, Roger Little (éds.), Paris, l’Harmattan, 2021.